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Death Race - La course à la mort de W. Anderson  posté le samedi 07 juin 2008 11:03

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Death Race - La course à la mort de W. Anderson

Je déteste Paul W. Anderson. C’est le type qui a raté Soldier, mon plus grand regret des années 90. A chaque fois que je revois ce film (parce que je le revois de temps en temps, histoire de me faire mal, et parce que je suis un immense fan de Kurt Russell), je ne peux m’empêcher d’imaginer à quoi ressemblerait le film s’il avait été réalisé par un vrai metteur en scène. Russell en homme injecté dès sa plus tendre enfance dans un programme d’entraînement de supersoldats, n’ayant jamais connu autre chose que l’entraînement et la guerre, qui se retrouve jeté de son unité pour obsolescence, il y avait de quoi faire un chef d’œuvre centré sur son personnage d’homme brisé. Anderson s’est contenté de fabriquer un pauvre film de SF mal foutu, aux costumes et effets spéciaux ringards, et dont les seuls bons moments sont la scène d’introduction et le jeu de Russell, qui parvient à faire passer de manière inouïe les frustrations de son personnages par le regard, dans un rôle presque muet.

Je déteste Paul W. Anderson aussi parce qu’il n’a fait que des films moyens, voire pourris : Event Horizon, (que je trouve pourri, même si certaines personnes l’aiment), Mortal Kombat, Resident Evil, et le premier Alien Versus Predator, qui est l’une des plus grandes bouses SF sorties ces dernières années.

Je déteste Paul W. Anderson, parce que c’est lui qui est en charge du remake de Death Race 2000, de Paul Bartel, produit en 1975 par Roger Corman. Ce film, qui relate les aventures d’un coureur automobile nommé « Frankenstein », engagé sur une course à travers les Etats-Unis où tous les coups son permis pour gagner des points, y compris écraser des passants, est un petit chef d’œuvre de mauvais goût. Au début, Tom Cruise était impliqué dans le projet, puis il s’est désisté. Paul W. Anderson sur ce long-métrage, c’était la promesse d’un filmage relativement foireux, d’effets gores gentillets et d’un politiquement correct rampant…

Et effectivement : le scénario a été revu de manière à ce que le personnage principal ne s’engage pas volontairement dans la course, mais qu’il y soit obligé. Un point en moins. En plus de ça, la course ne se déroule pas à travers les USA, ni même au milieu du public, mais dans une piste, de grande taille, mais fermée. Deux points en moins. La première photo du film parue sur le net était assez ridicule, montrant une pauvre tête de Jason Statham mal intégrée avec Photoshop au volant d’un véhicule dont l’intérieur rappelait fortement Mad Max 2. Trois point en moins.

Et pourtant, de nouvelles photos du films viennent de sortir sur le net, et elles me font terriblement envie : le look des bagnoles, (voir la photo ci-dessus), l’aspect très clos de la piste et le côté vieux et rouillé de l’ensemble sonne juste. Dans une interview récente donnée à JoBlo.com, Paul W. Anderson explique que sa principale influence pour ce film était Mad Max 2, qu’il se refuse à mettre les moindres images de synthèse pour les voitures, et qu’il ne veut pas non plus mettre un seul ralenti dans tout le film. Malgré tout le mal que je pense du réalisateur, ses choix artistiques sur Death Race titillent sincèrement mon intérêt. Je ne devrais pas avoir espoir, parce que je suis presque sûr qu’il va être déçu… mais quand-même ! Et puis, j’ai une tendresse particulière pour Jason Statham, l’angliche qui a réussi à faire ce que Vin Diesel s’escrime à devenir depuis dix ans sans y arriver : être une action star crédible.

Paul W. Anderson a donc pris l’absolu contre-pied des frères Waschowski sur leur Speed Racer (ils ont fait le choix du tout-image de synthèse, des effets de ralenti en veux-tu en voilà, et un casting pour le moins… décalé). Speed Racer ayant lamentablement échoué tant artistiquement que financièrement aux USA, on imagine que ces choix vont valoir à Death Race un meilleur score que la catastrophe des Waschowski. Il ne reste qu’à espérer que le film mérite l’audience qu’il va avoir.

…et voilà que je me mets à avoir envie de voir le prochain film de Paul W. Anderson ! Je dois être malade !

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Phénomènes ? Ou pas.  posté le mardi 03 juin 2008 09:43

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Phénomènes ? Ou pas.

Un nouvel espoir critique

Dans un paysage cinématographique dont la moindre histoire est devenue prévisible, où les bande annonces dévoilent des mois à l’avance toutes les articulation des scénarios, et où l’idée même de la surprise semble vouloir être bannie du système marketing, M. Night Shyamalan fait un peu figure de messie. Car c’est bien le seul à encore chercher à garder au spectateur la sensation de mystère jusqu’au bout dans ses productions.

Alors, bien sûr, chez lui, la révélation passe par un twist final, qui est devenu pratiquement un cliché de sa filmographie. Bien sûr aussi, le réal, plus ou moins seul dans sa partie, a commencé il y a quelques années à réellement se prendre pour le messie du film à suspense, et ça (les studios, les journalistes, les critiques, et pas mal de spectateurs) c’est volontiers retourné contre lui. Bien sûr, ses films courent toujours en équilibre sur la très fine frontière qui sépare la croyance du ridicule, nommée « la suspension d’incrédulité ». Mais avec des films comme Sixième sens, Incassable, Signes et le village, qui tous survivent très bien à des revisionnages répétés (ce qui est rarement le cas des films à twist), Shyamalan a toute ma confiance. Bien sûr, la jeune fille de l’eau m’a moins enthousiasmé que ses autres films… mais on ne peut pas appeler ça un faux pas, car c’était un film de bonne tenue. L’apprécier relevait non pas d’un jugement objectif, mais purement subjectif.

La première critique de Phénomènes parue dans Ecranlarge est absolument assassine, bien qu’il y ait très peu de choses à lire si l’on ne veut pas se gâcher la surprise (le texte est rempli de spoilers). Mais le peu que j’en ai lu confirme que l’auteur de la critique n’a pas accepté la résolution de l’histoire, comme il n’avait pas accepté celle de Signes à l’époque : « trop tiré par les cheveux ». (depuis, la critique a disparu du site pour une raison inconnue...) Et ben moi, bien qu’Athée, j’avais adoré le finale de Signes, qui du reste est l’un des films à suspense les mieux réalisés depuis… Hitchcock ? Soyons généreux, depuis Les dents de la mer. Je vais donner une chance à Phénomènes, parce que la bande annonce est terriblement attirante, glauque, remplie de possibilités dont on espère que Shyamalan sera capable de les développer.

A bientôt pour L'attaque de la critique!

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Les insoumis vont chevrotiner des gueules!  posté le vendredi 30 mai 2008 22:30

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Les insoumis vont chevrotiner des gueules!

L’affiche des insoumis est apparue pour la toute première fois pendant Cannes ; une affiche sombre, montrant des personnages aux gueules burinées, pas commodes et armés. A leur expression, on dirait qu'ils sentent la confrontation armée pointer le bout de son nez. Ils n'ont pas envie de s'y mettre, mais ils n’ont pas le choix : il va falloir en découdre.

Cette affiche suggère un programme à priori intéressant, donc !

La bande annonce du film de Claude Michel Rome, qui vient de sortir, donne encore un peu plus espoir, car elle confirme la direction prise par l'affiche : ça va chier. Ça ne sera pas le film du siècle, pour sûr, la lumière est un peu plate et le filmage ne paraît pas, à priori, casser trois pattes à un canard, mais ce n’est pas ce qu’on demande à un bon gros polar hardboiled.

Car ça a bien l’air d’être un bon gros polar hardboiled, ce film : l’histoire d’un flic (Richard Berry), apparemment revenu de tout, muté de force dans un commissariat du bout du monde, en pleine zone de « non droit », qui se découvre des collègues corrompus jusqu’à la moelle, et qui petit à petit remue la merde au nom de son éthique personnelle. La bande annonce nous laisse plus ou moins comprendre l’ensemble de la trame du film, y compris le grand finale, qui sera un bon vieux siège (le commissariat sera visiblement pris d’assaut par un gros tas de méchants). Ça peut paraître bizarre de tout dévoiler comme ça, mais à la réflexion c’est une bonne idée : c’est bien parce qu’il a l’air d’un bon gros western urbain que je vais aller le voir, ce film !

Un film de genre Français, qui plus est un peu burné, ça ne se refuse pas.

Rendez-vous le 11 juin pour la suite !

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Indy cristallisé (MIS A JOUR)  posté le vendredi 23 mai 2008 22:23

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Indy cristallisé (MIS A JOUR)

ATTENTION CET ARTICLE EST REMPLI DE SPOILERS – QUICONQUE TIENT A VOIR LE FILM SANS TROP EN CONNAÎTRE LES DETAILS DEVRAIT ATTENDRE D’AVOIR VU LE FILM AVANT DE S’Y PLONGER

1) Un nouvel espoir critique (24 février 2008)

 Indiana Jones ! Cette fois c’est vrai, ce n’est plus une rumeur, on ne peut plus en douter : un quatrième film est en post-production ! La preuve : des bouts du prochain Indiana Jones sont diffusés sur le net en guise de teaser ! Quiconque, comme moi, a grandi avec le docteur Jones sait ce que ça signifie. Star Wars, c’était bien, d’accord, mais le héros, le vrai, l’unique, le seul, le chapeauté, c’était Indy. Faire un nouvel Indy après 20 ans, c’était quand même osé. Ceci dit, Stallone a fait la même chose avec ses deux héros fétiche, et il a super bien réussi. Donc pourquoi pas ? Harrison Ford presque grabataire à 65 balais qui fait des cascades encore plus virtuoses qu’au moment de sa splendeur dans les années 80 ? M’en fous, je prends ! Et la première bande annonce est terrible à ce niveau. Je ne l’ai vue qu’une fois, c’était un pauvre screener tremblant, filmé en biais sur un écran lointain, mais ce que j’y ai vu a suffi pour me rassurer. Ça va être une bombe ! Des machineries encore plus tordues que dans « les aventuriers… » des méchants encore plus machiavéliques et typés que dans « …le temple maudit », des cascades épiques, et des relations entre les personnages aussi fouillées que dans « …la dernière croisade » ? Voilà mon espoir. Sera-t-il exaucé ou Indy sera-t-il la seconde victime cristallisée par le revival 80’s après John McLane ? Nous le saurons le 21 mai. Ce qui est sûr, c’est que je ne verrai plus une seule bande annonce avant la sortie du film. Pour une fois, je veux me garder l’émerveillement de la surprise.

La bande-annonce ici!

2) L’attaque de la critique (23 mai 2008)

ATTENTION SPOILERS SUR TOUT LE RESTE DE L'ARTICLE!!!

Décidément, plus on tente de faire revivre les vieilles icônes 80’s, plus on se rend compte qu’elles font partie d’un passé révolu… finalement, parmi tous ces n°4 qui déferlent depuis quelques temps, seul Rambo s’en sera sorti avec les honneurs (en attendant le cinquième, qui risque du coup de devenir une purge sans nom, déplaçant le problème de quelques années).

Si j’ai l’air désespéré après ma séance d’Indy 4, c’est parce que j’ai le sentiment que Spielberg n’a plus tellement le cœur à l’ouvrage. Plusieurs fois pendant le film, il semble en effet être complètement à cours d’idées pour mettre en scène ses personnages. C’est une première pour le metteur en scène, et c’est triste que cela lui arrive pendant le tournage du nouvel Indiana Jones. A moins que ce ne soit le symptôme d’un changement radical d’état d’esprit, celui d’un homme passé au stade mature de sa créativité pendant les années 90, et qui ne peut plus totalement revenir en arrière, et régresser au stade d’entertainer génial - et peut-être un peu creux - qu’il était pendant les années 80. Il l’a dit lui-même en interview, il lui a fallu se replonger dans l’état d’esprit qui le guidait lorsqu’il faisait les premiers Indy dans les années 80 pour effectuer ce tournage. Autrement dit, il n’était plus impliqué corps et âme dans l’aventure, mais il était dans la distance.

Et cela se sent, assez souvent dans le film, malheureusement.

Les premières critiques ont stigmatisé beaucoup de choses sur Indy 4, et bien que j’ai essayé d’en lire le minimum, j’ai eu vent du rejet par certains de la thématique « années 50 », du nœud de l’intrigue reposant sur des extraterrestres, du trop plein d’action, ou au contraire pour d’autres du trop peu d’action. J’étais prêt pour tout, je m’attendais à tout, et de toutes façons, concernant Indy, j’étais plus où moins prêt à accepter toutes les aberrations scénaristiques possibles sans ciller. Mais je ne m’attendais pas, surtout de la part de Spielberg, à ce que le problème vienne de la réalisation.

Comme je le disais, au bout du compte, je n’ai rien contre la thématique années 50. Bien au contraire : Indy a vieilli, il a bourlingué dans tous les sens, et il est maintenant un vieux monsieur avec un passé écrasant. L’ambiance parano des années de guerre froide est dépeinte plutôt malicieusement, et ça rend un peu nostalgique de voir ce bon vieil archéologue n’être plus qu’un pion jetable dans la société américaine.

Par ailleurs, que l’intrigue tourne autour d’une relique extraterrestre en a choqué plus d’un, mais je l’accepte aussi bien volontiers, car l’intrication recherches archéologiques / découverte des extraterrestres est suffisamment bien amenée pour la rendre crédible dans le contexte de l’histoire.

Il y a aussi ce petit côté « Indiana Jones et sa petite famille partent à l’aventure » qui crispe pas mal de gens, ce que je comprends car on y perd beaucoup de l’aspect héroïque pur du personnage, mais qui ne me pose pas plus de problème que ça.

Ce qui me gêne beaucoup dans ce film par contre, c’est que la suspension d’incrédulité, qui a toujours été violemment mise à contribution par les précédents opus, est complètement mise à mal, et cela plusieurs fois, dans ce dernier film. Je suis peut-être pointilleux, mais l’épisode du frigo qui vole, rebondit mille fois et permet à Indy de survivre à l’explosion nucléaire m’a vraiment refroidi au début du film.

Puis vint la fin de cette séquence en voitures – sur laquelle je reviendrai plus tard – où Marion, qui conduit, choisit volontairement et contre l’avis d’Indy, de balancer le véhicule du haut d’une falaise directement sur un arbre, qui se courbe sous le poids de l’engin et les dépose délicatement dans l’eau. Ce moment, comme l’épisode du frigo, m’a choqué. Tout bêtement parce que j’ai beau accepter des milliards de choses fantaisistes dans un film comme celui-là, je ne crois pas une seconde que Marion puisse poser volontairement sa voiture sur un arbre. A la limite, si ça avait été involontaire…

Ajoutons aussi ce moment où Mutt, poussé en dehors du véhicule pendant la poursuite en bagnole, se retrouve instantanément à jouer à la perfection au tarzan, au point d’arriver, volontairement, à finir sa course sur le véhicule des méchants et de sauver ses amis in extremis. C’est trop facile, ça sonne faux. Ils ont vraiment l’air d’avoir bâclé ce moment…

Quiconque lit ce papier sans être fan d’Indiana Jones doit me croire fou de pinailler sur des chose pareilles, mais la saga était parfaite de ce point de vue depuis le début : il n’y avait jusqu’alors jamais eu de faute de goût de ce genre. Et c’est décevant d’en voir plusieurs dans le numéro 4.

L’autre grande déception, c’est que pour la première fois aussi, on s’ennuie un peu pendant certaines scènes. Notamment durant ces longs couloirs dialogués dans les sous-sol du cimetière où Indy et Mutt trouvent le crâne de cristal. Toutes ces explications plan-plan, qu’est-ce que c’est chiant ! Et on enchaîne immédiatement sur les scènes où Indy est attaché à une chaise, et où trois ou quatre personnages défilent les uns après les autres pour pratiquement expliquer leur fonction dans l’histoire ! Quelle platitude ! Spielberg, même dans ses pires films, n’a absolument jamais commis ce genre d’erreur de débutant.

Mais on connaît aussi Spielberg pour sa capacité à utiliser les effets spéciaux avec une habileté qui frise le génie, et nous étions en droit d’attendre de lui de nouvelles prouesses dans ce nouvel Indy. Loin s’en faut, encore ! Si tout va bien sur le début du film, les effets se dégradent petit à petit, et deviennent carrément ridicules à plusieurs reprises durant la poursuite en voiture. Comme traditionnellement, il arrive tout un tas de trucs les plus surréaliste aux personnages, et c’est souvent enlevé et marrant, mais il y a quantité de plans dans cette scène dont les surimpressions en arrière-plan sont carrément ri-di-cules ! Ces effets sont moins biens foutus que ceux qui furent utilisés pour la poursuite en wagon de la fin du temple maudit en 84, c’est dire ! Et c’est triste. Et ne parlons pas des scènes finales, totalement réalisées sur fond vert, à tel point qu’on se croirait dans l’un des nouveaux épidodes de Star Wars, voire parfois (horreur !) dans le Van Helsing de Stephen Sommers.

Ce film a des défauts, donc. C’est indéniable, c’est pas si grave pour certains, mais c’est le premier de la saga à en accuser d’aussi visibles, et ça fait franchement mal à la fibre du fan…

Ceci dit, Shia Laboeuf - Mutt Williams incarne un rebelle en carton assez génial, et c’est dommage qu’il soit réduit à faire tapisserie sur toute la fin du film.

Les scènes de début, dans l’entrepôt et tous les efforts faits pour décrire le changement radical d’ambiance dû à la guerre froide, sont très savoureuses… si seulement l’épisode du frigo avait été plus finement amené !

Et pour finir, le personnage d’Irina Spalko, la méchante principale, est très creux, ce qui est plutôt triste pour un film de cette trempe.

J’arrête là ma diatribe. Mon article n’est qu’une liste des défauts que j’ai pu relever au fil du visionnage… et le film n'est pas une purge, loin de là! C'est un film enlevé, bourré de péripéties, qui respecte son credo consistant à rendre hommage aux serials des années 40 jusque dans son utilisation foireuse des effets spéciaux, avec de vraies fulgurances de réalisation (tout le début en est bourré, et la série d'énigmes à résoudre à la toute fin est assez bonne également). Mais il déboulonne aussi mon mythe Spielberg, et ça, ça fait un peu mal.

Spielberg est devenu un réalisateur dont le film le plus commercial de ces dernières années est un film de science fiction pessimiste, radical et métaphorique (la guerre des mondes)… revenir soudainement à une forme de cinéma uniquement vouée à l’entertainment a visiblement été un exercice difficile, et la réadaptation ne s’est pas faite sans mal. Le plus grand mérite de Spielberg jusqu’à ce jour a été de parvenir, grâce au génie de sa mise en scène, à donner une assise réaliste à toutes les situations les plus insensées que l’on puisse imaginer. A ce jeu, même dans ses films les plus faibles, comme Always ou Hook, il restait un maître absolu. Pour la toute première fois de sa carrière, dans Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, il échoue dans ce domaine.

Spielberg aurait il perdu la main, comme certains se le demandent ?

J’espère que non. Mais pour la toute première fois à son sujet, j’ai peur pour la suite.

L’article est négatif, la déception est là, il a bien fallu que j’analyse d’où elle venait, mais je ne peux pas m’empêcher de l’aimer quand même, ce film. Car c’est un Indiana Jones, quoi qu’on en dise ! Il est juste moins parfait que les trois autres.

Nous verrons si je change d’opinion en revoyant le film en vidéo. Rendez-vous dans six mois pour la revanche de la critique !

 

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Iron man - le climax de l'ère des geeks 80's (MIS A JOUR)  posté le lundi 05 mai 2008 17:00

Blog de hoke : Plein la gueule (Anthologie du film bourrin), Iron man - le climax de l'ère des geeks 80's (MIS A JOUR)

1-Un nouvel espoir critique (1er avril 2008)

Je ne me suis pas encore remis de la bande annonce d’Iron man. C’est la raison pour laquelle cet article est posté si tard… étrangement, je ne savais pas quoi dire, tellement elle m’avait choqué… en bien ! L’armure est superbe, Downey jr. a l'air génial en héros pince-sans-rire, et… même Gwyneth Paltrow est jolie.  Les effets spéciaux, et surtout l’animation de ces effets, donne vraiment le sentiment que la BD est fidèlement retranscrite à l’écran. La même sensation de vérité (pour autant qu’il puisse avoir de la vérité dans l’adaptation d’un Comic Marvel, mais on se comprend) se dégage que celle qui nous avait envahi lors de la sortie du premier X-men. La BD était là, devant nos yeux, jusque dans ses faiblesses scénaristiques ! Et c’était grandiose !

La bande annonce d’Iron Man m’a immédiatement donné l’impression que le film faisait partie de mon panthéon perso. Le problème était réglé, il n’y avait bizarrement plus d’attente. Ce film m’était déjà familier. Impressionnant, ce que Favreau a réussi à faire avec cette bande-annonce. Mais à double-trachant, aussi. Le film peut du coup devenir très décevant. Mais comme pour Indiana Jones reprenant du service, ce vieux rêve de voir Tony Stark prendre vie à l’écran risque de brouiller les cartes : que le film soit bon ou mauvais, je risque fort d’être complaisant…

Mais après tout, qui a dit que l’objectivité était reine dans ce blog ?

 

 2-L’attaque de la critique (5 mai 2008)

Avec le même enthousiasme ému que la bande annonce, j’ai vu Iron man. Avec le même aveuglement du geek qui voit l’un de ses rêves réalisés, j’ai ri à chaque trait d’humour, exulté à chaque allusion à la bande dessinée, admiré les effets spéciaux, négligé les raideurs de la mise en scène, pour sortir de la salle heureux comme un gamin de six ans après son premier Disney. Aucune objectivité, aucune capacité à l’analyse, j’ai pris le film en pleine poire avec la banane, pendant 2h20 paradisiaques. Donc oui, comme prévu, je suis totalement complaisant avec Iron man.

Décidément, nous vivons une période cinématographique qui ressemble à s’y méprendre au paradis des geeks. Toutes ces choses dont nous rêvions depuis des années, qui n’étaient restées qu’au stade de l’imagination, ces histoires de fin du monde, de superhéros en tout genre, de nains, d’elfes et de Hobbits, prennent lentement mais sûrement le chemin des salles. Mais avant même qu’il y ait un terme pour désigner les tordus dans mon genre, capables de passer un week-end à relire toutes la collection de BDs de Wolverine d’un trait pour se donner l’impression de l’unité de l’histoire, au lieu de sortir jouer au foot avec des copains qu’ils n’ont d’ailleurs pas, les geeks ont toujours eu pour particularité de vivre dans la marge. C’était une sorte de fierté d’être fan d’un truc que la moitié des gens regardaient d’un œil condescendant. Comme les fous, seul les geeks reconnaissent les geeks, d’ailleurs : il n’y avaient qu’à un geek que l’on pouvait raconter avec admiration sans avoir de retour moqueur que dans Kickboxer, Van Damme s’entraînait à renforcer ses tibias en frappant le tronc d’un arbre… et que sa némésis, Tong Po, s’entraînait en frappant un pilier de béton qu’il faisait trembler sur ses bases à chaque coup ! Parce que c’était notre univers, et qu’après tout, on n’avait pas forcément envie de le partager avec le commun des mortels.

D’où mon questionnement : maintenant que la culture geek des années 80-90 est sur le devant de la scène, qu'elle ’est devenue la culture dominante, pour ne pas dire officielle (mais on n’en est pas super loin), qu’est-ce qui peut bien servir de refuge au geek actuel  de 10-12 ans? Qu’est-ce qui est pour lui cet objet précieux, qu’il chérit presque seul dans son coin, et qui le poussera, plus tard, à faire partie d’une communauté de tordus dans son genre, et à se faire des amis pour qui la vie n’est pas expliquée par les infos de 13h à la télé, mais par une obscure sous-culture méprisée de tous ?

C’est là, encore, que je me rends compte que je commence à me faire vieux. Iron man, Spiderman, Xmen, c’est encore mon trip. Je vis leur éclatement au grand jour avec bonheur, parce que ces films me rappellent cette longue période où seuls les autres me percevaient comme solitaire : moi, j’avais mes livres, mes BDs et mon Amiga 500. Mais que pense le geek  des années 2000 de ces sorties massives de films de superhéros? Pour lui, tout ça n’est peut-être déjà que de la grosse culture de masse, le genre de film pop-corn que tout le monde aime mais que personne n’adore, le macdo du cinéma actuel. Honnêtement, je n’en sais rien… je ne connais pas de gosse solitaire qui joue tout seul dans son coin. Je ne sais pas ce qui, actuellement, construit le geek dont la culture deviendra dominante dans 15 ans.

Décidément, je me fais vieux !

…Et attendez de voir la complaisance crasse dans laquelle je me roulerai en voyant Indiana Jones 4 !

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