Je ne fais pas partie de ceux qui vomissent sur le Hulk de Ang Lee. La mise en place était un peu longue, mais la mise en scène était particulièrement soignée. Il fallait oser pousser à ce point le principe des split-screens sur toute la longueur du film… j’avoue d’ailleurs avoir détesté le film la première fois que je l’ai vu... obtus que je fus! Ce n’est qu’en le revoyant que j’ai saisi l’ampleur expérimentale du film (il aurait bien mérité une critique trilogique, celui-là !).
Beaucoup de gens ont reproché au film d’avoir exagéré les pouvoirs de Hulk (des gens dont la culture n’était que télévisuelle, qui ne connaissaient du superhéros que la série télé, et n’avaient jamais lu une seule BD).
Beaucoup ont aussi reproché à ce premier Hulk une patine trop synthétique ; en clair, il n’était constitué que d’images de synthèse, ce qui le rendait trop artificiel. Je trouvais de mon côté que le boulot avait été plutôt bien abattu. Ang Lee s’était fixé des défis techniques très osés, comme « la peau verte de Hulk mouillée », « Hulk qui grandit », « Hulk qui rétrécit et redevient Bruce Banner », qui auraient pus être évités pour plus de simplicité. Ces défis ont été la plupart du temps relevés avec talent, voire poésie (Hulk redevenant Bruce Banner). Mais il faut reconnaître que l’histoire avait tendance à se traîner beaucoup avant qu’on ne puisse réellement voir enfin le monstre vert en action.
Le film a eu un succès mitigé, qui a conduit les grands pontes d’Universal à d’abord abandonner la franchise, puis à se dire qu’il fallait peut-être la reprendre de zéro, en mieux. Il faut dire que le film de Lee était tellement expérimental que beaucoup, beaucoup de gens l’ont détesté. Ils ont apparemment (et judicieusement) décidé de se contenter de donner suite à l’histoire originale plutôt que d’opter pour un reboot (ouf, cinq ans après ç’aurait été idiot de se retaper la même histoire), et ils ont mis sur le coup un petit franchouillard, Louis Leterrier, réalisateur-faiseur talentueux (les deux premiers Transporteurs, Danny the dog).
Tous les gens oeuvrant sur cet opus ont clamé partout que l’objectif de ce deuxième film était de rebooster l’action, de montrer un Hulk bourrin et plus réaliste ( ?), autrement dit pas grand comme un immeuble, et avec moins d’utilisation des images de synthèse. Apparemment sa capacité à grandir au fur et à mesure de la montée de sa rage lui a été aussi enlevée. A défaut d’être plus réaliste (re-?), le nouveau Hulk sera plus compréhensible par le chaland de base : c’est un type qui, quand il s’énerve, et ben il se transforme en gros monstre vert et il casse tout. Au moins, c’est simple.
La bande annonce de The incredible Hulk vient de sortir… et elle est moyennement enthousiasmante. Premièrement, la qualité des effets spéciaux numériques ne semble pas s’être améliorée depuis 5 ans, puisque le Hulk semble avoir les mêmes textures qu’à ses débuts chez Ang Lee. Y’en a qui seront déçus, je me contente de ça : je trouvais la qualité plutôt bonne à l’époque. Ce qui est un peu gênant, c’est l’impression de se retaper la même histoire : ils nous résument tout pareil que dans le premier film: vas-y que je t’explique que je me suis fait irradier par des rayons gamma, que je découvre que je me transforme en méchant tout vert… où est la baston, merde !? Le premier Hulk a-t-il été vu par si peu de gens ?
La baston intervient (enfin) dans les dernières secondes de la bande annonce… et à part quelques plans d’hélicoptère pas terrible, dont la chute de Banner est le pompon ridicule, ça sent le film pas fin qui va bourriner. C’est tout ce qu’on peut souhaiter d’une histoire racontant le destin d’un type qui devient littéralement vert quand il s’énerve, hein ?
Ben oui.
Espérons une bonne grosse série B. Si les ambitions du film vont au-delà, par contre, inquiétons nous.
Nous verrons cela dans l’attaque de la critique !

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