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Babylon AD est un cas typique : LE film de 2008 qu’il fallait absolument détester, de la même manière que Waterworld était le film à descendre en 1995.
Pourquoi ?
Parce que la production ne s’est pas déroulée comme il fallait, parce que le film était produit par la Fox-scissorhands, parce que son réalisateur lui-même le reniait, et parce qu’il fallait se trouver un bon bouc émissaire pour l’année en cours.
J’attendais ce film avec impatience : un film d’anticipation réalisé par Kassovitz avec ce bon gros bourrin de Vin Diesel dedans, ça promettait de faire des étincelles. Quelles que soient les rumeurs qui couraient sur le film, résistant au reniement de Kassovitz, je suis allé le voir. Après tout, les producteurs n’ont pas toujours le mauvais rôle, dans le montage. La version longue de l’Alien3 de Fincher, même si elle ne correspond pas plan pour plan avec la vision de Fincher au départ, est plutôt maladroite et ennuyeuse : je préfère la version du studio !
Et bien au bout du compte, lorsque le générique de fin s’est mis à défiler, la première chose que je me suis exclamé, c’est quelque chose comme « mais il est pas mal du tout, ce film ! Qu’est-ce qu’ils ont tous à le pourrir, comme ça !? »
Parce que finalement, Babylon AD est un bon petit film d’anticipation bourrin comme j’aimerais bien en voir plus souvent…
Evidemment, il vient après le premier grand classique du 21e Siècle, les fils de l’homme, et sur un sujet similaire se fait lamentablement écraser.
Evidemment, la fin est un peu confuse
Evidemment, avant de tourner, Kassovitz se la pétait peut-être un peu trop avec son super film d’anticipation qui allait renouveler la grammaire cinématographique…
Mais Vin Diesel n’a jamais été meilleur que dans ce film !
Les autres interprètes sont super bien dirigés !
La réalisation est d’une souplesse que j’aimerais tellement trouver chez les autres réalisateurs français !
Et surtout, si on en croit les monstrueux problèmes de production qu’ont rencontré les artisans oeuvrant sur ce film (une star souvent en retard de plusieurs heures sur le plateau, des producteurs exécutifs qui ne faisaient pas leur boulot, des décors notés comme « prêts » sur le planning et qui s’avéraient n’être même pas commencés en arrivant sur place, et pour finir les avocats de la Fox sur le râble pendant toute la durée du film), je trouve incroyable que Kassovitz ait été capable de rendre une copie qui reste agréable à regarder.
Je l’ai revu à sa sortie en DVD, et force est de constater que le film résiste bien à une seconde vision. C’est un film estampillé bourrin qui se reverra volontiers comme une bonne série B pendant encore longtemps !
Babylon AD souffre du même syndrôme que Waterworld en son temps : son réalisateur le renie (Kevin Reynolds s’était fait virer du tournage pour être remplacé par Costner, qui avait tourné des scènes additionnelles, ce qui l’avait conduit à renier le film), le tournage a été chaotique et largement relayé par la presse, et on avait déjà vu le chef-d’œuvre définitif du genre des années auparavant (Mad Max en l’occurrence).
Alors évidemment, Babylon AD ne sera jamais LE chef-d’œuvre crânement annoncé par son auteur pendant la période de pré-production. Mais le chef-d’œuvre sur ce sujet, on l’avait eu trois ans avant avec les fils de l’homme. Tout ce qu’il restait à faire, ce sont de petit succédanés sous forme de série B, qui exploitent le filon tout en essayant d’offrir un bon moment au spectateur.
Babylon AD m’a offert ça, je ne lui en demande pas plus. Comme Waterworld en 1995.


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