Accueil Date de création : 05/01/08 Dernière mise à jour : 26/10/09 13:29 / 52 articles publiés

Hecatombe d'articles

Le syndrome du sourcil parfait  (Hecatombe d'articles) posté le mardi 22 janvier 2008 13:59

La bande annonce de Doomsday fait très envie. C’est un mélange assez étrange entre New York 1997 (le plus grand film du monde, je ne le répèterai jamais assez) et de Mad Max2. Si le réalisateur ne fait pas un film « en hommage à » et se contente de faire une grosse série B « inspirée de », ça pourra être très marrant à regarder. Mais je ne parle pas de ce film à cause de la tonne de scènes de mitraillage et les quintaux de métal froissé qui le jalonneront. Ce film m’intéresse pour une raison  totalement annexe : son actrice principale, Rhona Mitra, en est à son deuxième film important, et son syndrome du sourcil parfait semble être terminé.

Qu’est-ce que c’est que ce « syndrome du sourcil parfait », me direz-vous ?

Mmh, je vous mets dans la confidence : c’est une maladie psychologique, une conséquence directe du culte de l’apparence. Après avoir galéré et bouffé de la vache bien maigre, certaines actrices finissent enfin par décrocher un rôle dans une production plus importante qui,  à défaut d’être de qualité, leur donnera plus de lisibilité. Il s’agit donc d’en jeter un maximum de manière à marquer les esprits. Il s’agit d’être la plus belle possible pour qu’on se souvienne de soi, à défaut de son talent éventuel, qui sera démontré, disons… plus tard. Donc, certaines jeunes femmes font des folies pour être jolies. Ça peut aller du petit ravalement de façade à un soudain grossissement des seins. Mais le truc le plus marrant que j’ai pu voir dans ce domaine, c’est ce que j’appelle maintenant le syndrome du sourcil parfait. En substance, ça se traduit par « j’ai un rôle important dans un gros film pour la première fois, alors je me fais refaire, redessiner et épiler les sourcils ».

Et parfois, c’est un ratage total !

Voyez The shooter pour avoir un aperçu de ce genre de catastrophe. Rhona Mitra y est l’assistante d’un grand ponte de la CIA qui file un coup de main au sidekick de service, qui lui-même filera un coup de main au héros, Mark Wahlberg. Ses sourcils sont tellement épilés que son visage en devient faux ! Elle donne l’impression d’avoir été complètement ravalée au botox ! Mais non. Après réflexion, et surtout après la bande-annonce de Doomsday où ses sourcils sont normaux, on se rend compte que ça n’est qu’une question d’épilation.

Un autre exemple ? Sandra Bullock. La première fois que nous avons eu le privilège de l’apercevoir dans un film hollywoodien ayant une chance de rayonner, ce fut dans Demolition man. Et paf ! Qui est donc parti se faire arranger le regard chez l’esthéticienne ? Et c’est bien dommage là aussi. Il y a une dissonance extraordinaire entre la candeur du jeu de la jeune femme et l’extrême sophistication –pour ne pas dire artificialité- de ses sourcils… et ça ne passe pas du tout à l’image. On ne s’y habitue jamais.

Un dernier exemple pour la route : dans 10.000 B.C. (la guerre du feu version Roland Emmerich, donc toute en finesse), Camilla Belle, le rôle principal féminin, est grandiosement liftée du sourcil. Dans un film qui prétend un minimum reconstituer le look des hommes dix mille ans avant Jésus Christ, ça fait super tache. Ceci dit, ils portent aussi tous des dreadlocks, alors, la crédibilité…

lien permanent

Les bandes-annonces dans la peau  (Hecatombe d'articles) posté le dimanche 20 janvier 2008 16:29

Je me suis longtemps demandé quel était l’intérêt de mettre les bandes annonces des films dans les bonus de DVD. La plupart du temps, je ne les regarde pas (les BA).

Et puis, récemment, je me suis souvenu de la sensation de joie intense et l’impatience insoutenable qui avait suivi lorsque j’ai vu pour la première fois la bande annonce de Waterworld sur Canal + dans le journal du cinéma, en 94 ou 95. Les types ne s’étaient pas beaucoup fatigués, ils avaient assemblé quelques scènes d’action sur le Carmina Burana de Carl Orff. Mais ça faisait son petit effet. Cette première impression m’a conduit à voir le film malgré les critiques, et malgré les gens autour de moi –heureusement. Je n’ai jamais revu cette bande-annonce par la suite, mais elle est restée gravée dans ma mémoire. J’avoue maintenant que lorsque je la revisionne sur le DVD, je revois à travers elle tous les sentiments mixés qui en découlaient.

Il y a peu de bandes annonces capables de créer une attente de cet ordre. Mais quand elles y arrivent, elles créent un tel plaisir de visionnage qu’il pourrait presque leur donner leur indépendance vis-à-vis du film dont elles font la promotion. Du coup, il m’arrive souvent de les revisionner après avoir revu le film dont elles sont tirées, lorsqu’elles m’ont marqué.

Pêle-mêle, en ce qui me concerne, les plus marquantes restent celle de Die Hard 3 (l’étrange souplesse des images, les punchlines décontractées de Willis), le teaser de Terminator 2 (filmé spécialement pour l’occasion, où l’on voyait une chaîne de fabrication de terminators, et qui se concluait sur Schwarzenegger sortant d’un moule), le teaser de L’attaque des clones (bruits de respiration de Darth Vador sur fondus au noir qui révèlent quelques images du film), le teaser des Rivières pourpres (une idée marketing risquée, mais grandiose ; extrêmement représentative de l’esprit du film). Ou la bande annonce de Sunshine, dont transpire tout l’aspect mystique du film (ah, la musique de Clint Mansell !). Celle de V pour Vendetta (en V.O., évidemment, avec son emblématique « Remember, remember, the fifth of november » qui me donne encore le frisson). Celle des Fils de l’homme également, qui retransmettait si fidèlement cet état d’esprit désespéré d’une civilisation au bord du gouffre qui sous-tend tout le film. Je sais aussi que je reverrai celle de I am Legend dès que j’aurai le DVD entre les mains (ah, la musique de Mansell !). Et il y en a un tas d’autres : Alien3, Constantine, Payback, Gangs of New York… une bonne bande annonce, c’est une petite œuvre d’art. Avec ses images, sa musique, et ses promesses.

 

Il y a par contre des bandes-annonce qu’il faut surmonter pour aller voir le film. Elles ne sont pas représentatives du film, et n’en donnent pas un aperçu attirant. La dernière d’entre elles fut celle d’Apocalypto de Mel Gibson. L’action avait l’air d’y être filmée maladroitement, la patine vidéo faisait peur, et l’ensemble ressemblait à un vague documentaire sur les Mayas. Mais connaissant la propension de Gibson à faire dans le viscéral, je suis allé voir le film malgré sa bande-annonce. Et je n’ai pas été déçu. Mais combien de gens ne sont pas allé le voir parce que le trailer les en a découragé ?

 

Et puis il y a les bandes-annonces mensongères. Celles qui vous montrent des morceaux de film que vous ne verrez jamais montés. La première bande annonce de Mr & Mrs Smith était de celles-là. Au beau milieu, on y voyait Brad Pitt et Angelina Jolie dans la scène du désert (celle où Brad explose au bazooka la cabane dans laquelle se planque Jolie). Dans le résumé, il nous était montré clairement  que les deux se reconnaissaient à ce moment en se voyant avec leurs jumelles. C’est un ressort dramatique important du film et il est regrettable de le montrer dans la bande-annonce, mais ok. Au bout du compte, dans le métrage, ils ne se reconnaissent pas du tout à ce moment, mais bien plus tard dans l’intrigue. Encore aujourd’hui, quand je revois le film, je me souviens de cette fausse idée véhiculée par le trailer, et ça me perturbe.

 

Pour attirer le chaland, il faut arriver à mettre assez de moments marquants dans le trailer, sans pour autant gâcher le spectacle au moment où il verra le film. Mais tout reste une question de réception du spectateur. Personnellement, lorsque j’ai déjà vu un gag dans la bande annonce, le plaisir m’est complètement retiré s’il n’y a rien de nouveau dans le film. Or, combien de fois ai-je vu ou entendu des gens exulter en disant à leur voisin « j’ai déjà vu ça ! » ou « ah je sais ! » à un moment où se profilait l’un de ces moments gâchés ?

Beaucoup, il faut avouer. Autrement dit, beaucoup de gens ne sont pas gênés par le fait de connaître déjà des moments-clés du film. Ils sont même contents de les voir arriver ! Les décideurs du marketing cinéma savent ce qu’ils font : ils ont dû faire de grosses études marketo-psychologiques, dont il est certainement ressorti qu’il y avait un camp majoritaire, et un camp minoritaire. Visiblement, la majorité aime savoir ce qui se passe dans un film. Donc, les bandes annonces se contentent la plupart du temps d’être de bêtes résumés du film, un peu plats, avec une musique empruntée à un autre film du même état d’esprit.

 

Mais il y en a des créatives, qui cherchent à représenter le film et son état d’esprit non pas en le résumant, mais en créant quelque chose de nouveau à partir des images glanées dans le film. Outre mes bande-annonces cultes citées plus haut, je pense à une bande-annonce qui m’avait marqué en son temps, parce qu’elle me donnait envie de voir le film alors que je savais très bien qu’il ne me plairait pas : il s’agit de la bande-annonce teaser de Taxi, premier du nom. Je ne suis pas fan de l’outrance comique à la française, façon De Funès ou Clavier dans ses basses œuvres, donc je n’ai effectivement pas aimé le film. Mais la bande-annonce était un petit chef-d’œuvre. Il y avait une accroche très calme, les flics au bord de l’autoroute, avec leur radar posé sur pied devant la voiture. Plusieurs véhicules se succédaient, tous plus lents les uns que les autres, puis passe le fameux taxi, si vite que le radar est soufflé et se casse la figure. S’ensuivait alors une série de cascades en musique, et il faut reconnaître, il y avait un certain humour derrière tout ça. C’est d’ailleurs une recette qui est devenue gimmick pour toute la série des Taxi.

La seconde bande annonce était plus représentative du film et de son humour outrancier, et elle m’amusait déjà beaucoup moins. Mais je suis allé voir le film à cause de la première !

Comme quoi, la première impression…

lien permanent

Le jour de la prise de conS.W.A.T.  (Hecatombe d'articles) posté le mercredi 16 janvier 2008 14:16

Je me souviens très précisément du jour où j’ai pris conscience que le cinéma d’action, c’était de l’histoire ancienne. C’était en 2003. SWAT venait juste de sortir, et comme un gros bourrin que je suis, je me suis précipité en salle pour le voir dès le premier jour.

Toute ma vie je me rappellerai de mon entrée dans la salle. Je suis arrivé en avance, mais la salle était déjà quasiment pleine. Le public était en effervescence. L’impatience suintait de tous les côtés. Un public majoritairement masculin, majoritairement adulte, mais qui ne voulait qu’une chose, la même que moi : de la baston avec des flingues.

C’est à ce moment que je me suis dit que ça faisait très longtemps que je n’avais pas vu cette impatience, longtemps que je n’avais pas vu autant de gens pour une séance de film d’action. Longtemps qu’on n’avait pas vu de film d’action qui promette de nous en mettre plein la vue.

Ce n’est pas avec celui-là qu’on a été servi, mais je suis sorti pour la première fois de la salle avec un petit sentiment de nostalgie. Jusque là, je m’étais toujours dit que les films d’action seraient toujours monnaie courante, qu’il en sortirait chaque année comme il sort chaque année tout un tas de comédies romantiques. Le cinéma d’action était immortel, évidemment !

J’étais allé voir un film dont j’espérais qu’il m’offrirait à voir un spectacle comparable à tous ces joyaux qui ont jalonné mon enfance : les Schwarzenegger, Stallone, Mel Gibson, Van Damme, Willis et cie. Et cette séance de S.W.A.T. m’a juste montré de manière définitive que les joyaux en question étaient passés de mode. Leur style décomplexé, leurs héros charismatiques et caricaturaux, les intrigues minimalistes faisant fi de tout politiquement correct dans le traitement de la violence, tout ça, c’était du passé.

Je vivais encore dans l’illusion naïve et autocentrée que le genre « action » était encore le genre préféré des p’tits jeunes, comme moi… mais je devais me rende à l’évidence, je commençais à me faire vieux.

 
 
        Cinq ans plus tard, alors que nous sommes en plein revival 80’s, et que par bonheur le film d’action fait partie des reliques déterrées par les nostalgiques, je m’accroche avec passion à ce qui sera probablement la toute dernière vague sérieuse de sorties de films du genre. Dans un ou deux ans, le film d’action à la eighties fera définitivement partie du passé. Nos gosses parleront de nos héros de cinéma comme nous avons parlé des héros de nos parents : Steve McQueen, Kirk Douglas, John Wayne ou Burt Lancaster : des vieux types dans des vieux films démodés. Et puis un jour, on parlera de ce genre comme d’une mode passagère : il y eut les films de gangster dans les 30’s, le film noir dans les 50’s, et le film d’action dans les 80’s, la satire et la parodie dans les 90’s… et dans les années 2000… la contrefaçon (je veux dire les remakes).

Ils feront partie de cette frange de films que plus personne ne regarde, parce qu’ils ne sont pas assez artistiques pour traverser le temps, et plus assez dans les goûts du grand public du moment pour être ressortis des bacs par quiconque autre que des nostalgiques ou des historiens.

 

            Mais hé, c’est pas si grave ! Il faut penser à la relève ! Et il y en a : Bourne est le premier* à avoir montré sa nouvelle voie au film d’action, et la franchise Bond, qui plus que jamais fait preuve d’une inouïe capacité d’adaptation à son époque, est bien partie pour reprendre le flambeau. Pas de quoi être triste, donc !

Une chose est sûre cependant. Nous sommes en train de voir les derniers films de nos héros préférés. Profitons-en avant que ça ne soit du passé !

 

*En réalité, le premier a avoir « vu » le futur du cinéma d’action et à nous en avoir fait profiter, c’est John McTiernan et son « Die Hard 3 ». Mais personne à Hollywood ne s’en est rendu compte ! Du coup, le premier film à avoir une réelle influence sur ses contemporains fut « la mémoire dans la peau », aussi injuste cela soit-il vis-à-vis de McTiernan.

lien permanent