1-Un
nouvel espoir critique (mai
2008)
L’affiche des insoumis est apparue pour la toute première fois pendant Cannes ; une affiche sombre, montrant des personnages aux gueules burinées, pas commodes et armés. A leur expression, on dirait qu'ils sentent la confrontation armée pointer le bout de son nez. Ils n'ont pas envie de s'y mettre, mais ils n’ont pas le choix : il va falloir en découdre.
Cette affiche suggère un programme à priori intéressant, donc !
La bande annonce du film de Claude Michel Rome, qui vient juste de sortir, donne encore un peu plus espoir, car elle confirme la direction prise par l'affiche : ça va chier. Ça ne sera pas le film du siècle, pour sûr, la lumière est un peu plate et le filmage ne paraît pas, à priori, casser trois pattes à un canard, mais ce n’est pas ce qu’on demande à un bon gros polar hardboiled.
Car ça a bien l’air d’être un bon gros polar hardboiled, ce film : l’histoire d’un flic (Richard Berry), apparemment revenu de tout, muté de force dans un commissariat du bout du monde, en pleine « zone de non droit », qui se découvre des collègues corrompus jusqu’à la moelle, et qui petit à petit remue la merde au nom de son éthique personnelle. La bande annonce nous laisse plus ou moins comprendre l’ensemble de la trame du film, y compris le grand finale, qui sera un bon vieux siège (le commissariat sera visiblement pris d’assaut par un gros tas de méchants). Ça peut paraître bizarre de tout dévoiler comme ça, mais à la réflexion c’est une bonne idée : c’est bien parce qu’il a l’air d’un bon gros western urbain que je vais aller le voir, ce film !
Un film de genre Français, qui plus est un peu burné, ça ne se refuse pas.
Rendez-vous le 11 juin pour la suite !
2-L'attaque de la critique (14 juillet
2008)
La réalisation est parfois un peu molle, et alors ? Le jeu des acteurs n’est pas toujours à la pointe, et alors ? Les scènes d’action ne sont pas toujours-toujours à la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre, et alors ?
J’ai pris mon pied en voyant ce film. Les insoumis est très exactement ce qu’il promet d’être lorsqu’on en voit la bande-annonce : un bon vieux polar à l’ancienne, avec son héros torturé revenu de tout, ses ripoux en demande de rédemption, son ambiance western du bout du monde, et ses méchants aux sales gueules. Richard Berry fait des merveilles en vieux flic peu loquace. Agissant comme un catalyseur sur la mauvaise conscience de ses collègues du commissariat, qui à son contact cherchent à retrouver ce qu’ils ont oubliés d’être depuis longtemps : de vrais flics. Rien de bien nouveau donc, on reste dans le polar classique.
La petite touche supplémentaire de ce film, c’est l’esthétique western. Pour le coup, ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère : le décor est une zone industrielle glauque et désertique, les personnages utilisent leur bagnole comme les cow-boys leur cheval, le héros est un drifter, un type sans attache qui débarque dans un patelin isolé pour y rétablir la justice, le film se conclue sur un assaut digne (façon de parler) de Rio Bravo… et les hommes on un sens de l’honneur et de la rédemption qui ne démérite pas face à n’importe quel western. Je ne serais pas surpris si les américains avaient d’ici peu l’idée de faire un remake de ce film. Si c’était le cas, d’ailleurs, j’irais le voir sans hésiter : des variations sur ce thème là, je m’en farcis volontiers tous les jours !
On sent bien cependant que le réalisateur, Claude-Michel Rome, réalisateur de téléfilms, a voulu être un peu ambitieux, notamment avec ces scènes où l’on voit Berry discuter au téléphone avec une femme issue de son passé, qui nous révèle au compte-goutte des informations permettant de reconstituer le traumatisme de son personnage. On sent que le réal aurait aimé en faire une sorte de matérialisation de la conscience au travail du personnage, mais ça ne prend pas. Ça ne peut pas prendre : le reste du film est tourné comme un bon vieux Belmondo des années 80, on ne peut pas se plonger dans un état d’esprit maladroitement arty au beau milieu de ces saillies macho ! Pas grave. On ne peut pas tout avoir, et ce film n’était pas taillé pour être un chef-d’œuvre. Juste un bon film d’exploitation, et c’en est un !
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