Je racle les fonds de tiroir en ce moment. Et j'y retrouve quelques papiers, comme celui-là:
10 000 est un film Emmerichien par excellence : il ménage tellement son spectateur qu’on l’oublie à peine sorti de la salle. Pourtant, les films sur la préhistoire ne sont pas si fréquents. C’est dire le degré zéro d’intérêt du métrage.
Mais paradoxalement, on s’ennuie peu en le voyant. Il respecte à la lettre les règles structurales du cinéma américain et entretien un rythme ronronnant qui parvient presque à endormir le spectateur une ou deux fois, mais sans tout à fait y arriver. C’est juste que le scénario est une telle accumulation de clichés qu’il en devient indigeste. Un héros maladroit devenu « chef de chasse » à la suite d’un malentendu, un amour de jeunesse kidnappé à sauver des griffes d’un méchant caricatural, des dreadlocks en guise de caractérisation physique de la tribu (je ne m’y ferai jamais), une suite de prophéties qui vont toutes s’accomplir les unes après les autres, un deus ex machina final bien tiré par les cheveux, histoire de rendre l’histoire encore plus mystique… et des personnages qui parlent tous anglais –ou français, si comme moi vous n’avez pas pu le voir en VOST. Sans oublier ce risible syndrome du sourcil parfait de Camilla Belle, qui en rajoute dans l'impression surréaliste. Je tire sur une ambulance, mais jetez un coup d'oeil à la photo ci-dessus pour apprécier la qualité IM-PRE-SSION-NANTE des effets spéciaux numériques. Et pourtant, ce film a coûté très-très cher.
Emmerich m’avait pourtant relativement impressionné avec son Le jour d’après, qui supporte plutôt bien le revisionnage (comparé à ses autres films).
Pour 10 000, je ne sais pas, parce que je ne le reverrai probablement jamais.





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