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Petit méchoui de critiques  (Hecatombe d'articles) posté le vendredi 13 mars 2009 22:35

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Rêves (Akira Kurosawa, 1990)

Une fois n’est pas coutume, les sketches les plus chiants de ce film en huit parties sont montés en premier ! Je trouve les films à sketches généralement assez ennuyeux, souvent parce que les films sont de qualité inégale. Rêves, soit-il de Kurosawa, et produit par Scorsese, Lucas et Coppola, n’échappe pas à la règle.

Kurosawa fait partie de cette génération qui a connu le monde avant que qu’il ne soit définitivement sali par les activités humaines. Il fait partie des derniers tenants d’un héritage séculaire, et avec quelques sketches de ce film, il établit une opposition entre l’ancien monde et le nouveau. Et il le conçoit avec pessimisme.

Mais de tous les « rêves » c’est définitivement « les corbeaux » qui a le plus retenu mon attention. Montrant un peintre amateur visitant une salle consacrée à Van Gogh, l’homme s’imagine entrer dans la peinture et retrouver Van Gogh (Martin Scorsese) en pleine fièvre créatrice. Les couleurs et les décors ont été retravaillés de manière à donner l’aspect expressionniste des peintures de Van Gogh, jusqu’à ce que le personnage, dans une sorte d’illumination, saisisse la méthode du peintre mythique. Il traverse alors des décors qui ne sont autre que les étapes successives de la création de l’œuvre, jusqu’à aboutir à la peinture elle-même. En quelques petites minutes, parvient à croquer la beauté, le désespoir, l’urgence et la folie qui imprègnent l’œuvre du peintre, jusqu’à une dernière image qui fait surgir l’émotion par sa simplicité : un coup de chapeau littéral, de maître à maître.

Rêves n’est à mon avis pas un bon film. Les idées étaient là mais Kurosawa n’avait visiblement plus la force de les illustrer.  Mais rien que pour « les corbeaux », il mérite d’être vu, au moins une fois dans sa vie.

Au bout de la nuit (David Ayer, 2008)

David Ayer fait partie de ces réalisateurs moyens pour lesquels j’ai systématiquement du mal à trouver ce qui cloche dans leurs films. Bad Times était un film pas mal, mais pas transcendant non plus, entièrement porté par l’interprétation exceptionnelle de Christian Bale. Ce deuxième film du scénariste de Training Day est également un film pas mal, mais il manque de quelque chose pour en faire un film dont on se souviendra.

99F (Jan Kounen, 2007)

Jan Kounen a beau se défendre à corps perdu de ne pas avoir craché dans la soupe en faisant ce film (il a réalisé un nombre incalculable de publicités), c’est quand même l’impression qui domine à la fin du visionnage. Comme d’habitude, le réalisateur tombe dans des excès formels que la fin très caricaturale du scénario n’aident pas à crédibiliser. Kounen fait partie avec Michael Bay de ce club très fermé de réalisateurs dont la volonté d’en faire trop exprès annihile systématiquement la provocation qu’ils espéraient  mettre dans l'exagération. Néanmoins, ce film fait du bien à ceux qui, comme moi, hurlent à la mort devant le cynisme et le mépris de la publicité télévisée pour le spectateur.

Fido (Andrew Currie, 2006)

Fido est une excellent surprise. Les critiques à sa sortie étaient plutôt inégales, ce qui m’a conduit à ne pas aller le voir, à tort, comme souvent. L’humour noir affleure à tous les coins de plan de cette histoire de famille dysfonctionnelle qu’un zombie de compagnie vient sortir de son quotidien ennuyeux. Fido est l’exact contraire de 99F, chroniqué un peu plus haut : la provocation est partout, mais jamais appuyée par des effets de caméra ou des aberrations scénaristiques sensées être provocatrices. Le film tient son récit dans les rails, et les traits d’humours sont toujours imprégnées par la comparaison que l’on fait entre notre société actuelle, et celle décrite dans le film : la peur de la mort, la vie éternelle, le culte des apparences, la famille, le racisme, le conformisme, les préjugés, tous les sujets sont abordés en filigrane par le film. Selon si vous saisissez ou non la mise en abyme, vous rirez… ou pas.

C’est ce qui explique les critiques variables à la sortie du film, et c’est aussi tout ce qui en fait la valeur.

Rocco et ses frères (Luchino Visconti, 1960)

Grande fresque sur l’émigration sud-nord des Italiens pauvres de l’après guerre, Rocco… décrit les destinées disparates des cinq fils d’une mamma Italienne envahissante. Je ne saurai dire pourquoi j’ai aimé ce film, pour une fois… la capacité qu’a Visconti de mener en parallèle les destinées de 4 de ces frères est évidemment exemplaire, et élève le film au-delà de la simple tranche de vie familiale pour en faire une parabole de l’Italie de l’après guerre. Pour ceux qui n’imaginent pas qu’Annie Girardot ait pu être sexy une fois dans sa vie, il faut la voir dans ce film : elle y est lumineuse.

Kung fu Panda (Mark Osborne, John Stevenson, 2008)

Un film pas mal du tout, finalement. Je craignais un peu le film pour enfants idiots, mais les scènes de baston sont absolument bluffantes de virtuosité et l'animation des personnages d'une vérité confondante. Le seul problème reste le scénario, qui est bien trop calqué sur tous les films de "sauveurs révélés à eux-même et réalisant leur destinée" que l'on a pu voir récemment. Il est donc difficile de se passionner pour les aventures de ce panda adepte de kung-fu, les surprises scénaristiques n'étant pas légion. Ceci dit, une grande partie de l'intérêt de ce genre de film réside dans les petits détails, et là, par contre, l'équipe en a trouvé de quoi remplir tout le métrage! Les mimiques, les traits d'humour pas trop lourdauds, les personnages typés (bien que sous-utilisés pour certains), et les décors d'une beauté réellement stupéfiante suffisent pour nous faire passer un bon moment. Bastons comprises, bien sûr...

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Tous les commentaires de l'article:
Petit méchoui de critiques

  • Emile

    jeu 02 avr 2009 11:28

    Voilà bien des genres très différents, pour 99 fr j'ai trouvé que pour une fois le style très largement outrancié et sans finesse de kounen collait super bien au sujet hypocrite et cynique...
    et pour Fido va falloir que je me le frappe celui-là quand même un de ces 4!

    vivement l'analyse dévastatrice de Watchmen