Accueil Date de création : 05/01/08 Dernière mise à jour : 26/10/09 13:29 / 52 articles publiés

Hellboy2 - pourvu que ça dure!  (Monocritiques explosives) posté le dimanche 30 novembre 2008 15:16

J'ai beau avoir fait des efforts, Guillermo Del Toro m'a toujours laissé un peu froid. A commencer par Cronos, la bête de festival, la révélation, le premier film d'un génie... dont je n'ai pas un souvenir transcendant. Tout au plus de bonnes idées, et un renouvellement intéressant de la mythologie vampirique. A part ça...

Mimic m'a laissé complètement froid, mais on sait que les producteurs se sont amusés à mettre des bâtons dans les roues de Guillermo, alors ce film compte pour rien. 

Heureusement qu'il fit l'échine du diable, un film de fantôme capable d'harmoniser le fond et la forme de son récit à un tel niveau de perfection qu'il se place très haut dans la liste des chef d'oeuvres du cinéma d'horreur, aux côtés de the Thing et du plus récent The mist. Une perle.

Vint alors Blade 2 : trés intéressant par certains côtés (les reapers, les décors, la lumière, les extentions numériques sur certains plans de combat), il pêchait sérieusement par d'autres (le scénario, surtout). Le film ne délivrait qu'une partie du plaisir promis à cause de long tunnels scénaristiquement mous.  Mais c'était un film de commande, alors ce n'était pas entièrement la faute de Del toro.

Suivit Hellboy, le film le plus désiré par son auteur. Donc le nôtre aussi. Un film dont tous les aspects esthétiques sont poussés à la perfection, mais dont le scénario accumule les tares, les clichés, les personnages caricaturaux et inutiles, et les situations mal amenées.  Ma politique étant de toujours laisser au moins une seconde chance aux films bourrins pour me convaincre, je l'ai revu. Trois fois depuis 2003 (je suis  persévérant pour ce genre de chose). A chaque fois, le même sentiment d'inabouti m'a assailli. Hellboy m'a fait exactement le même effet que les autres films de Del Toro, (à l'exception échine du diable près) : celui d'un pétard mouillé.  

Enfin sortit  le labyrinthe de pan, "son chef-d'oeuvre", à en croire les critiques du monde entier. Rebelote: je le vois, et je trouve ce film d'un ennui et d'une maladresse à faire pâlir le pire tâcheron !  Impossible de me connecter ne serait-ce qu'un instant à cette histoire caricaturale, voulant être un conte sans en avoir le souffle. Alors oui, les monstres sont superbes. Oui, la lumière est belle. Mais les monstres et la lumière, c'est comme les effets spéciaux: ça ne fait pas tout un film! Je n'en revenais pas que les gens puissent reprocher à tout un tas de films bourrins de n'être qu'un assemblage d'effets spéciaux et de bruitages, et ne pas voir que le labyrinthe de pan manquait exactement des mêmes ingrédients que les oeuvres qu'ils critiquent!

Le bilan n'est pas trés reluisant... J'ai fini par avoir l'impression que toutes les critiques positives émises sur Del Toro résultaient d'un effet de mode, qui finirait par se dégonfler comme une baudruche. A part l'échine du diable, aucun de ses films ne semblait mériter une passion particulière...  Pourtant, de par le monde, la réputation du bonhomme allait grandissant. J'étais frustré de rester sur le bord de la route, et de pas être capable d'attraper ce train: Après tout, si le gros Guillermo était effectivement un bon réalisateur, je voulais en être conscient aussi, bordel! Alors j'ai encore revu Hellboy. Lors de ce quatrième visionnage, j'ai commencé à entrevoir ce qui faisait l'intérêt du film, cette imagerie particulière, cet amour immodéré pour les monstres et cet humour particulier qui font la marque de Del Toro. Et surtout, cette manière de filmer, très léchée, chorégraphiée, à des années lumières de ce qui se fait depuis 7 ou 8 ans dans le cinéma à grand spectacle, où l'on a fini par ne pratiquer que la caméra à l'épaule pour donner de l'énergie à l'image. Dans Hellboy, l'énergie vient de la capacité du réalisateur à sublimer son image par les mouvements qu'il lui imprime. Des mouvements tout ce qu'il y a de plus calculés, ce qui leur donne toute leur valeur. Restait que pour accepter ça, il a fallu que j'occulte les personnages secondaires ridicules et les nombreux clichés du scénario.

Et ben! Après toutes ces années d'incompréhension, il ne me restait plus qu'à aller voir Hellboy 2, qui était en passe de sortir. La bande annonce faisait terriblement envie, comme toutes les bandes annonces de tous les films de Del Toro. Mais je craignais tout de même n'avoir qu'une impression mi-figue, mi-raisin en sortant de la salle, comme à chaque fois.

Quelle ne fut pas ma surprise! C'est bien simple: j'ai vu Hellboy2 avec un sourire jusqu'aux oreilles, de la première à la dernière minute! L'impression de voir LE chef d'oeuvre méconnu de l'année! Une capacité inédite à mélanger de manière harmonieuse le développement des personnages et les scènes d'action over-the-top! Une galerie de monstres totalement fascinante! La liste des qualités de ce film est difficile à tenir tellement il contient de belles choses. L'utilisation parcimonieuse des effets spéciaux numériques au profit des effets de plateau donne une authenticité à ces monstres que l'on n'avait pas vue depuis longtemps au cinéma. Le sens du spectacle et de la chorégraphie de Del Toro explose à toutes les séquences, pour culminer dans la grosse baston finale contre la fameuse légion d'or. Et surtout, bien plus que dans tous ses autres films à mon avis, Guillermo fait preuve d'un sens du merveilleux absolument fascinant, qui vous emporte dès la scène d'introduction.

Hellboy 2 a réussi l'exploit de me réconcilier avec le bonhomme: Guillermo Del Toro est un très grand réalisateur, il me l'a prouvé avec cet opus. Il est en ce moment en pleine possession de ses moyens, il ne reste plus qu'à espérer que cela dure longtemps. En tout cas, ça augure du meilleur pour "The hobbit". Espérons que le réalisateur soit dans la même phase que John Carpenter au début des années 80, qui nous alignait deux chef d'oeuvres absolus d'affilée (Escape from new york et The thing). Pour ma part, je rêve d'un troisième Hellboy, surtout s'il développe la sous intrigue de la fin des temps, annoncée au cours d'une savoureuse scène de l'opus 2008.

Mais je ne reverrai pas Le labyrinthe de pan avant un bail. Faut pas pousser, quand même.

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Payne in the ass  (Monocritiques explosives) posté le mardi 25 novembre 2008 12:58

Soyons bien clair: Max Payne n'a jamais fait partie des films bourrins de 2008 que j'attendais comme le messie. De plus, je n'ai jamais joué au jeu vidéo du même nom. Partant de là, la déception ne pouvait pas être bien grande...

Et pourtant! Car en voyant la bande annonce, on pouvait s'attendre tout de même à un film pas trop mal troussé, aux effets spéciaux un peu inspirés de Constantine, mais donnant une ambiance particulière au métrage. Au détour des 30 secondes de la BA, on pouvait sentir pointer quelques fusillades, quelques monstres, de la haine, de la baston, une ambiance bien sombre bien qu'un peu artificielle. De quoi faire une bonne série B, quoi!

Hélas! Je ne peux vous donner qu'un seul conseil: si vous voulez avoir un aperçu agréable de ce qu'aurait pu être Max Payne s'il avait été un bon film, contentez vous de regarder la bande annonce! Car TOUS les bons moments du film sont intégralement coupés-collés dans la bande-annonce. Absolument tous. Le visionnage du film est une vraie torture: imaginez les 30s de la bande annonce étirés sur 1h30, imaginez qu'un plan toutes des 5 minutes est intéressant, et que le vide entre ces plans est comblé avec... rien, et vous aurez un aperçu plutôt réaliste de l'ennui mortel qui s'empare du spectateur devant Max Payne.

Du coup, je renonce à critiquer le jeu falot de Wahlberg, qui a quand même dû se rendre compte à un moment pendant le tournage qu'il n'y avait plus aucun espoir à placer sur ce film, je renonce à rire de la contre-performance ridicule d'Olga Kurylenko (heureusement qu'on ne la voit que 10 minutes!), et j'abandonne à l'idée de devoir dire quelque chose à propos de Mila Kunis, la gamine de 12 ans qui a sûrement triché sur son âge en ajoutant une bonne dizaine d'années à son curriculum...

Max Payne est une bouse, et me laisse froid.

 

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Speed racer – l’overdose numérique ? (MIS A JOUR)  (Carnages critiques trilogiques) posté le dimanche 27 juillet 2008 18:27

1- un nouvel espoir critique (02 mai 2008)

Voilà un film que j’irai voir uniquement par curiosité, et à cause des réalisateurs. Les acteurs ne me font absolument pas envie, les décors, les couleurs, l’esthétique générale, les costume, tout respire le kitsch horrible… pourtant, je suis curieux. Et je vais laisser aux frangins Waschowski le bénéfice du doute. Ils ont quand-même fait les Matrix et produit V for vendetta… ils méritent notre attention. Après tout, on pourrait avoir une bonne surprise !

Il n’y a pas que le kitsch de l’esthétique qui me gêne à vrai dire. Je n’ai jamais vu le dessin animé dont le film est adapté, mais apparemment, les frères W. cherchent à lui rester fidèle. Autant dans l’esthétique que dans les mouvements particulièrement fantaisistes dont la voiture est capable.La bande annonce nous en donne un échantillon représentatif particulièrement gratiné, et il faudra faire preuve d’une grande capacité à la suspension d’incrédulité pour accepter l’univers du film dans toute son originalité. Cela dit, si le dessin animé fait l’objet d’un culte, c’est qu’il a probablement quelques qualités (mais peut-être suis-je particulièrement naïf, là… il y a aussi un culte des chevaliers du zodiaque et de bioman…)

J’ai quand-même le sentiment que le film souffre du choix « tout numérique » : à part les acteurs, rien ou pas grand-chose n’est réel dans ses images. Et dans la bande-annonce du moins, ça se voit. Trop. Des voitures en synthèse qui volent, des pistes en synthèse, des ceci et des cela en synthèse… et les textures sautent quand même vachement aux yeux. Et puis au milieu de tout ce fatras numérique, il y a des têtes d’acteurs. Pas très convaincant.

Mais parfois, je suis un peu con, alors j’irai le voir quand-même.

Vous trouverez ici l’affiche teaser de Speed racer, en 3D (maintenez cliqué dessus et bougez votre souris droite-gauche-droite-gauche pour que ça marche).

2 - L'attaque de la critique (très en retard: 27 juillet 2008)

Speed Racer n’est pas l’hyper daube à laquelle on pouvait s’attendre, au vu des retours extrêmement négatifs que j’en avais eu avant, mais c’est un film qui pêche par excès.

Excès de guimauve, pour commencer : le couplet sur la famille unie qui lutte corps et âme contre les méchantes grandes corporations est louable vu que c’est un film produit par une major Hollywoodienne, mais c’est super lourdingue. Et ce n’est pas parce que nous sommes dans un film pour enfants qu’il faut leur faire subir ce genre d’idioties familiales.

Excès d’expérimentations visuelles ensuite : le film les pousse au-delà de celles du Hulk de Ang Lee. Mais à la place des split screens, on a des transitions par volets dont le volet est un personnage. L’idée est intéressante, mais sa surutilisation tout le long de l’histoire –y compris pendant les courses-  est épuisante. Car elles finissent par supplanter l’intérêt qu’on porte aux bolides, d’autant que ces courses sont finalement assez peu tendues. Elles ne sont pas mal, mais les enjeux sont finalement peu perceptibles ; plus que ce que l’on en dit, et plus que la podrace de l’Episode I de star wars, mais on est rarement crispé sur le fauteuil, à accompagner notre héros dans ses péripéties.

Toutes les sous-intrigues sont cousues de fil blanc. Speed racer souffre du syndrome habituel du film familial : il confond jeunesse et connerie. A prendre sa cible pour une débile mentale à laquelle il faut tout expliquer, la cible ne vient plus voir le film.

Les Waschowski n’ont pas fait que des erreurs, tout de même : il y a dans Speed Racer quelques expérimentations très intéressantes sur le temps et l’espace qui se télescopent, notamment lors de la toute première course, où Speed, plus que se battre contre ses concurrents, fait la course avec le fantôme de son frère, dont il revit le calvaire.

Comme prévu, l’esthétique bonbonnière kitsch de l’ensemble avec ces couleurs vives qui se télescopent, le choix de l’irréalisme absolu dans tous les domaines de l’environnement des personnages et le jeu plus que raide des acteurs instaurent une distance dont on ne peut pas se départir facilement, même avec beaucoup de bonne volonté. On voit donc tout ça de loin, sans s’y intéresser, et on regarde beaucoup le paysage défiler.

Néanmoins, le film se laisse relativement voir, surtout parce qu’il y a trois grosses courses dans le film, qui dynamisent une histoire dont aucun des enjeux ne nous intéresse.

Mais définitivement, ce qui crispe le plus sur Speed Racer, c’est le choix du tout numérique. Car bien souvent les effets les plus simples (insérer une matte painting derrière les personnages filmés au préalable sur fond vert) sont mal faits, et l’on y sent l’artificialité et les différences d’éclairage. La plupart du temps, ils sont plus mal faits que ceux du fameux Star Wars épisode I, qui remonte pourtant à quelques années. Et les acteurs, bien qu’ils s’en soient défendus pendant toute la campagne promo, sont vraiment mauvais dès qu’il s’agit de jouer devant un fond vert, autrement dit pendant TOUT le tournage !

Speed Racer est donc un film que l’on voit, et qu’on oublie immédiatement. Pour une œuvre qui revendiquait de manière si criarde sa différence esthétique, on peut dire que c’est un gros échec.

Question : hormis l’esthétique kitschissime, qu’est-ce qui fait que les gens ne sont pas allés voir le film ? Pressent-on en voyant la bande annonce que le film est idiot ? Les gens ont eu un bon instinct sur celui-là.

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Tremors' saga  (Monocritiques explosives) posté le jeudi 24 juillet 2008 17:52

Tremors (Ron Underwood, 1990)

Ron Underwood est un tout petit faiseur. Il a tendance à faire des films d’horreur confortables, ce que les gens ont tendance à trouver paradoxal. Lake Placid, un film de crocodile géant bouffant les gens ayant la mauvaise idée de passer par là, était un film d’horreur sans horreur : un film dont la peur était vraiment très confortable, puisqu’on pouvait prévoir qui allait mourir ou pas. Mais c’était un film chaleureux, et on l’appréciait plus comme une comédie romantique avec un monstre dedans que comme un véritable film d’horreur. Tremors est en quelque sorte le chef d’œuvre d’Underwood : dans une bourgade perdue du Nevada, quelques personnes se font bouffer par ce que les habitants découvrent vite être des vers de terre gigantesques, tout droit sortis de la préhistoire. Les bestioles sont attirées par les vibrations  et le bruit, il est donc fortement déconseillé de marcher ou de parler quand elles sont à proximité. Il en résulte un tas de scènes cocasses où les personnages se perchent sur du dur pour échapper aux bestioles. Tremors est le prototype du film fabriqué à partir d’une idée géniale : pas besoin d’une quantité astronomique d’effets, la peur est surtout obtenue en perchant des gens sur des toits de maison ou des personnages ayant peur de marcher sur le sol ! Ce concept permettant de faire le film à moindre coût n’a pas empêché les scénaristes de nous concocter une histoire aux personnages savoureux, pleins de chaleur et de menus défauts qui les rendent humains. Le script a en plus le grand mérite d’être rempli d’humour. Mais pas un humour plaqué artificiellement sur des scènes horrifiques pour respecter le cahier des charges « douche écossaise » propre à tous les films d’horreur. L’humour fait ici partie intégrante de l’avancée de l’histoire et de l’évolution des personnages. Les acteurs sont tous au diapason, Kevin Bacon en tête, idéal en loser gentil qui cherche à se payer une nouvelle virilité. Tremors est une réussite sur tous les plans, et parvient même à ne jamais accuser la moindre baisse de rythme.

 

Tremors 2 – les dents de la terre (S.S. Wilson, 1996)

Il était permis de craindre le pire de cette suite de l’une des comédies horrifiques les plus réussies des années 90. Finalement, on s’en sort plutôt bien : Kevin Bacon n’a pas rempilé, et on n’a pas forcément gagné au change avec le petit jeune de remplacement, mais le casting reste solide et l’histoire enlevée, parsemée de petits traits d’humour salvateurs. Pas aussi réussi que l’original (de toute façon c’était mission impossible).  Mon seul vrai regret par rapport à ce film, (ATTENTION SPOILERS !!!), c’est que les monstres souterrains finissent par muter en monstres beaucoup plus classiques, terrestres et bipèdes. L’attaque de vers géants venant du sous-sol, ça avait quand même plus de gueule ! Question de budget, probablement.

 

Tremors 3 (Brent Maddock, 2001)

Les habitués de la franchise quittent peu à peu le navire : après Kevin Bacon qui n’était déjà plus dans le 2, Fred Ward s’en est allé voir ailleurs si l’herbe était plus verte. Ça n’empêche pas les responsables de ce film de maintenir un niveau de qualité plutôt élevé. Cette fois on se concentre sur le personnage de Burt, le psychopathe adepte de la NRA et collectionneur de flingues (Michael Gross) : il devient attachant, revanchard vis-à-vis des graboïdes, dont on découvre maintenant une version volante. L’humour, la multiracialité, la chasse au graboïds et les personnages réfugiés sur des toits, toutes les figures imposées de la franchise sont là. L’histoires reste relativement rythmée, et si les effets spéciaux des monstres volants de la fin sont plutôt…  approximatifs, on l’accepte malgré tout volontiers, parce que c’est un Tremors : ça ne se prend pas au sérieux.

 

Tremors 4, la légende commence (S.S. Wilson, 2004)

Ils avaient épuisé tous les personnages un tant soit peu issus du petit chef d’œuvre Tremors, ils ont décidé de donner un coup de sang à leur franchise en lui faisant faire un bond temporel d’une bonne centaine d’années en arrière : Tremors 4 est un bon vieux western, avec des vers de terre géants comme grands méchants. Le film se tient bien, avec sa galerie de personnages issue de toutes les origines (encore, ses gros flingues et une tendance à vouloir lorgner vers le premier film de la franchise). On n’arrive pas aussi facilement à refaire un film aussi réussi, mais T4 se défend bien. Par-dessus tout, cet opus a le grand mérite de réintroduire l’aspect « peur venant du sous-sol », insituable et dangereuse, que les numéro 2 et 3 avaient plutôt délaissé au profit de monstres bipèdes, puis volants, dont les effets angoissants sont bien moindres car maintes fois expérimentés dans d’autres films.

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Chuck évite les balles dans Dent pour dent !  (Monocritiques explosives) posté le mardi 22 juillet 2008 01:43

J’ai l’air de me moquer, mais Dent pour dent (An eye for an eye, Steve Carver, 1981) fait partie du haut du panier des exploits de Chuck Norris. L’histoire est assez classique (un flic démissionne de la police après avoir tué par vengeance les assassins de son coéquipier, et il lui est donné plus tard l’occasion de plonger plus avant dans les méandres de cette affaire, à coups de tatane), mais n’est pas traitée trop par-dessus la jambe, et on se sent un minimum respecté en tant que spectateur. Le titre français est digne des plus grandes punchlines de Chuck-la-savate, mais ça reste le détail le plus comique de tout le film, dont tout second degré est totalement exclu. Les traducteurs et les distributeurs de l’époque n’avaient visiblement pas bien compris la teneur du film (d’ailleurs, ils ont mis 3 ans pour le sortir en France, où quelques privilégiés ont pu le voir en 1984)

Nous en étions encore au tout début de la carrière héroïque de Chuck, puisqu’il n’avait pas encore mis en avant sa pilosité faciale abondante. Il arbore un visage parfaitement glabre, celui-là même que Bruce Lee avait défoncé quelques années auparavant dans la fureur du dragon.

Comme tout bon héros d’action eighties, Chuck se fait d’abord un peu rouler dans la farine, éclate quelques têtes pour faire bonne mesure, emballe la fille, a un chien très malin qui permet deux fois de relancer le scénario en panne de Deus Ex Machina, découvre parce qu’il se fait piéger que c’est le gars qu’il soupçonnait le moins qui fait partie de la machination, et éclate d’autres gueules pour rééquilibrer la balance.

Rien de neuf, c’est sûr. Mais c’est un film d’action, et pour le coup, la baston est plutôt pas mal foutue. Je veux dire que contrairement à un Delta Force 2 ou un Hitman, Chuck met réellement la main à la pâte dans ce métrage. On a donc droit à de vraies bastons pas doublées, où Chuck balance plusieurs mandales dans plusieurs gueules sans coupe, sans ralentis systématiques, et sans doublure cascade. De l’authentique, quoi !

Ça fait du bien, parce que tous les derniers films de Chuck que j’avais vus récemment étaient quand même bien foireux niveau échange de coup.

Le titre de cet article vient d’un moment phare du film, celui où Chuck se retrouve face à face avec le traître qui l’a roulé dans la farine depuis le début. L’autre essaie de se justifier, braque une arme vers Chuck, qui ne se dégonfle pas et continue à dire qu’il va le coffrer, coûte que coûte. L’autre pète un câble et se met à tirer. Mais Chuck le sent venir et se jette à terre. Grâce à une série de roulades, il parvient à éviter toutes les balles de son agresseur.

Il est fortiche, ce Chuck !

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