1-Un nouvel espoir
critique (1er avril
2008)
Je ne me suis pas encore remis de la bande annonce d’Iron man. C’est la raison pour laquelle cet article est posté si tard… étrangement, je ne savais pas quoi dire, tellement elle m’avait choqué… en bien ! L’armure est superbe, Downey jr. a l'air génial en héros pince-sans-rire, et… même Gwyneth Paltrow est jolie. Les effets spéciaux, et surtout l’animation de ces effets, donne vraiment le sentiment que la BD est fidèlement retranscrite à l’écran. La même sensation de vérité (pour autant qu’il puisse avoir de la vérité dans l’adaptation d’un Comic Marvel, mais on se comprend) se dégage que celle qui nous avait envahi lors de la sortie du premier X-men. La BD était là, devant nos yeux, jusque dans ses faiblesses scénaristiques ! Et c’était grandiose !
La bande annonce d’Iron Man m’a immédiatement donné l’impression que le film faisait partie de mon panthéon perso. Le problème était réglé, il n’y avait bizarrement plus d’attente. Ce film m’était déjà familier. Impressionnant, ce que Favreau a réussi à faire avec cette bande-annonce. Mais à double-trachant, aussi. Le film peut du coup devenir très décevant. Mais comme pour Indiana Jones reprenant du service, ce vieux rêve de voir Tony Stark prendre vie à l’écran risque de brouiller les cartes : que le film soit bon ou mauvais, je risque fort d’être complaisant…
Mais après tout, qui a dit que l’objectivité était reine dans ce blog ?
2-L’attaque de la critique (5 mai 2008)
Avec le même enthousiasme ému que la bande annonce, j’ai vu Iron man. Avec le même aveuglement du geek qui voit l’un de ses rêves réalisés, j’ai ri à chaque trait d’humour, exulté à chaque allusion à la bande dessinée, admiré les effets spéciaux, négligé les raideurs de la mise en scène, pour sortir de la salle heureux comme un gamin de six ans après son premier Disney. Aucune objectivité, aucune capacité à l’analyse, j’ai pris le film en pleine poire avec la banane, pendant 2h20 paradisiaques. Donc oui, comme prévu, je suis totalement complaisant avec Iron man.
Décidément, nous vivons une période cinématographique qui ressemble à s’y méprendre au paradis des geeks. Toutes ces choses dont nous rêvions depuis des années, qui n’étaient restées qu’au stade de l’imagination, ces histoires de fin du monde, de superhéros en tout genre, de nains, d’elfes et de Hobbits, prennent lentement mais sûrement le chemin des salles. Mais avant même qu’il y ait un terme pour désigner les tordus dans mon genre, capables de passer un week-end à relire toutes la collection de BDs de Wolverine d’un trait pour se donner l’impression de l’unité de l’histoire, au lieu de sortir jouer au foot avec des copains qu’ils n’ont d’ailleurs pas, les geeks ont toujours eu pour particularité de vivre dans la marge. C’était une sorte de fierté d’être fan d’un truc que la moitié des gens regardaient d’un œil condescendant. Comme les fous, seul les geeks reconnaissent les geeks, d’ailleurs : il n’y avaient qu’à un geek que l’on pouvait raconter avec admiration sans avoir de retour moqueur que dans Kickboxer, Van Damme s’entraînait à renforcer ses tibias en frappant le tronc d’un arbre… et que sa némésis, Tong Po, s’entraînait en frappant un pilier de béton qu’il faisait trembler sur ses bases à chaque coup ! Parce que c’était notre univers, et qu’après tout, on n’avait pas forcément envie de le partager avec le commun des mortels.
D’où mon questionnement : maintenant que la culture geek des années 80-90 est sur le devant de la scène, qu'elle ’est devenue la culture dominante, pour ne pas dire officielle (mais on n’en est pas super loin), qu’est-ce qui peut bien servir de refuge au geek actuel de 10-12 ans? Qu’est-ce qui est pour lui cet objet précieux, qu’il chérit presque seul dans son coin, et qui le poussera, plus tard, à faire partie d’une communauté de tordus dans son genre, et à se faire des amis pour qui la vie n’est pas expliquée par les infos de 13h à la télé, mais par une obscure sous-culture méprisée de tous ?
C’est là, encore, que je me rends compte que je commence à me faire vieux. Iron man, Spiderman, Xmen, c’est encore mon trip. Je vis leur éclatement au grand jour avec bonheur, parce que ces films me rappellent cette longue période où seuls les autres me percevaient comme solitaire : moi, j’avais mes livres, mes BDs et mon Amiga 500. Mais que pense le geek des années 2000 de ces sorties massives de films de superhéros? Pour lui, tout ça n’est peut-être déjà que de la grosse culture de masse, le genre de film pop-corn que tout le monde aime mais que personne n’adore, le macdo du cinéma actuel. Honnêtement, je n’en sais rien… je ne connais pas de gosse solitaire qui joue tout seul dans son coin. Je ne sais pas ce qui, actuellement, construit le geek dont la culture deviendra dominante dans 15 ans.
Décidément, je me fais vieux !
…Et attendez de voir la complaisance crasse dans laquelle je me roulerai en voyant Indiana Jones 4 !





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