Accueil Date de création : 05/01/08 Dernière mise à jour : 26/10/09 13:29 / 52 articles publiés

Carnages critiques trilogiques

Speed racer – l’overdose numérique ? (MIS A JOUR)  (Carnages critiques trilogiques) posté le dimanche 27 juillet 2008 18:27

1- un nouvel espoir critique (02 mai 2008)

Voilà un film que j’irai voir uniquement par curiosité, et à cause des réalisateurs. Les acteurs ne me font absolument pas envie, les décors, les couleurs, l’esthétique générale, les costume, tout respire le kitsch horrible… pourtant, je suis curieux. Et je vais laisser aux frangins Waschowski le bénéfice du doute. Ils ont quand-même fait les Matrix et produit V for vendetta… ils méritent notre attention. Après tout, on pourrait avoir une bonne surprise !

Il n’y a pas que le kitsch de l’esthétique qui me gêne à vrai dire. Je n’ai jamais vu le dessin animé dont le film est adapté, mais apparemment, les frères W. cherchent à lui rester fidèle. Autant dans l’esthétique que dans les mouvements particulièrement fantaisistes dont la voiture est capable.La bande annonce nous en donne un échantillon représentatif particulièrement gratiné, et il faudra faire preuve d’une grande capacité à la suspension d’incrédulité pour accepter l’univers du film dans toute son originalité. Cela dit, si le dessin animé fait l’objet d’un culte, c’est qu’il a probablement quelques qualités (mais peut-être suis-je particulièrement naïf, là… il y a aussi un culte des chevaliers du zodiaque et de bioman…)

J’ai quand-même le sentiment que le film souffre du choix « tout numérique » : à part les acteurs, rien ou pas grand-chose n’est réel dans ses images. Et dans la bande-annonce du moins, ça se voit. Trop. Des voitures en synthèse qui volent, des pistes en synthèse, des ceci et des cela en synthèse… et les textures sautent quand même vachement aux yeux. Et puis au milieu de tout ce fatras numérique, il y a des têtes d’acteurs. Pas très convaincant.

Mais parfois, je suis un peu con, alors j’irai le voir quand-même.

Vous trouverez ici l’affiche teaser de Speed racer, en 3D (maintenez cliqué dessus et bougez votre souris droite-gauche-droite-gauche pour que ça marche).

2 - L'attaque de la critique (très en retard: 27 juillet 2008)

Speed Racer n’est pas l’hyper daube à laquelle on pouvait s’attendre, au vu des retours extrêmement négatifs que j’en avais eu avant, mais c’est un film qui pêche par excès.

Excès de guimauve, pour commencer : le couplet sur la famille unie qui lutte corps et âme contre les méchantes grandes corporations est louable vu que c’est un film produit par une major Hollywoodienne, mais c’est super lourdingue. Et ce n’est pas parce que nous sommes dans un film pour enfants qu’il faut leur faire subir ce genre d’idioties familiales.

Excès d’expérimentations visuelles ensuite : le film les pousse au-delà de celles du Hulk de Ang Lee. Mais à la place des split screens, on a des transitions par volets dont le volet est un personnage. L’idée est intéressante, mais sa surutilisation tout le long de l’histoire –y compris pendant les courses-  est épuisante. Car elles finissent par supplanter l’intérêt qu’on porte aux bolides, d’autant que ces courses sont finalement assez peu tendues. Elles ne sont pas mal, mais les enjeux sont finalement peu perceptibles ; plus que ce que l’on en dit, et plus que la podrace de l’Episode I de star wars, mais on est rarement crispé sur le fauteuil, à accompagner notre héros dans ses péripéties.

Toutes les sous-intrigues sont cousues de fil blanc. Speed racer souffre du syndrome habituel du film familial : il confond jeunesse et connerie. A prendre sa cible pour une débile mentale à laquelle il faut tout expliquer, la cible ne vient plus voir le film.

Les Waschowski n’ont pas fait que des erreurs, tout de même : il y a dans Speed Racer quelques expérimentations très intéressantes sur le temps et l’espace qui se télescopent, notamment lors de la toute première course, où Speed, plus que se battre contre ses concurrents, fait la course avec le fantôme de son frère, dont il revit le calvaire.

Comme prévu, l’esthétique bonbonnière kitsch de l’ensemble avec ces couleurs vives qui se télescopent, le choix de l’irréalisme absolu dans tous les domaines de l’environnement des personnages et le jeu plus que raide des acteurs instaurent une distance dont on ne peut pas se départir facilement, même avec beaucoup de bonne volonté. On voit donc tout ça de loin, sans s’y intéresser, et on regarde beaucoup le paysage défiler.

Néanmoins, le film se laisse relativement voir, surtout parce qu’il y a trois grosses courses dans le film, qui dynamisent une histoire dont aucun des enjeux ne nous intéresse.

Mais définitivement, ce qui crispe le plus sur Speed Racer, c’est le choix du tout numérique. Car bien souvent les effets les plus simples (insérer une matte painting derrière les personnages filmés au préalable sur fond vert) sont mal faits, et l’on y sent l’artificialité et les différences d’éclairage. La plupart du temps, ils sont plus mal faits que ceux du fameux Star Wars épisode I, qui remonte pourtant à quelques années. Et les acteurs, bien qu’ils s’en soient défendus pendant toute la campagne promo, sont vraiment mauvais dès qu’il s’agit de jouer devant un fond vert, autrement dit pendant TOUT le tournage !

Speed Racer est donc un film que l’on voit, et qu’on oublie immédiatement. Pour une œuvre qui revendiquait de manière si criarde sa différence esthétique, on peut dire que c’est un gros échec.

Question : hormis l’esthétique kitschissime, qu’est-ce qui fait que les gens ne sont pas allés voir le film ? Pressent-on en voyant la bande annonce que le film est idiot ? Les gens ont eu un bon instinct sur celui-là.

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Les insoumis vont chevrotiner des gueules! (MIS A JOUR)  (Carnages critiques trilogiques) posté le lundi 14 juillet 2008 19:53

1-Un nouvel espoir critique (mai 2008)

L’affiche des insoumis est apparue pour la toute première fois pendant Cannes ; une affiche sombre, montrant des personnages aux gueules burinées, pas commodes et armés. A leur expression, on dirait qu'ils sentent la confrontation armée pointer le bout de son nez. Ils n'ont pas envie de s'y mettre, mais ils n’ont pas le choix : il va falloir en découdre.

Cette affiche suggère un programme à priori intéressant, donc !

La bande annonce du film de Claude Michel Rome, qui vient juste de sortir, donne encore un peu plus espoir, car elle confirme la direction prise par l'affiche : ça va chier. Ça ne sera pas le film du siècle, pour sûr, la lumière est un peu plate et le filmage ne paraît pas, à priori, casser trois pattes à un canard, mais ce n’est pas ce qu’on demande à un bon gros polar hardboiled.

Car ça a bien l’air d’être un bon gros polar hardboiled, ce film : l’histoire d’un flic (Richard Berry), apparemment revenu de tout, muté de force dans un commissariat du bout du monde, en pleine « zone de non droit », qui se découvre des collègues corrompus jusqu’à la moelle, et qui petit à petit remue la merde au nom de son éthique personnelle. La bande annonce nous laisse plus ou moins comprendre l’ensemble de la trame du film, y compris le grand finale, qui sera un bon vieux siège (le commissariat sera visiblement pris d’assaut par un gros tas de méchants). Ça peut paraître bizarre de tout dévoiler comme ça, mais à la réflexion c’est une bonne idée : c’est bien parce qu’il a l’air d’un bon gros western urbain que je vais aller le voir, ce film !

Un film de genre Français, qui plus est un peu burné, ça ne se refuse pas.

Rendez-vous le 11 juin pour la suite !

 

2-L'attaque de la critique (14 juillet 2008)

La réalisation est parfois un peu molle, et alors ? Le jeu des acteurs n’est pas toujours à la pointe, et alors ? Les scènes d’action ne sont pas toujours-toujours à la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre, et alors ?

J’ai pris mon pied en voyant ce film. Les insoumis est très exactement ce qu’il promet d’être lorsqu’on en voit la bande-annonce : un bon vieux polar à l’ancienne, avec son héros torturé revenu de tout, ses ripoux en demande de rédemption, son ambiance western du bout du monde, et ses méchants aux sales gueules. Richard Berry fait des merveilles en vieux flic peu loquace. Agissant comme un catalyseur sur la mauvaise conscience de ses collègues du commissariat, qui à son contact cherchent à retrouver ce qu’ils ont oubliés d’être depuis longtemps : de vrais flics. Rien de bien nouveau donc, on reste dans le polar classique.

La petite touche supplémentaire de ce film, c’est l’esthétique western. Pour le coup, ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère : le décor est une zone industrielle glauque et désertique,  les personnages utilisent leur bagnole comme les cow-boys leur cheval, le héros est un drifter, un type sans attache qui débarque dans un patelin isolé pour y rétablir la justice, le film se conclue sur un assaut digne (façon de parler) de Rio Bravo… et les hommes on un sens de l’honneur et de la rédemption qui ne démérite pas face à n’importe quel western. Je ne serais pas surpris si les américains avaient d’ici peu l’idée de faire un remake de ce film. Si c’était le cas, d’ailleurs, j’irais le voir sans hésiter : des variations sur ce thème là, je m’en farcis volontiers tous les jours !

On sent bien cependant que le réalisateur, Claude-Michel Rome, réalisateur de téléfilms, a voulu être un peu ambitieux, notamment avec ces scènes où l’on voit Berry discuter au téléphone avec une femme issue de son passé, qui nous révèle au compte-goutte des informations permettant de reconstituer le traumatisme de son personnage. On sent que le réal aurait aimé en faire une sorte de matérialisation de la conscience au travail du personnage, mais ça ne prend pas. Ça ne peut pas prendre : le reste du film est tourné comme un bon vieux Belmondo des années 80, on ne peut pas se plonger dans un état d’esprit maladroitement arty au beau milieu de ces saillies macho ! Pas grave. On ne peut pas tout avoir, et ce film n’était pas taillé pour être un chef-d’œuvre. Juste un bon film d’exploitation, et c’en est un !

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Phénomènes ? Ou pas. (MIS A JOUR)  (Carnages critiques trilogiques) posté le samedi 12 juillet 2008 14:11

1 Un nouvel espoir critique (3 juin 2008)

Dans un paysage cinématographique dont la moindre histoire est devenue prévisible, où les bande annonces dévoilent des mois à l’avance toutes les articulation des scénarios, et où l’idée même de la surprise semble vouloir être bannie du système marketing, M. Night Shyamalan fait un peu figure de messie. Car c’est bien le seul à encore chercher à garder au spectateur la sensation de mystère jusqu’au bout dans ses productions.

Alors, bien sûr, chez lui, la révélation passe par un twist final, qui est devenu pratiquement un cliché de sa filmographie. Bien sûr aussi, le réal, plus ou moins seul dans sa partie, a commencé il y a quelques années à réellement se prendre pour le messie du film à suspense, et ça (les studios, les journalistes, les critiques, et pas mal de spectateurs) c’est volontiers retourné contre lui. Bien sûr, ses films courent toujours en équilibre sur la très fine frontière qui sépare la croyance du ridicule, nommée « la suspension d’incrédulité ». Mais avec des films comme Sixième sens, Incassable, Signes et le village, qui tous survivent très bien à des revisionnages répétés (ce qui est rarement le cas des films à twist), Shyamalan a toute ma confiance. Bien sûr, la jeune fille de l’eau m’a moins enthousiasmé que ses autres films… mais on ne peut pas appeler ça un faux pas, car c’était un film de bonne tenue. L’apprécier relevait non pas d’un jugement objectif, mais purement subjectif.

La première critique de Phénomènes parue dans Ecranlarge est absolument assassine, bien qu’il y ait très peu de choses à lire si l’on ne veut pas se gâcher la surprise (le texte est rempli de spoilers). Mais le peu que j’en ai lu confirme que l’auteur de la critique n’a pas accepté la résolution de l’histoire, comme il n’avait pas accepté celle de Signes à l’époque : « trop tiré par les cheveux ». (Depuis, la critique a disparu du site pour une raison inconnue...) Et ben moi, bien qu’Athée, j’avais adoré le finale de Signes, qui du reste est l’un des films à suspense les mieux réalisés depuis… Hitchcock ? Soyons généreux, depuis Les dents de la mer. Je vais donner une chance à Phénomènes, parce que la bande annonce est terriblement attirante, glauque, remplie de possibilités dont on espère que Shyamalan sera capable de les développer.

 

2 L’attaque de la critique (12 juillet 2008)

J’ai pris un peu de retard sur les critiques trilogiques, occupé que j’étais à m’extasier ou m’esclaffer sur les films de Chuck Norris… mais depuis, j’ai vu Phénomènes, Speed Racer et les Insoumis. Il est temps de rattraper le temps perdu : commençons par Phénomènes.

La première moitié de Phénomènes est plutôt réussie, presque à la hauteur des meilleurs films de son auteur. Shyamalan fait graduellement monter la tension, et nous enserre dans une ambiance étrange qui ne veut pas nous lâcher. Les personnages sont mieux définis que ce qu’en disaient la plupart des critiques, et quoi qu’on en pense, Mark Wahlberg est plutôt crédible en prof de lycée. Il est plutôt bon, même. Ce n’est pas évident de se coltiner un rôle presque totalement passif, et de lui donner un peu de charisme. Il le fait. Les critiques américaines et certaines en France écrasaient Wahlberg en disant qu’il jouait comme un pied, mais je ne crois pas que ce soit sa faute. C’est la combinaison entre un personnage passif et la réalisation très répétitive de Shyamalan qui desservent son interprétation. En effet, le réalisateur fait régulièrement des gros plans sur lui regardant le hors-champ avec l’air inquiet et perdu. Au bout du quatrième ou cinquième plan identique, on commence forcément à avoir l’impression qu’il joue toujours pareil. Mais c’est pas sa faute! c’est son réal qui lui demande de toujours faire la même chose ! Il est étonnant de la part d’un réalisateur aussi scrupuleux que Shyamalan de tomber dans la répétition dans un même film, et c’est bien dommage. Mais ce n’est pas la plus grosse erreur qu’il ait commise sur Phénomènes.

Avoir casté Zooey Deschanel EST la pire erreur qu’il ait jamais faite : elle est et restera probablement dans ce film un exemple de ce qu’il faut faire pour acquérir le statut peu envié de pire actrice du monde. Je n’avais jamais vu une actrice être si fausse dans toutes les émotions qu’elle a à exprimer : elle roule les yeux sans arrêt, elle est en décalage constant avec les autres acteurs, elle pense à autre chose au lieu de jouer… cette fille est une vraie catastrophe imprimée sur pellicule. Un critique américain disait avec humour qu’elle donnait l’impression de s’être pris un camion en pleine gueule avant chaque prise. Pourtant, elle avait une présence intéressante en instit du personnage principal dans Le secret de Térabithia, mais avec sa contre-performance de Phénomènes, elle vient de mettre probablement définitivement fin à sa carrière d’actrice. Il paraît qu’elle fait de la musique, tant mieux pour elle : elle pourra faire autre chose de sa vie, elle ne nous manquera pas.

L’idée de personnages ayant peur de souffles de vent me plaît. Elle est très intéressante, mais au final pas très bien exploitée. Et évidemment, comme souvent chez  Shyamalan, la suspension d’incrédulité est sauvagement prise à partie, et cette fois elle y laisse quelques plumes : l’explication donnée au fait que les plantes s’attaquent aux humains lorsqu’ils sont en groupe d’un certain nombre minimum est un peu tirée par les cheveux.

Mais surtout, c’est la classification R (interdit aux enfants de moins de 17 ans non accompagnés) qui me pose problème : on sent bien que Shyamalan s’est poussé à faire un film gore, « avec du sang et tout »… mais il détourne quand même presque toujours la caméra de la violence, ou s’arrange pour que les gerbes de sang soient en image de synthèse mal foutues, ce qui neutralise vite l’angoisse ou le dégoût. L’ambivalence des scènes est donc étrange : il se détourne, mais il regarde le sang couler. J’ai du mal à trouver ça convaincant.

Mais je suis un peu chiant : au final, Phénomènes n’est pas l’immense merde immonde que prétend Ecranlarge. C’est un film moyen, qui commence bien, et qui finit un peu bizarrement, avec la pire actrice du monde dedans, mais avec un acteur qui fait ce qu’il peut pour rattraper le coup. Un film fantastique aux images frappantes, qui ne tient pas  tout à fait ses promesses.

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Death Race - La course à la mort de W. Anderson  (Carnages critiques trilogiques) posté le samedi 07 juin 2008 11:03

Je déteste Paul W. Anderson. C’est le type qui a raté Soldier, mon plus grand regret des années 90. A chaque fois que je revois ce film (parce que je le revois de temps en temps, histoire de me faire mal, et parce que je suis un immense fan de Kurt Russell), je ne peux m’empêcher d’imaginer à quoi ressemblerait le film s’il avait été réalisé par un vrai metteur en scène. Russell en homme injecté dès sa plus tendre enfance dans un programme d’entraînement de supersoldats, n’ayant jamais connu autre chose que l’entraînement et la guerre, qui se retrouve jeté de son unité pour obsolescence, il y avait de quoi faire un chef d’œuvre centré sur son personnage d’homme brisé. Anderson s’est contenté de fabriquer un pauvre film de SF mal foutu, aux costumes et effets spéciaux ringards, et dont les seuls bons moments sont la scène d’introduction et le jeu de Russell, qui parvient à faire passer de manière inouïe les frustrations de son personnages par le regard, dans un rôle presque muet.

Je déteste Paul W. Anderson aussi parce qu’il n’a fait que des films moyens, voire pourris : Event Horizon, (que je trouve pourri, même si certaines personnes l’aiment), Mortal Kombat, Resident Evil, et le premier Alien Versus Predator, qui est l’une des plus grandes bouses SF sorties ces dernières années.

Je déteste Paul W. Anderson, parce que c’est lui qui est en charge du remake de Death Race 2000, de Paul Bartel, produit en 1975 par Roger Corman. Ce film, qui relate les aventures d’un coureur automobile nommé « Frankenstein », engagé sur une course à travers les Etats-Unis où tous les coups son permis pour gagner des points, y compris écraser des passants, est un petit chef d’œuvre de mauvais goût. Au début, Tom Cruise était impliqué dans le projet, puis il s’est désisté. Paul W. Anderson sur ce long-métrage, c’était la promesse d’un filmage relativement foireux, d’effets gores gentillets et d’un politiquement correct rampant…

Et effectivement : le scénario a été revu de manière à ce que le personnage principal ne s’engage pas volontairement dans la course, mais qu’il y soit obligé. Un point en moins. En plus de ça, la course ne se déroule pas à travers les USA, ni même au milieu du public, mais dans une piste, de grande taille, mais fermée. Deux points en moins. La première photo du film parue sur le net était assez ridicule, montrant une pauvre tête de Jason Statham mal intégrée avec Photoshop au volant d’un véhicule dont l’intérieur rappelait fortement Mad Max 2. Trois point en moins.

Et pourtant, de nouvelles photos du films viennent de sortir sur le net, et elles me font terriblement envie : le look des bagnoles, (voir la photo ci-dessus), l’aspect très clos de la piste et le côté vieux et rouillé de l’ensemble sonne juste. Dans une interview récente donnée à JoBlo.com, Paul W. Anderson explique que sa principale influence pour ce film était Mad Max 2, qu’il se refuse à mettre les moindres images de synthèse pour les voitures, et qu’il ne veut pas non plus mettre un seul ralenti dans tout le film. Malgré tout le mal que je pense du réalisateur, ses choix artistiques sur Death Race titillent sincèrement mon intérêt. Je ne devrais pas avoir espoir, parce que je suis presque sûr qu’il va être déçu… mais quand-même ! Et puis, j’ai une tendresse particulière pour Jason Statham, l’angliche qui a réussi à faire ce que Vin Diesel s’escrime à devenir depuis dix ans sans y arriver : être une action star crédible.

Paul W. Anderson a donc pris l’absolu contre-pied des frères Waschowski sur leur Speed Racer (ils ont fait le choix du tout-image de synthèse, des effets de ralenti en veux-tu en voilà, et un casting pour le moins… décalé). Speed Racer ayant lamentablement échoué tant artistiquement que financièrement aux USA, on imagine que ces choix vont valoir à Death Race un meilleur score que la catastrophe des Waschowski. Il ne reste qu’à espérer que le film mérite l’audience qu’il va avoir.

…et voilà que je me mets à avoir envie de voir le prochain film de Paul W. Anderson ! Je dois être malade !

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Indy cristallisé  (Carnages critiques trilogiques) posté le vendredi 23 mai 2008 22:23

ATTENTION CET ARTICLE EST REMPLI DE SPOILERS – QUICONQUE TIENT A VOIR LE FILM SANS TROP EN CONNAÎTRE LES DETAILS DEVRAIT ATTENDRE D’AVOIR VU LE FILM AVANT DE S’Y PLONGER

1) Un nouvel espoir critique (24 février 2008)

 Indiana Jones ! Cette fois c’est vrai, ce n’est plus une rumeur, on ne peut plus en douter : un quatrième film est en post-production ! La preuve : des bouts du prochain Indiana Jones sont diffusés sur le net en guise de teaser ! Quiconque, comme moi, a grandi avec le docteur Jones sait ce que ça signifie. Star Wars, c’était bien, d’accord, mais le héros, le vrai, l’unique, le seul, le chapeauté, c’était Indy. Faire un nouvel Indy après 20 ans, c’était quand même osé. Ceci dit, Stallone a fait la même chose avec ses deux héros fétiche, et il a super bien réussi. Donc pourquoi pas ? Harrison Ford presque grabataire à 65 balais qui fait des cascades encore plus virtuoses qu’au moment de sa splendeur dans les années 80 ? M’en fous, je prends ! Et la première bande annonce est terrible à ce niveau. Je ne l’ai vue qu’une fois, c’était un pauvre screener tremblant, filmé en biais sur un écran lointain, mais ce que j’y ai vu a suffi pour me rassurer. Ça va être une bombe ! Des machineries encore plus tordues que dans « les aventuriers… » des méchants encore plus machiavéliques et typés que dans « …le temple maudit », des cascades épiques, et des relations entre les personnages aussi fouillées que dans « …la dernière croisade » ? Voilà mon espoir. Sera-t-il exaucé ou Indy sera-t-il la seconde victime cristallisée par le revival 80’s après John McLane ? Nous le saurons le 21 mai. Ce qui est sûr, c’est que je ne verrai plus une seule bande annonce avant la sortie du film. Pour une fois, je veux me garder l’émerveillement de la surprise.

La bande-annonce ici!

2) L’attaque de la critique (23 mai 2008)

ATTENTION SPOILERS SUR TOUT LE RESTE DE L'ARTICLE!!!

Décidément, plus on tente de faire revivre les vieilles icônes 80’s, plus on se rend compte qu’elles font partie d’un passé révolu… finalement, parmi tous ces n°4 qui déferlent depuis quelques temps, seul Rambo s’en sera sorti avec les honneurs (en attendant le cinquième, qui risque du coup de devenir une purge sans nom, déplaçant le problème de quelques années).

Si j’ai l’air désespéré après ma séance d’Indy 4, c’est parce que j’ai le sentiment que Spielberg n’a plus tellement le cœur à l’ouvrage. Plusieurs fois pendant le film, il semble en effet être complètement à cours d’idées pour mettre en scène ses personnages. C’est une première pour le metteur en scène, et c’est triste que cela lui arrive pendant le tournage du nouvel Indiana Jones. A moins que ce ne soit le symptôme d’un changement radical d’état d’esprit, celui d’un homme passé au stade mature de sa créativité pendant les années 90, et qui ne peut plus totalement revenir en arrière, et régresser au stade d’entertainer génial - et peut-être un peu creux - qu’il était pendant les années 80. Il l’a dit lui-même en interview, il lui a fallu se replonger dans l’état d’esprit qui le guidait lorsqu’il faisait les premiers Indy dans les années 80 pour effectuer ce tournage. Autrement dit, il n’était plus impliqué corps et âme dans l’aventure, mais il était dans la distance.

Et cela se sent, assez souvent dans le film, malheureusement.

Les premières critiques ont stigmatisé beaucoup de choses sur Indy 4, et bien que j’ai essayé d’en lire le minimum, j’ai eu vent du rejet par certains de la thématique « années 50 », du nœud de l’intrigue reposant sur des extraterrestres, du trop plein d’action, ou au contraire pour d’autres du trop peu d’action. J’étais prêt pour tout, je m’attendais à tout, et de toutes façons, concernant Indy, j’étais plus où moins prêt à accepter toutes les aberrations scénaristiques possibles sans ciller. Mais je ne m’attendais pas, surtout de la part de Spielberg, à ce que le problème vienne de la réalisation.

Comme je le disais, au bout du compte, je n’ai rien contre la thématique années 50. Bien au contraire : Indy a vieilli, il a bourlingué dans tous les sens, et il est maintenant un vieux monsieur avec un passé écrasant. L’ambiance parano des années de guerre froide est dépeinte plutôt malicieusement, et ça rend un peu nostalgique de voir ce bon vieil archéologue n’être plus qu’un pion jetable dans la société américaine.

Par ailleurs, que l’intrigue tourne autour d’une relique extraterrestre en a choqué plus d’un, mais je l’accepte aussi bien volontiers, car l’intrication recherches archéologiques / découverte des extraterrestres est suffisamment bien amenée pour la rendre crédible dans le contexte de l’histoire.

Il y a aussi ce petit côté « Indiana Jones et sa petite famille partent à l’aventure » qui crispe pas mal de gens, ce que je comprends car on y perd beaucoup de l’aspect héroïque pur du personnage, mais qui ne me pose pas plus de problème que ça.

Ce qui me gêne beaucoup dans ce film par contre, c’est que la suspension d’incrédulité, qui a toujours été violemment mise à contribution par les précédents opus, est complètement mise à mal, et cela plusieurs fois, dans ce dernier film. Je suis peut-être pointilleux, mais l’épisode du frigo qui vole, rebondit mille fois et permet à Indy de survivre à l’explosion nucléaire m’a vraiment refroidi au début du film.

Puis vint la fin de cette séquence en voitures – sur laquelle je reviendrai plus tard – où Marion, qui conduit, choisit volontairement et contre l’avis d’Indy, de balancer le véhicule du haut d’une falaise directement sur un arbre, qui se courbe sous le poids de l’engin et les dépose délicatement dans l’eau. Ce moment, comme l’épisode du frigo, m’a choqué. Tout bêtement parce que j’ai beau accepter des milliards de choses fantaisistes dans un film comme celui-là, je ne crois pas une seconde que Marion puisse poser volontairement sa voiture sur un arbre. A la limite, si ça avait été involontaire…

Ajoutons aussi ce moment où Mutt, poussé en dehors du véhicule pendant la poursuite en bagnole, se retrouve instantanément à jouer à la perfection au tarzan, au point d’arriver, volontairement, à finir sa course sur le véhicule des méchants et de sauver ses amis in extremis. C’est trop facile, ça sonne faux. Ils ont vraiment l’air d’avoir bâclé ce moment…

Quiconque lit ce papier sans être fan d’Indiana Jones doit me croire fou de pinailler sur des chose pareilles, mais la saga était parfaite de ce point de vue depuis le début : il n’y avait jusqu’alors jamais eu de faute de goût de ce genre. Et c’est décevant d’en voir plusieurs dans le numéro 4.

L’autre grande déception, c’est que pour la première fois aussi, on s’ennuie un peu pendant certaines scènes. Notamment durant ces longs couloirs dialogués dans les sous-sol du cimetière où Indy et Mutt trouvent le crâne de cristal. Toutes ces explications plan-plan, qu’est-ce que c’est chiant ! Et on enchaîne immédiatement sur les scènes où Indy est attaché à une chaise, et où trois ou quatre personnages défilent les uns après les autres pour pratiquement expliquer leur fonction dans l’histoire ! Quelle platitude ! Spielberg, même dans ses pires films, n’a absolument jamais commis ce genre d’erreur de débutant.

Mais on connaît aussi Spielberg pour sa capacité à utiliser les effets spéciaux avec une habileté qui frise le génie, et nous étions en droit d’attendre de lui de nouvelles prouesses dans ce nouvel Indy. Loin s’en faut, encore ! Si tout va bien sur le début du film, les effets se dégradent petit à petit, et deviennent carrément ridicules à plusieurs reprises durant la poursuite en voiture. Comme traditionnellement, il arrive tout un tas de trucs les plus surréaliste aux personnages, et c’est souvent enlevé et marrant, mais il y a quantité de plans dans cette scène dont les surimpressions en arrière-plan sont carrément ri-di-cules ! Ces effets sont moins biens foutus que ceux qui furent utilisés pour la poursuite en wagon de la fin du temple maudit en 84, c’est dire ! Et c’est triste. Et ne parlons pas des scènes finales, totalement réalisées sur fond vert, à tel point qu’on se croirait dans l’un des nouveaux épidodes de Star Wars, voire parfois (horreur !) dans le Van Helsing de Stephen Sommers.

Ce film a des défauts, donc. C’est indéniable, c’est pas si grave pour certains, mais c’est le premier de la saga à en accuser d’aussi visibles, et ça fait franchement mal à la fibre du fan…

Ceci dit, Shia Laboeuf - Mutt Williams incarne un rebelle en carton assez génial, et c’est dommage qu’il soit réduit à faire tapisserie sur toute la fin du film.

Les scènes de début, dans l’entrepôt et tous les efforts faits pour décrire le changement radical d’ambiance dû à la guerre froide, sont très savoureuses… si seulement l’épisode du frigo avait été plus finement amené !

Et pour finir, le personnage d’Irina Spalko, la méchante principale, est très creux, ce qui est plutôt triste pour un film de cette trempe.

J’arrête là ma diatribe. Mon article n’est qu’une liste des défauts que j’ai pu relever au fil du visionnage… et le film n'est pas une purge, loin de là! C'est un film enlevé, bourré de péripéties, qui respecte son credo consistant à rendre hommage aux serials des années 40 jusque dans son utilisation foireuse des effets spéciaux, avec de vraies fulgurances de réalisation (tout le début en est bourré, et la série d'énigmes à résoudre à la toute fin est assez bonne également). Mais il déboulonne aussi mon mythe Spielberg, et ça, ça fait un peu mal.

Spielberg est devenu un réalisateur dont le film le plus commercial de ces dernières années est un film de science fiction pessimiste, radical et métaphorique (la guerre des mondes)… revenir soudainement à une forme de cinéma uniquement vouée à l’entertainment a visiblement été un exercice difficile, et la réadaptation ne s’est pas faite sans mal. Le plus grand mérite de Spielberg jusqu’à ce jour a été de parvenir, grâce au génie de sa mise en scène, à donner une assise réaliste à toutes les situations les plus insensées que l’on puisse imaginer. A ce jeu, même dans ses films les plus faibles, comme Always ou Hook, il restait un maître absolu. Pour la toute première fois de sa carrière, dans Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, il échoue dans ce domaine.

Spielberg aurait il perdu la main, comme certains se le demandent ?

J’espère que non. Mais pour la toute première fois à son sujet, j’ai peur pour la suite.

L’article est négatif, la déception est là, il a bien fallu que j’analyse d’où elle venait, mais je ne peux pas m’empêcher de l’aimer quand même, ce film. Car c’est un Indiana Jones, quoi qu’on en dise ! Il est juste moins parfait que les trois autres.

Nous verrons si je change d’opinion en revoyant le film en vidéo. Rendez-vous dans six mois pour la revanche de la critique !

 

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