Accueil Date de création : 05/01/08 / Dernière mise à jour : 01/07/08 11:47 / 41 articles publiés

Critiquons en choeur, mes frères! (façon de parler)  posté le samedi 28 juin 2008 01:55

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Critiquons en choeur, mes frères! (façon de parler)

Le temple d’or (Firewalker, Jack Lee Thompson, 1986)

Le grand Chuck Norris dans ses basses œuvres. Le temple d’or est un sous Allan Quatermain et les mines du roi Salomon, qui est lui-même un sous Indiana Jones. Filmé n’importe comment, il nous donne droit à un alignement ridicule de scènes idiotes. Pas la moindre punchline Norrissienne provocatrice à se mettre sous la dent, la blonde de service est plus maligne que les deux acolytes héros du film (Chuck et Louis Gossets Jr.) Même les bastons sont molles, c’est dire !

Même pas drôle, l’ennui prévaut. Je passe.

 

Superman III (Richard Lester, 83)

Je ne suis pas très fan de Superman dans tous les cas : je le trouve falot et chiant, et puis je n’arrive pas à admettre que ce type puisse changer d’identité –et surtout ne pas être reconnu- en se contentant de chausser des lunettes. Le troisième opus de la série originelle avait une sale réputation, la faute à des producteurs sans scrupules qui avaient récupéré les droits et fait un film à moindre coût pour s’en mettre plein les fouilles… et force est de reconnaître que ce film est encore plus ridicule que les précédents. Les situations sont abracadabrantes et les effets spéciaux à vomir. Ceci dit, pris au 8000e degré, c’est assez savoureux (il faut voir le sérieux de Christopher Reeves, volant le bras tendu en avant sur fond de matte-paintings foireuses !) Mais à tout prendre, il vaut mieux voir autre chose.

 

Truands (Frédéric Schoendorffer, 2007)

C’est cruel de revenir sur ce ratage complet, dont on dirait qu’il a été réalisé par un étudiant qui n’aurait pas écouté ses cours de cinéma. D’autant que les deux premiers longs du réalisateur étaient plutôt exceptionnels. Dans celui-là, rien à sauver : le jeu des acteurs est ridicule (le pompon absolu à Philippe Caubère, l’homme pour qui les termes surjeu et cabotinage ont été inventés), les rares scènes d’action sont filmées en pensant à autre chose, les transitions sont d’une maladresse à faire peur, et la conduite du récit est, au mieux, totalement à côté de la plaque. Et encore, mon jugement n’est pas dicté par la déception car je n’attendais rien de ce film, vu les critiques assassines qui l’avaient accueilli à sa sortie.

 

A sound of thunder (Peter Hyams, 2003)

Probablement le film le plus maudit du début de ce siècle. Dès l’étape de la pré-production, il a eu du mal à se monter : des retards, des désistements, Pierce Brosnan qui devait avoir le rôle principal, puis qui s’est désisté. Probablement la décision la plus sage de toute sa carrière. Une fois filmée avec Edward Burns à la place, l’ « œuvre » a eu encore un tas de problèmes, des coupes dans  le budget, d’autres retards, qui ont fait que tout le monde a préféré le mettre au placard plutôt que de le sortir. Le studio a fini par nous le donner en pâture en direct-to-video, et on en comprend la raison : les effets spéciaux ne sont pas terminés ! Les trois quarts du film contiennent des effets numériques, et ils ne les ont pas finalisés ! Il arrive souvent qu’on ait d’ailleurs l’impression qu’ils ont laissé les images de prévisualisation dans le montage… ce film est une bérézina complète, et pourtant, en le voyant, je me suis dit que s’il avait pu être terminé, il aurait pu être pas mal… le scénario, bien que très tiré par les cheveux (c’est de la SF à base de voyage dans le temps, ça peut pas être rationnel de toute façon !) est équilibré, les personnages sont assez intéressants, et les péripéties bien réalisées, si on ne tient pas compte des effets spéciaux complètement restés au stade embryonnaires. Dommage, au fond.

 

Quatre étoiles (Christian Vincent, 2006)

Une comédie romantique, Française de surcroît, ce n’est pas un film vers lequel on se dirige avec facilité. On s’attend à voir surgir la réflexion sociale à tous les coins de plan… Mais ô miracle ! Que voilà une histoire rondement menée, avec peu de rôles différents, mais tous savoureux et très-très bien incarnés par leurs acteurs respectifs. Isabelle carré, abonnée aux rôles de jeunes filles éthérées et névrosées, s’éclate dans celui d’une jeune femme lumineuse décidant de faire fi des conventions sociales le temps de profiter d’un petit héritage en claquant tout son fric sur la côte d’Azur. Là-bas, elle croise un homme dont le comportement exubérant l’intrigue et l’attire irrésistiblement. Elle entreprend de le séduire par tous les moyens, quand bien même il ne montre pas le moindre signe d’attirance pour elle. José Garcia est lui dans un registre qu’il connaît par cœur, et fait des merveilles en parvenant à donner chair à un personnage d'escroc sans passé et sans avenir, qui vit et n’existe qu’au jour le jour.

 

Seuls two (Eric & Ramzy, 2008)

Pas très marrant. Un peu chiant. Filmé comme un téléfilm France 3. Si peu d’enjeux dans l’histoire que la tension a tendance à s’évanouir très vite, ne laissant place qu’à un joli concert de bâillements. La liste des défauts est longue. Celle des points positifs l'est moins: oui, les images de Paris totalement vides sont impressionnantes, oui c’est rigolo de voir Eric et Ramzy cabotiner en jouant avec le mobilier. Cinq minutes. L’histoire commence vraiment-vraiment très tard à pointer le bout de son nez, et les paupières sont déjà très lourdes à ce moment-là. Tous les acteurs sont mauvais, et les principaux aussi : ils ne jouent pas, ils jouent à jouer. C’est tout le problème de leur humour infantilisant : on ne peut pas construire de personnages crédibles dessus. Un peu de distance, c’est marrant, trop, c’est chiant.

Et là, comme dans leurs autres films, c’est chiant. Mais je n’ai pas encore vu Steak.

 

 

 

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Deux jours -hilarants- de massacre  posté le mardi 17 juin 2008 20:14

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Deux jours -hilarants- de massacre

Qui a aimé Kennedy et moi (Sam Karmann, 1999) ou Le mouton enragé de Michel Deville (1974) aimera le dernier film de Jean Becker, car le plaisir cathartique du visionnage est exactement le même. Dans Le mouton enragé, Jean-Louis Trintignant incarnait un personnage qui décidait du jour au lendemain de mettre de côté sa conscience, et commençait à faire tout ce qu’il n’osait pas faire jusqu’alors… il devenait une véritable bombe sociale, explosant toutes les strates de la petite société qui l’entourait. Un film absolument jouissif, autant que peut l’être Deux jours à tuer, où cette fois, c’est le personnage incarné par Albert Dupontel, qui pète un câble sans raison apparente, et pendant deux longues journées envoie joyeusement balader toutes les attaches sociales qu’il avait patiemment construites du haut de ses quarante deux ans. C’est peu de dire que l’effet est cathartique de voir Dupontel balayer son emploi et sa boîte d’un revers de la main, foutre en l’air son couple, cracher à la gueule de ses amis… voilà un film qui vous empêchera de taper sur le premier automobiliste venu qui vous aura tendu un doigt bien haut pour une raison quelconque. Il ne se limite cependant pas seulement à un alignement de scènes « comiques » (j’ai mis des guillemets parce que la teneur comique des séquences de destruction sociale sont probablement une question de point de vue). La grande réussite de Deux jours à tuer réside dans le talent du réalisateur à nous faire subir la douche écossaise : autant on rigole dans la première moitié du film, autant on pleure dans la deuxième partie. En découvrant lentement les raisons profondes du mal-être du personnage, Becker s’autorise quelques fausses pistes bien amenées, qui échelonnent les révélations et permettent d’entrer plus profond dans la psyché blessée de Dupontel, et provoquant une empathie bienvenue. La chute finale relativise peut-être un peu trop la révolte du personnage, mais on n’en a cure : ce film fait du bien. Il est d’ailleurs porté par un bon bouche à oreille, espérons qu’il fera un bon nombre d’entrées.

Pour finir, une remarque sur la mise en scène : Becker a abandonné ce qui faisait jusqu’à maintenant sa marque : un filmage extrêmement classique, pour ne pas dire parfois poussif (même s’il fonctionnait finalement très bien sur Les enfants du marais et Effroyables jardins), pour s’essayer à la caméra à l’épaule et une image pas toujours très nette. Plus dynamique, le film paraît du coup moins enfermé dans un écrin de mouvements de caméra parfaits comme ça avait pu être le cas dans certains de ses précédents films.

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Petites critiques au coin du feu  posté le mercredi 11 juin 2008 18:59

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Petites critiques au coin du feu

L’ange exterminateur (Luis Buñuel, 1962)

Je ne suis pas familier de Buñuel. Pour une raison inconnue, j’hésite toujours à voir ses films… et pourtant, à chaque fois, quelle claque ! Celui-ci ne déroge pas à la règle, en nous montrant à travers son regard aiguisé la déchéance de la société par ses institutions les plus établies. Un film ancré dans son époque, celle de la lutte des classes, qui nous montre une bande de bourgeois incapables de sortir de la pièce où se déroule une réception. Pour une raison inconnue, ils ne peuvent pas sortir, et personne ne peut venir les aider. L’obstacle est psychologiquement insurmontable. Isolés, les bourgeois tentent un moment de maintenir les apparences avant de sombrer dans les pires bassesses individualistes. Métaphore intrigante, portrait au vitriol, surréalisme rampant, le film instaure un climat reconnaissable entre mille : c’est un film de Buñuel.

 

Raisons d’Etat (Robert de Niro, 2007)

Chef d’œuvre ! Pour sa deuxième réalisation, De Niro a fait un de ces films définitifs que beaucoup de réalisateurs de profession sont totalement incapables de pondre. Toute la grandeur de ce long-métrage est de prendre son temps, d’installer ses ambiances, ses personnages, et de les enliser petit à petit dans leur mode de vie secret. Raisons d’Etat est un film long (2h40), et il ne pouvait pas être plus court : pour dessiner le portrait d’un personnage qui épousera les combats secrets de son pays pendant 25 ans, il fallait prendre son temps. De Niro a la réputation de se couvrir énormément pendant ses tournage (ce qui lui fait prendre en général beaucoup de retard), et cela donne une identité filmique assez neutre à son métrage : on n’y sent pas une personnalité de réalisateur particulièrement affirmée. Cependant, le film reste un chef d’œuvre, car lorsque le générique défile, on a le sentiment que c’était la meilleure façon de raconter cette histoire. Car l’apparente neutralité de la mise en scène fait écho à l’apparente neutralité du personnage principal, et finit par participer de l’étrange impression d’étouffement qui prévaut à la fin de l’histoire.

 

Michael Clayton (Tony Gilroy, 2007)

Bof bof ! Devenu réalisateur, le scénariste des trois Bourne s’emmêle un peu les pieds dans son intrigue à tiroir, et oublie de dynamiser le récit de cet avocat surdoué (George Clooney), qui se voit confronté à un cas de conscience pour la première fois de sa carrière de redresseur de situations louches. La plus grande réussite de ce film est le personnage de la méchante, incarnée par Tilda Swinton, qui est très loin du bad guy caricatural faisant le mal parce qu’il est naturellement mauvais. La décrire comme une accro du boulot qui en arrive à prendre des décisions extrêmes pour préserver la cohérence de son œuvre au sein de sa boîte est une très bonne idée. Sinon, les décisionnaires sur ce film ont apparemment voulu rester « en deçà », c'est-à-dire ne mettre aucune information au dessus d’une autre afin d’accroître l’impression de réalisme, voire la confusion du spectateur. C’est la grande limite du film, qui entretient très difficilement son suspense. Dommage !

 

Universal soldier 2, le combat absolu (Mic Rogers, 1999)

Probablement la plus grosse bouse jamais tournée par Jean-Claude Van Damme. Et pour le coup, on passe un bon moment à regarder au vingt-cinquième degré cet espèce d’OVNI vidéo où tout le monde joue si faux qu’on croirait qu’ils font un concours de la plus grosse endive. L’action est atroce, le budget riquiqui, et Van Damme n’était visiblement pas encore sorti de ses problèmes de drogue. Très amusant.

 

REC (Paco Plaza, Jaume Balaguero, 2007)

J’ignore pourquoi tout le monde crie au chef-d’œuvre en parlant de ce film espagnol. Il y a des fulgurances de mise en scène, c’est sûr, mais les réalisateurs n’exploitent pas si bien que ça leur credo « film entièrement subjectif ». Ils ont trop souvent recours à des trucs éculés de films d’horreur (le gros sons pour appuyer les surprises, par exemple). Et puis on commence à avoir fait le tour de toutes les figures imaginables dans le cadre des films de « bobines récupérées » : la caméra posée par terre, l’opérateur à qui on demande d’éteindre la caméra mais qui ne l’éteint pas et filme des jambes qui parlent, les séquences en infrarouge…

Au final, REC est un film pas mal, sans plus. Il souffre du même problème qu’un Cloverfield (voir cet article) : il n’y a pas de mise en scène autre que celle cherchant à faire croire que la caméra est effectivement portée par ses personnages pendant tout le film. Un peu léger. J’attends quand même Diary of the dead de Romero, parce qu’avec un peu de chance, lui s’essaiera à la mise en scène dans ce genre très codifié qu’est le film de « bobine récupérée ».

 

Les parrains (Frédéric Forestier, 2005)

Voilà ce que devrait viser l’industrie du divertissement française ! (Encore que vu les scores du film au box office, je doute qu’ils aient envie de reproduire l’expérience). Et c’est dommage, car on retrouve dans ce film tout ce qui fait que le spectateur français va généralement plus facilement vers une comédie américaine que vers un film français. Un scénario malin et bien structuré, des personnages très bien définis, des acteurs au cordeau, et un filmage énergique. Cette histoire d’anciens braqueurs qui se retrouvent vingt ans plus tard pour organiser un nouveau braquage de bras cassé est un très bon film de divertissement à la française, pour peu qu’il en existe encore. Pas prétentieux pour un sou, mais pas désespérément con non plus. Un bon compromis.

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Medley de critiques  posté le mardi 27 mai 2008 23:20

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Medley de critiques

Voici quelques films parmi ceux que j'ai vu ce mois de mai, pour lesquels je suis incapable de faire une critique fouillée, mais qui méritent, en bien ou en mal, un petit papier.

 

L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (Andrew Dominik, 2007)

En voilà un bon film ! Sa réputation de lenteur extrême n’est absolument pas méritée, car c’est un film très chargé en informations, mais qui prend son temps pour les délivrer. Le seul défaut que je peux lui attribuer, est cette voix off très ennuyeuse qui parcourt le film, et qui est la moitié du temps totalement redondante avec ce qui nous est dit à l’image. Brad Pitt et Casey Affleck méritent amplement leur prix d’interprétation. Andrew Dominik, le réalisateur, a eu la bonne idée d’utiliser à nouveau cette tristesse insondable qui se cache dans le fond du sourire de Brad Pitt, et que Redford avait pour la première fois mis à jour dans « … et au milieu coule une rivière ». Excellent film, très rare.

 

Stay (Marc Forster, 2005)

Tout du long, j’ai cru que ce film était une resucée bâtarde du Sixième sens. Au bout du compte, ce n’était pas le cas. Mais c’est un film inabouti quand même. Espérons que le prochain James Bond, Quantum of solace, du même réalisateur (Marc Forster), sera plus réussi. Le film parvient à créer une ambiance étrange grâce à des raccords tous plus étranges les uns que les autres, des cadrages bien tordus, et des couleurs changeantes. Mais au bout du compte, même si on sent que le scénario voulait nous titiller là où ça fait pleurer dans les chaumières, la scène finale est trop démonstrative, et manque peut-être de la sobriété qui nous aurait enfin permis d’entrer dans le film. Dommage.

 

Les neuf reines (Fabian Bielinsky, 2002)

Un film d’arnaqueur arnaqué comme on les aime… mais pas franchement à la hauteur de la réputation qu’il s’est taillé dans le petit monde de la critique. Un bon film, dont on sent quand même venir le twist final de très loin, tant le réalisateur insiste sur certaines caractéristiques des personnages principaux. Néanmoins une bonne surprise.

 

The condemned (Scott Wiper, 2007)

Une série B qui cherche, à tort, à péter plus haut que son cul. Sur la trame ultra rebattue du groupe de taulards envoyés sur une île pour s’entretuer jusqu’au dernier, le film aurait gagné à rester à sa place, c'est-à-dire dans la catégorie gros actioner bourrin sans cervelle. Car dès qu’il cherche à faire la morale à son spectateur, on sent que la matière grise ne suit pas, et ça devient ennuyeux, pontifiant et foncièrement idiot. Dommage ! Avec 15 minutes et tout le pensum « c’est pas bien ce qu’on fait merde, c’est pas moral » en moins, on aurait pu avoir un bon gros B.

 

Le scaphandre et le papillon (Julian Schnabel, 2007)

J’avais un peu peur de le voir, celui-la. Vu le sujet, je m’attendais à une déferlante de bons sentiments et à un concours de performances : à qui pleure le mieux, à qui joue le mieux l’handicapé lourd… et même sa très bonne réputation n’a pas réussi à m’ôter les doutes. Après tout, les oscars récompensent pratiquement toujours ce genre de performance, même quand elles sont particulièrement caricaturales… Et bien au bout du compte, ce film est une excellente surprise : tout en pudeur et en retenue, il n’abuse pas de flashes-back larmoyants sur le passé du personnage histoire d’alimenter une narration défaillante comme ça arrive souvent pour ce genre de film, mais se concentre au contraire sur le vécu au présent de cette âme prisonnière de son corps. Pour atteindre une telle simplicité, nul doute qu’il faut un grand talent et beaucoup de travail. Je maintiens cependant que donner le césar du meilleur acteur à Amalric pour sa performance est une injustice flagrante pour les autres acteurs qui concouraient l’année dernière. Il joue très bien son personnage, mais il n’a quand même pas beaucoup de variantes à exprimer sur son visage paralysé. Ça n’enlève pas son talent à jouer Bauby, mais bon…

 

Cleaner (Renny Harlin, 2008)

Le dernier Renny Harlin est un film noir un peu mollasson, mais il tient à peu près la route… le genre de film qu’on regarde en vidéo d’un œil, en faisant autre chose sans jamais avoir problème pour suivre l’intrigue… Au cinéma, on sent quand-même quelques longueurs. Samuel L. Jackson ronronne, le scénario est bien carré, façon thriller de studio (autrement dit au bout de dix minutes on sait qui est le méchant), l’image est soignée, la morale est sauve, mais on ne s’ennuie pas trop. Un point positif, quand même, c’est la musique, dont un motif en quatre notes qui revient régulièrement sur toute la longueur du film, diffusant un sentiment nostalgique d’une qualité étrangement élevée pour un film si peu ambitieux.

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Subjectivement vôtre  posté le mardi 29 avril 2008 18:01

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Subjectivement vôtre

Encore un article sorti du tiroir, sur un film que j’avais pourtant bien apprécié :

Cloverfield est un tour de force, un trip hallucinant, une plongée en vue subjective dans le chaos d’un Manhattan attaqué par quelque chose d’énorme, une grosse bébête qui fout le bordel partout, détruit tout, et personne ne sait de quoi il s’agit. Le scénario a l’intelligence de ménager au début de l’histoire une introduction qui permet d’humaniser les personnages principaux, ce qui nous permettra de les accompagner volontiers sur le reste du métrage. Quand l’attaque survient, on a déjà oublié qu’on venait voir un film de destruction massive, les petites histoires de ces jeunes entrant dans la vie active nous passionnent suffisamment comme ça. Et puis l’impensable arrive. Impensable, parce qu’on n’y songe déjà plus. Inutile de vous dire que toute les cinq minutes quelque chose nous rappelle avec insistance les images encore vivaces du 11 septembre : les immeubles qui s’effondrent, les nuages de fumée, les gens qui errent dans les rues… tout est atrocement réaliste dans ce film. Le concept est d’ailleurs simple : le film est sensé être une cassette de caméscope retrouvée par l’armée dans Central Park, que l’on nous donnerait à visionner brute, sans montage. New York a été attaquée par un monstre d’une taille gigantesque, et a semé la panique et la mort partout sur son passage. Jamais le réalisateur ne déroge à cette règle de la caméra portée et de l’image du film. C’est énorme, quasiment inédit, mais c’est aussi la faiblesse du film. Attention, par faiblesse, je ne veux pas dire que ce film est inintéressant par moment, ça n’est jamais le cas. Non, mais le concept d’accompagner un groupe de personnages dans leur confrontation avec une catastrophe sans jamais recourir à un point de vue « divin », c'est-à-dire un point de vue global où l’on verrait toutes les forces en présence, a déjà été exploité. Il y a eu d’abord Cannibal holocaust, puis Blair Witch project... et bientôt Diary of the dead, REC, et Quarantine (remake de REC). Le film de « bobines récupérées » est d’ailleurs en passe de devenir un genre à part entière.

La guerre des mondes n’est pas un film de « bobines récupérées », mais il applique comme eux la règle du point de vue unique. En quoi est il alors un film bien plus définitif que Cloverfield ou Blair Witch ? Où y a-t-il une différence entre Cloverfield et la guerre des mondes ? Tout simplement dans la mise en scène. Dans Cloverfield, celle-ci consiste uniquement à faire caméra-vidéo-dans-les-mains-d’un-type-normal-confronté-à-ces-évènements-qui-le-dépassent : cadrages pourris, mouvements aberrants, tremblements, tout ça fait partie de la mise en scène. C’est très bien, c’est ce qui nous immerge dans le film. C’est donc une force du film. Mais je disais que c’est aussi sa grande faiblesse, parce que la mise en scène ne se limite qu’à ça. Dans La guerre des mondes, outre une caméra bien plus libre qu’à l’accoutumée, nous avons un réalisateur qui sait faire de l’image. Quelqu’un qui sait leur donner une signification symbolique, qui sait marquer les esprits. Ça fait partie de la mise en scène, et ça demande un talent certain. Dans Cloverfield, on ne trouve pas de moment glacial comparables à l’effroi qui s’empare de nous en voyant des cadavres flotter dans la rivière ou passer un train enflammé à pleine vitesse. Et on ne risque pas non plus d’avoir droit à un somptueux panoramique sur un paysage devenu rouge flamboyant. Au début de Cloverfield, on prend bien soin de mettre le caméscope dans les mains du simplet de service, assumant le fait que toutes les erreurs de cadrages et les bévues dans la manipulation du caméscope viendront uniquement de lui. (Il faut reconnaître que l’utilité dramatique du personnage est de moindre importance que celle des autres, alors le fait qu’on ne le voie pas ne joue pas en sa défaveur). Le scénario de Cloverfield s’applique trop à justifier ses faiblesses, alors que Spielberg les compense et les sublime grâce à sa mise en scène. Des résultats opposés pour des films qui partaient apparemment sur la même approche de mise en scène.

Ne vous méprenez pas, Cloverfield est un film superbe, qu’il faut absolument aller voir en salle. C’est une véritable expérience, et il serait dommage de ne pas la vivre sur grand écran. Mais il faut quand même relativiser sa qualité par rapport à La guerre des mondes, qui est probablement le premier chef d’œuvre de science fiction des années 2000.

Cloverfield est un bon film, une authentique expérience, mais je crois bien que je ne le reverrai pas.

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