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Snobisme geek  posté le jeudi 13 mars 2008 13:31

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Snobisme geek

Georges Lucas déclarait récemment dans « Vanity Fair » au sujet du quatrième Indiana Jones que « les fans allaient de toute façon éreinter le film », parce qu’ils « se sont fait leur propre film », et forcément, celui qu’ils verront ne correspondra pas à celui qu’ils fantasment. Résultat, il se fera dépecer. Beaucoup de sites internet et de journaux de cinéma ont repris cette citation, pour en faire une illustration revancharde de la soi-disante trahison du maître vis-à-vis de ses fans. N’est-ce pas Lucas qui a trahi ses fans en modifiant sa première trilogie, et, bouse suprême, en faisant une deuxième  trilogie ?

Il faut voir tout ce qu’il a dû endurer, le George. Par exemple, les titres de chaque film de la deuxième trilogie ont été amplement critiqués pour leur kitsch malvenu… m’enfin c’est vrai, la première trilogie, c’était du sérieux au moins !

Franchement, qui ose dire que « la guerre des étoiles », « l’empire contre-attaque » ou  « le retour du Jedi » ne sont pas des titres ringards ?

De même, les épisodes 1, 2 et 3 (les plus récents) ont été critiqués parce qu’ils utilisaient à outrance les effets spéciaux numériques… en opposition avec les « charmants effets spéciaux de plateau datés de la première trilogie »… Or, la première trilogie a utilisé autant qu’elle pouvait l’informatique ; Lucas l’aurait encore plus utilisée s’il avait pu ; mais les techniques n’étaient pas encore suffisamment au point pour rendre certains effets satisfaisants.

Autres critiques : les scénarios de la trilogie la plus récente sont nazes. Par pitié, revoyez la première trilogie sans y mettre vos souvenirs d’enfants, et constatez : il n’y a pas la moindre maturité dans aucun des trois films, même si le deuxième est un peu plus grave que les autres, tout est policé de manière à ce qu’un gosse de trois ans puisse bien tout comprendre, les arcs dramatiques des personnages sont ridiculement prévisibles, et les scènes de liesse à la fin du 4 et du 6 sont mièvres à souhait et tombent comme des cheveux sur la soupe.

Je me suis refait récemment les 6 épisodes à la suite, dans l’ordre chronologique, y compris les « clone wars » en dessin animé, et il n’y a pas à dire… à part l’épisode 1, qui est un peu ridicule, et en cela se rapproche beaucoup du Retour du Jedil’attaque des clones et  la revanche du sith  sont de petits chefs d’œuvre de noirceur shakespearienne. Tous les personnages sont bien plus creusés qu’aucun de ceux qui apparaissent dans la trilogie initiale. En fait, il faudra bien le reconnaître un jour, les épisodes 4,5 et 6 ne deviennent profond que grâce aux épisodes 1,2,3.

Plus j’y pense et plus je me dis que cette espèce de cabale lancée par les geeks de star wars contre Lucas n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme de snobisme : le snobisme geek.

 

Star wars n’est pas le seul film à être victime de ce genre d’excès idiot.

On se souvient en 1993 que des américains ont MANIFESTE (????) pour protester contre l’emploi de Tom Cruise en Lestat dans « Interview avec un Vampire »… (Encore à ce jour, le rôle de Lestat reste l’un des plus marquants de la carrière de Cruise). Y z’avaient rien d’autre à foutre, ce jour là ?

D’autres films sont constamment victimes de ce snobisme, qui devient énervant à la longue.

Terminator 3 en fait les frais à chaque fois, par exemple. Toute personne y faisant allusion n’oublie jamais de rappeler que c’est une merde ! Une merde ? Pour qui ? Pour le geek qui a bouffé du terminator 1 et 2 toute sa vie, et qui, à l’annonce de la sortie du n°3, a décidé qu’il détesterait le film parce que James Cameron n’est pas impliqué dans sa fabrication ? Por favor ! Ce film est une réussite ! Il fallait des couilles gigantesques pour s’attaquer à une telle mythologie, surtout vu le niveau de perfection des deux premiers films, et il fallait un talent fou pour parvenir au moins à faire un film correct. Et le film est plus que correct : on a droit à des scènes de destruction massive extrêmement bien filmées, un Schwarzie en grande forme pour son dernier baroud d’honneur, quelques idées formidables, comme un Terminator réduit à sa simple fonction d’outil de survie, sa reprogrammation par la terminatrix et le conflit intérieur qui s’ensuit… et des effets spéciaux qui ne sont pas en reste… une réussite, dans son genre. Pas l’immense merde que trop de gens s’époumonent à répéter chaque fois qu’ils le peuvent. Je suis un accroc de Terminator. Terminator 2 est le film qui a déclenché chez moi la passion du cinéma, je le considère comme un monument, je considère que 15 ans après, il n’a absolument pas pris une ride,  que l’utilisation des effets spéciaux n’a pas vieilli… que tout y est énorme : la lumière, le montage, le scénario… c’est un film indépassable ! Mais j’ai beau être fou des deux premiers, j’ai adoré Terminator 3 quand même. Jonathan Mostow a modestement repris la mythologie et la technologie à son compte pour nous offrir un grand spectacle dans la lignée des deux premiers. Il a joué l’humilité et n’a pas cherché à renouveler la saga, au risque de se ramasser comme un bleu. Le résultat est un film honnête, hyprabourrin, et même parfois amusant. Il a ses défauts, comme la plupart des films, mais les chefs-d’œuvre ne courent pas les rues non plus. Même James Cameron ne fait pas qu’aligner les chefs-d’œuvre, il n’y a qu’à voir True Lies. Toute cette cabale automatique au sujet de T3, c’est du snobisme geek aussi.

De même que celui qui écrase systématiquement Xmen3. « Brett Ratner l’a réalisé, donc c’est une merde ». Voilà ce que tout geek semble penser. Ok, je ne suis pas fan de Ratner non plus. Ce n’est pas un génie de la mise en scène, et son Dragon rouge est une vaste pantalonnade. Mais son Xmen 3 est une réussite, désolé. Et pas seulement par rapport aux autres films qu’il a réalisé. Il soutient très bien la comparaison avec les deux premiers. Je dirais même qu’il le surpasse dans les scènes d’action pure : chaque fois que Wolverine s’énerve et se met à massacrer, on comprend ce qui se passe. L’espace est très bien circonscrit, et les scènes très agréables à voir. Dans le Xmen n°2, désolé, mais lors de l’attaque de l’école, lorsque Wolverine se jette sur les troupes d’élite pour sauver Rogue, Iceman et Pyro, on ne peut interpréter ce qui se passe qu'après coup : la scène est en soi illisible. Evidemment, les personnages de X3 ne sont pas creusés. Mais on les a creusé pendant deux films entiers ! Le troisième film n’est qu’une grande confrontation, comme dans toutes les trilogies. Beaucoup trop de personnages importants se font trucider ? Qui dit que c’est la faute de Ratner ? Il n’est arrivé sur le projet qu’au dernier moment ! Ça m’étonnerait qu’il ait pu mettre son grain de sel dans des choses aussi importantes que celles-là. Le personnage d’Angel est traité de manière superficielle ? Je suis d’accord, mais pourquoi personne n’a reproché à Bryan Singer son traitement plus que superficiel de Colossus, qu’on voit en tout et pour tout 20 secondes dans l’opus n°2 ? Snobisme geek.

Et il y a d’autres films qui en souffrent : Alien 4, par exemple, en prend toujours beaucoup pour son grade, pour un film de cette qualité. Et même s’il n’est pas toujours parfaitement raccord avec les trois premiers films, arrêtons de l’accuser de trahison comme des pauvres idiots que nous sommes !

Entendons nous bien : je ne prends pas à tout prix la défense de Brett Ratner. C’est un réalisateur médiocre, et il le restera. Mais il faut reconnaître qu’il a fait un bon film avec Xmen3. De même, je ne critique pas Bryan Singer. Ses deux premiers Xmen sont de petits chefs-d’œuvre, avec leurs menus défauts, comme toute sa filmographie d’ailleurs (ahem, sauf peut-être Superman returns, qui n’est, disons gentiment, pas très bon…)

C’est devenu une tradition chez le geek snob : il faut détester certains films, quitte à ne pas voir la vérité en face. Dommage. J’ai parfois l’impression qu’Internet favorise beaucoup la diffusion de la doxa, cette fameuse opinion de la foule au sens le plus péjoratif du terme, c'est-à-dire l’opinion de gens qui parlent sans réfléchir et se montent la tête contre n’importe quoi, histoire d’apaiser leurs frustrations. Comme ça naissent les bouc-émissaires. Len Wiseman (Die Hard 4) et Bret Rattner en sont de gros. Dès qu’ils sont attachés à un projet relevant de l’univers geek, ça se met à hurler partout. Pourtant, il y a des réalisateurs équivalents, j’ai nommé Stephen Sommers (la momie 1 & 2), voire pires (Rob Cohen, auteur des vomitifs xXx, fast and furious, daylight), et j’en passe. Qui trouvent toujours des films pour geek à faire dans leur coin! S’il faut taper sur quelqu’un, tapons sur les producteurs qui osent donner les rênes de films très attendus à des mecs sans personnalités… et c’est ce qui risque bien d’arriver avec les prochains reboot de Conan et New York 1997

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La honte!  posté le mercredi 27 février 2008 09:02

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), La honte!

The mist ne sort même pas à Lyon. Du tout. Il n'est pas distribué dans l'une des trois plus grandes villes de France! Je n'arrive pas à le croire. Mais il le faut, pourtant. Depuis quelques mois, la situation empire au niveau de la distribution des films: il y a quelques années, tout nouveau film était visible à Lyon, à quelques exceptions notables près. De même, tout nouveau film pouvait plus ou moins être vu en VOST quelque part. On avait le choix.

Depuis à peu près un an, la situation se dégrade progressivement:il y a de moins en moins de films de genre visibles en VO. C'était pourtant si évident avant! Pourtant, depuis quelques temps, on attend avec appréhension la publication des horaires des salles de la semaine, en se demandant si les exploitants et les distributeurs auront la gentillesse (la décence?) de nous concéder une copie VO quelque part dans la ville.

ça avait commencé officiellement avec Master et Commander: une superbe grosse prod, que j'ai été obligé de voir en VF, à cause de la fermeture du seul cinéma qui faisait de la VO sur les blockbusters. La situation s'est tassée, on a commencé à prendre l'habitude de ne pas avoir le choix sur certains films. Ainsi, Halloween de Rob Zombie, John Rambo, Death Sentence, aujourd'hui Taken ont été ou sont impossible à voir en VO. 

Le sommet est atteint lorsque des films ne sont même pas distribués! ça a commencé il y a quelques semaines avec Eden Log, et ça se poursuit aujourd'hui avec The mist.

Le plus emmerdant, c'est que si vous regardez les programmes de chaque cinéma de la ville, à quelques exceptions près ils ont tous les mêmes 10 films! Même entre cinémas de même enseigne (UGC et UGC, ou entre PATHE voisins), ils ne cherchent même pas à se compléter!

La honte. 

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The legend of speed  posté le samedi 02 février 2008 14:59

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), The legend of speed

J’ai revu Entretien avec un vampire il y a quelque jour. Ça reste un très bon film, baroque, à l’univers incroyablement fouillé, des costumes et des décors hyper authentiques et une interprétation au cordeau. Au sortir du film, j’ai toujours, et c’est une performance de la part du réalisateur, l’impression d’avoir passé quelques centaines d’années en compagnie des personnages. Ces derniers temps, beaucoup de gens critiquent cette mode des vampires gothiques, sexuellement ambigus dans les années 90 (La reine des damnés,Vampire$, Bram Stoker’s Dracula, Un Vampire à Brooklyn…). Mais les quelques dernières tentatives de faire des vampires de simples monstres assoiffés de sang ne se sont pas soldées par de grands chefs-d’œuvre cinématographiques (30 jours de nuit). 

Mais ce n’est pas à cause des qualités du film que j’écris ce papier. Ni à cause de ses défauts d’ailleurs. Mais parce qu’il illustre assez bien l’évolution de la perception de l’image chez le spectateur en quelques années. En revoyant le film, je me suis rendu compte à quel point le montage de certains moments du film, qui me paraissaient fulgurants les premières fois où j’ai vu le film sont devenus poussifs 14 ans plus tard. Il s’agit d’une simple question de perception de la vitesse. Et on se rend compte qu’on s’habitue progressivement au montage rapide des scènes d’action, au point que ce qui paraissait rapide il y a des années ne l’est plus maintenant. C’est extrêmement visible dans plusieurs moments de l’histoire. Le moment où Louis (Brad Pitt), enragé de découvrir qu’il doit boire du sang humain soulève Lestat (Tom Cruise) et le pousse sur plusieurs dizaines de mètres contre un arbre était réellement fulgurant en 1994. De nos jours, on voit bien que Cruise est suspendu à des câbles, et les plans sont légèrement trop longs pour donner la même impression de violence qu'il y a 14 ans. Il y a aussi cette scène où les vampires de Paris emmènent Louis au fond des catacombes pour l’enterrer vivant : toute la violence, la vitesse, l’impressionnante rapidité de ce moment est devenue monnaie courante maintenant. La scène de la vengeance de Louis, où il découpe d’autres vampires à la faux me donnait l’impression que certains plans étaient quasi subliminaux, et malgré tout parfaitement perceptibles. Au bout du compte, ce sont des plans plus courts que la moyenne, mais loin d’être subliminaux… et pour finir, le moment à la fin du film où Pitt soulève Christian Slater et le colle au plafond. Au lieu d’être instantané comme je l’ai perçu à chaque vision du film dans les années 90, le plan où il le soulève est plutôt lent au regard des standards actuels.

Je suis au regret de dire que ce vieillissement du montage est valable y compris pour des films mythiques : le premier Die Hard, avec tout le respect que je lui dois, paraît bien plus lent aujourd’hui qu’au moment de sa sortie. Terminator 2, par contre n’a absolument pas vieilli depuis 1991. Chaque coupe semble être la seule et unique coupe possible, le rythme trouvé reste parfait, 15 ans après. Une performance intemporelle.

Ceci dit, l’impression de vitesse ne s’est jamais démentie non plus dans le montage des films de Michael Bay. C’est bien le seul réalisateur dont les films ont toujours l’air aussi syncopés depuis les années 90. Pas parce qu’ils sont géniaux, mais parce qu’ils ne respectent souvent pas les règles fondamentales du placement dans l’espace. Alors les scènes ne sont pas fluides, et étant filmées n’importe comment, on a toujours une impression kaléidoscopique. 2, 5, ou 13 ans après la sortie de Bad Boys, on a toujours mal à la tête en le voyant !

Un mythe circule au sujet du Rollerball de John McTiernan (2001), selon lequel le premier montage fourni jouait sur cette surenchère permanente dans la vitesse et le nombre de plans, puisqu’il a la réputation d’avoir « 11000 plans, soit cinq fois plus que du Michael Bay », selon le Mad Movies n°137. Les producteurs ont apparemment pris peur et imposé au réalisateur de faire un montage plus calme. La version que nous avons pu voir, qui sera la seule version que nous verrons jamais, était en 2001 absolument vertigineuse… mais j’ai pu la revoir récemment, et il m’a semblé qu’elle était déjà moins rapide qu’avant. Notre perception évolue. Imaginez l'effet que Rollerball pourrait faire à vos grands-parents qui ont vus leurs premiers films pendant la seconde guerre mondiale!

La question qui me taraude est: comment sera le montage d'un film d'action dans 25 ans, pour peu que le cinéma existe encore?  Il ne reste plus qu'à vivre assez longtemps pour le voir!

 

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Les promesses de Ledger  posté le mercredi 23 janvier 2008 11:09

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Les promesses de Ledger

Pourquoi la mort de Heath Ledger m’est-elle choquante ? Quelques jours avant, celle de Brad Renfro m’avait laissé plutôt froid… pourtant, les circonstances de leur décès sont les mêmes. Mais là, depuis une demi-heure, j’arpente le net pour être sûr que ce n’est pas une fausse info. Je ne veux pas y croire, ça m’emmerde trop. Cet acteur avait l’avenir devant lui ! C’est trop injuste !

Je vous épargne sa biographie complète (vous en trouverez une plutôt pas mal sur DVDrama), mais en résumant son CV, il était parti pour être une grande star. Pas dans le sens uniquement commercial, mais dans sa capacité à prendre des risques en tant qu’acteur, à se renouveler, et à ne pas être là où on l’attendait. Et surtout, son rôle du Joker dans le prochain Batman de Nolan (The Dark Knight) promettait d’en faire une icône reconnue du grand public, ce qu’il n’était pas encore tout à fait. Comme tout fan de Batman, je me disais que son rôle n’étant que secondaire dans cet opus, il allait revenir, bien plus important, dans le troisième film de la série, dans une sorte d’apothéose. Et puis il avait un autre projet avec Terry Gilliam, et Terrence Malick l'avait en tête de liste pour son prochain film. Autrement dit, ce garçon avait l’avenir devant lui, et il faisait déjà partie de mon avenir de cinéphile.

Tout ça vient juste d’être stoppé net, et j’en suis bien triste.

Je me souviens avoir été choqué de manière à peu près équivalente par la mort de River Phoenix. Un autre acteur sensible, trop certainement, extrêmement talentueux, dont la carrière était en train d’exploser, et qui ne l’a pas supporté. On attendait beaucoup de ces deux acteurs, trop certainement, et cela leur a rendu la vie trop difficile. 

Repose en paix, Heath Ledger.

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Le syndrome du sourcil parfait  posté le mardi 22 janvier 2008 13:59

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Le syndrome du sourcil parfait

La bande annonce de Doomsday fait très envie. C’est un mélange assez étrange entre New York 1997 (le plus grand film du monde, je ne le répèterai jamais assez) et de Mad Max2. Si le réalisateur ne fait pas un film « en hommage à » et se contente de faire une grosse série B « inspirée de », ça pourra être très marrant à regarder. Mais je ne parle pas de ce film à cause de la tonne de scènes de mitraillage et les quintaux de métal froissé qui le jalonneront. Ce film m’intéresse pour une raison  totalement annexe : son actrice principale, Rhona Mitra, en est à son deuxième film important, et son syndrome du sourcil parfait semble être terminé.

Qu’est-ce que c’est que ce « syndrome du sourcil parfait », me direz-vous ?

Mmh, je vous mets dans la confidence : c’est une maladie psychologique, une conséquence directe du culte de l’apparence. Après avoir galéré et bouffé de la vache bien maigre, certaines actrices finissent enfin par décrocher un rôle dans une production plus importante qui,  à défaut d’être de qualité, leur donnera plus de lisibilité. Il s’agit donc d’en jeter un maximum de manière à marquer les esprits. Il s’agit d’être la plus belle possible pour qu’on se souvienne de soi, à défaut de son talent éventuel, qui sera démontré, disons… plus tard. Donc, certaines jeunes femmes font des folies pour être jolies. Ça peut aller du petit ravalement de façade à un soudain grossissement des seins. Mais le truc le plus marrant que j’ai pu voir dans ce domaine, c’est ce que j’appelle maintenant le syndrome du sourcil parfait. En substance, ça se traduit par « j’ai un rôle important dans un gros film pour la première fois, alors je me fais refaire, redessiner et épiler les sourcils ».

Et parfois, c’est un ratage total !

Voyez The shooter pour avoir un aperçu de ce genre de catastrophe. Rhona Mitra y est l’assistante d’un grand ponte de la CIA qui file un coup de main au sidekick de service, qui lui-même filera un coup de main au héros, Mark Wahlberg. Ses sourcils sont tellement épilés que son visage en devient faux ! Elle donne l’impression d’avoir été complètement ravalée au botox ! Mais non. Après réflexion, et surtout après la bande-annonce de Doomsday où ses sourcils sont normaux, on se rend compte que ça n’est qu’une question d’épilation.

Un autre exemple ? Sandra Bullock. La première fois que nous avons eu le privilège de l’apercevoir dans un film hollywoodien ayant une chance de rayonner, ce fut dans Demolition man. Et paf ! Qui est donc parti se faire arranger le regard chez l’esthéticienne ? Et c’est bien dommage là aussi. Il y a une dissonance extraordinaire entre la candeur du jeu de la jeune femme et l’extrême sophistication –pour ne pas dire artificialité- de ses sourcils… et ça ne passe pas du tout à l’image. On ne s’y habitue jamais.

Un dernier exemple pour la route : dans 10.000 B.C. (la guerre du feu version Roland Emmerich, donc toute en finesse), Camilla Belle, le rôle principal féminin, est grandiosement liftée du sourcil. Dans un film qui prétend un minimum reconstituer le look des hommes dix mille ans avant Jésus Christ, ça fait super tache. Ceci dit, ils portent aussi tous des dreadlocks, alors, la crédibilité…

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