Pas sûr…
Un nouvel espoir critique
Superhero movie s’est planté aux états unis. Nul ne sait si c’est parce que le boycott de la Weinstein company par les fanboys (voir ici pour les raisons de l’appel au boycott) a fonctionné, ou juste parce que le film n’intéressait personne. Pourtant, le marketing prétendait à qui voulait l’entendre que ce n’était pas un spoof movie (autrement dit, une parodie bien lourdingue façon scary movies et y’a-t-il un flic, agent secret ou exorciste pour sauver quelque chose), mais bien une « comédie avec des superhéros dedans ». De la même manière que Shaun of the dead était une comédie avec des zombies et non pas une parodie de film de zombie. Ceci dit, tout le monde n’est pas Edgard Wright : il faut être finaud pour parvenir à équilibrer les éléments d’une comédie pour qu’elle ne tombe pas dans le ridicule.
Mais je m’égare : je n’ai pas encore vu superhero movie, dont l’affiche dit quand même tout le contraire du département marketing, puisqu’elle est pompée sur celles de tous les derniers spoof movies en date (voir la photo ci-dessus). Tout ça pour en venir au sujet du jour : Hancock : l’histoire d’un superhéros dépressif et quasi SDF incarné par Will Smith, qui rencontre un conseiller en communication. Celui-ci le persuade de le laisser reprendre en main son image de marque.
Après un teaser alléchant sorti il y a quelques mois déjà, voici que débarque enfin une bande annonce plus complète, et elle fait envie. Plus que jouer simplement sur les clichés du film de super héros, ou sur la simple transposition parodique de scènes d’autres films (voyez la bande annonce de superhero movie). Il semblerait que le film repose sur une véritable histoire, peut-être un peu mince, mais pas plus que celles de 90% des grosses productions américaines (soit dit sans méchanceté, je suis quand même bien fan de pas mal de films considérés comme décérébrés). Le personnage principal semble voué à évoluer au cours de l’histoire, et les gags à accompagner cette évolution, sans les ralentir ou les parasiter –ou servir de prétexte- comme c’est souvent le cas dans les spoof movies. De plus, on peut noter vers la fin de la bande-annonce un gag sur le harcèlement sexuel (avant de sauver une femme, il lui demande la permission parce qu’il va devoir toucher son corps pour la porter) qui laisse présager de la présence de quelques neurones dans le scénario. Je n’irai pas jusqu’à espérer que le film soit une charge contre l’obsession du politiquement correct qui pourrit le cinéma d’action depuis le milieu des années 90, mais s’il pouvait appuyer un peu là où ça fait mal aux censeurs une fois ou deux, je ne cracherais pas dessus.
Le sens du tempo comique de Smith semble être convoqué avec le même talent que le fit Barry Sonnenfeld dans ses deux Men in Black, alors il ne nous reste plus qu’à espérer que l’histoire ne tienne pas sur du papier à cigarette (Wild wild west, quelqu’un ?).
Peter Berg réalise, ce qui est un gage de sérieux (c’est aussi ce qui me laisse un peu espérer quelques bonnes charges contre le politiquement correct, puisque Berg est quand même le réalisateur d’une des comédies noires les plus déjantées de la fin du vingtième siècle, very bad things) et même son Bienvenue dans la jungle, dont le scénario tient gentiment sur un cure dent, fait partie de mes plaisirs coupables : bastons à gogo, the Rock en grande forme, comédie ras-des-pâquerettes. Le réalisateur est passé à la vitesse supérieure en nous offrant The kingdom l’année dernière, un film d’action politique plutôt très bien, même si la campagne marketing et le buzz qui l’ont précédé ont un peu gâché la fête : on nous a fait miroiter un chef d’œuvre, on n’a eu qu’un bon film, d’où déception.
Hancock fait envie, donc. Il faudra patienter jusqu’en Juillet pour le voir. Rendez-vous cet été pour la deuxième partie de cet article, l’attaque de la critique !





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