Romero le disait dans une interview récente : Diary of the dead est l’occasion pour lui de redémarrer une franchise sur laquelle il aurait l’intégralité des droits, contrairement à sa quadrilogie des morts-vivants, dont la gestion des droits est devenue si complexe que ceux de la nuit des morts-vivants sont détenus par tout un tas de gens différents (on nous pond d'ailleurs une nouvelle édition de night of the living dead chaque année! la version colorisée, la version recadrée, la version soi-disant longue, la version uniquement en VF... il m'a fallu en acheter trois exemplaires différents avant d'en trouver une relativement fidèle à la version diffusée sur Arte il y a de cela une dizaine d'années). De là à penser que Diary of the dead n’est qu’une entreprise mercantile visant à assurer à son auteur une retraite confortable, il n’y a qu’un pas. Je ne le franchirai pas allègrement, mais force est de reconnaître que Diary of the dead est loin d’être un film intéressant. « film de bobines récupérées » ou « film youtube », à ce niveau de médiocrité, le genre du film n’a plus beaucoup d’importance. On a de toute façon encore et toujours les mêmes figures esthétiques qui reviennent éternellement, comme cette maudite shaky cam, la caméra « qu’il faut éteindre » mais qui reste allumée, etc. Le réalisateur a quand même eu le bon goût de nous épargner les scènes filmées en infrarouge. Rien que pour ça, merci George !
Romero, comme à son habitude, approfondit son propos en mettant cette fois en abyme l’obsession et la superficialité du traitement de l’image dans notre société. L’intention est louable, mais Romero a quand même chaussé de très très gros sabots pour ce faire, et on l’entend venir de loin. L’histoire n’ayant aucune originalité (c’est le sempiternel « début d’épidémie », qu’on a dû revoir dix fois depuis trois ans), on espérait – j’espérais que Romero nous livre quelques séquences bien métaphoriques. Mais à part le passage de relais de l’obsession pour l’image et quelques savoureux moments où les caméramen se filment les uns les autres et filment des écrans de surveillance parce qu’ils n’ont rien d’autre à se mettre sous la dent –mettant ainsi en abyme leur dépendance vis-à-vis de l’image, Diary of the dead ne titille pas beaucoup les neurones. Dommage.
Pensez en ce que vous voulez, mais cette mode récente du « film de bobines récupérées » semble de plus en plus un joli prétexte pour faire des films à petit budget dont l’image et les cadrages sont absolument dégueulasses, mais où c’est justifié parce que ce sont des conditions de reportage. Ça coûte moins cher (une prise ratée EST une prise réussie !), et ça fait immersif. En ce qui me concerne, ça ne marche plus depuis belle lurette, et ça commence sérieusement à me gonfler.


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