Accueil Date de création : 05/01/08 Dernière mise à jour : 26/10/09 13:29 / 52 articles publiés

Monocritiques explosives

Il faut sauver Babylon AD  (Monocritiques explosives) posté le lundi 26 octobre 2009 13:29

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Babylon AD est un cas typique : LE film de 2008 qu’il fallait absolument détester, de la même manière que Waterworld était le film à descendre en 1995.

Pourquoi ?

Parce que la production ne s’est pas déroulée comme il fallait, parce que le film était produit par la Fox-scissorhands, parce que son réalisateur lui-même le reniait, et parce qu’il fallait se trouver un bon bouc émissaire pour l’année en cours.

J’attendais ce film avec impatience : un film d’anticipation réalisé par Kassovitz avec ce bon gros bourrin de Vin Diesel dedans, ça promettait de faire des étincelles. Quelles que soient les rumeurs qui couraient sur le film, résistant au reniement de Kassovitz, je suis allé le voir. Après tout, les producteurs n’ont pas toujours le mauvais rôle, dans le montage. La version longue de l’Alien3 de Fincher, même si elle ne correspond pas plan pour plan avec la vision de Fincher au départ, est plutôt maladroite et ennuyeuse : je préfère la version du studio !

Et bien au bout du compte, lorsque le générique de fin s’est mis à défiler, la première chose que je me suis exclamé, c’est quelque chose comme « mais il est pas mal du tout, ce film ! Qu’est-ce qu’ils ont tous à le pourrir, comme ça !? »

Parce que finalement, Babylon AD est un bon petit film d’anticipation bourrin comme j’aimerais bien en voir plus souvent…

Evidemment, il vient après le premier grand classique du 21e Siècle, les fils de l’homme, et sur un sujet similaire se fait lamentablement écraser.

Evidemment, la fin est un peu confuse

Evidemment, avant de tourner, Kassovitz se la pétait peut-être un peu trop avec son super film d’anticipation qui allait renouveler la grammaire cinématographique…

Mais Vin Diesel n’a jamais été meilleur que dans ce film !

Les autres interprètes sont super bien dirigés !

La réalisation est d’une souplesse que j’aimerais tellement trouver chez les autres réalisateurs français !

Et surtout, si on en croit les monstrueux problèmes de production qu’ont rencontré les artisans oeuvrant sur ce film (une star souvent en retard de plusieurs heures sur le plateau, des producteurs exécutifs qui ne faisaient pas leur boulot, des décors notés comme « prêts » sur le planning et qui s’avéraient n’être même pas commencés en arrivant sur place, et pour finir les avocats de la Fox sur le râble pendant toute la durée du film), je trouve incroyable que Kassovitz ait été capable de rendre une copie qui reste agréable à regarder.

Je l’ai revu à sa sortie en DVD, et force est de constater que le film résiste bien à une seconde vision. C’est un film estampillé bourrin qui se reverra volontiers comme une bonne série B pendant encore longtemps !

Babylon AD souffre du même syndrôme que Waterworld en son temps : son réalisateur le renie (Kevin Reynolds s’était fait virer du tournage pour être remplacé par Costner, qui avait tourné des scènes additionnelles, ce qui l’avait conduit à renier le film), le tournage a été chaotique et largement relayé par la presse, et on avait déjà vu le chef-d’œuvre définitif du genre des années auparavant (Mad Max en l’occurrence).

Alors évidemment, Babylon AD ne sera jamais LE chef-d’œuvre crânement annoncé par son auteur pendant la période de pré-production. Mais le chef-d’œuvre sur ce sujet, on l’avait eu trois ans avant avec les fils de l’homme. Tout ce qu’il restait à faire, ce sont de petit succédanés sous forme de série B, qui exploitent le filon tout en essayant d’offrir un bon moment au spectateur.

Babylon AD m’a offert ça, je ne lui en demande pas plus. Comme Waterworld en 1995.

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Une vraie bonne director's cut: les larmes du soleil  (Monocritiques explosives) posté le lundi 26 octobre 2009 08:58

Il y a quelques temps, je trifouillais dans les bacs de l'un de mes magasins de DVD préférés à la recherche d'une perle rare, quand je suis tombé en profonde hésitation devant la director's cut des larmes du soleil.

j'avais vu la version cinéma au moment de sa sortie, et le moins que l'on puisse en dire, c'est que je m'étais quand même bien fait chier devant un tel amoncellement de clichés sur la guerre humanitaire à l'américaine. La performance des acteurs principaux (Willis et Bellucci) était rien moins que caricaturale, et aucun des personnages secondaires n'avait assez d'espace pour exister. Rien dans le souvenir que j'avais du film les larmes du soleil ne pouvait moins m'encourager à acquérir la version longue de ce film, ormis l'idée de rallonger ma torture d'une bonne vingtaine de minutes.

Et pourtant, j'ai hésité. Longtemps. La faute à Ridley Scott et Oliver Stone. Ces deux réalisateurs ont en effet le point commun d'avoir commis respectivement Kingdom of Heaven et Alexandre, dont les versions courtes sortie au cinéma n'avaient rien de convaincant et souffraient des mêmes problèmes narratifs que cette version conchiée des larmes du soleil: action partout, personnages transparents et récit expédié. Or, leurs versions longues se sont avérées être de véritables chefs-d'oeuvre. Et je ne mâche pas mes mots: Alexandre et Kingdom of heaven ne doivent être vus qu'en version longue. Ils n'ont été pensé qu'au format épique, et cette ampleur ne pouvait pas se développer sur 1h45. Le doute m'assiegeait donc: à la lumière des versions longues de ces deux chefs-d'oeuvres, était-il possible que les larmes du soleil bénéficient réellement des 18 minutes additionnelles promises sur la jaquettes? Antoine Fuqua n'a pas la trempe d'un Scott ou d'un Stone... Au final, vu le prix assez faible du DVD, j'ai décidé de donner sa chance au bidule.

Bien m'en a pris! Car la version longue des larmes du soleil comble tous les vides qui rendaient ce film chiant dans sa version ciné. Une fois n'est pas coutume, la director's cut des larmes du soleil n'est pas une de ces sempiternelles versions longues foutages de gueule comme les éditeurs ont maintenant coutume de nous en chier régulièrement, mais un film réellement amplifié par les scènes qui lui ont été ajoutées. Pas d'emphase cependant: les larmes du soleil n'est pas un chef-d'oeuvre incontournable comme l'est Kingdom of heaven (encore qu'à l'échelle de la filmo de son réalisateur, c'est effectivement un chef d'oeuvre).

La première chose qui saute aux yeux, c'est que le film prend le temps de développer ses situations, contrairement à la version courte qui en supprimait certaines pour aller plus vite, ce qui, paradoxalement, paraissait ralentir le film. En développant toutes sortes de situations nouvelles, l'histoire étoffe les personnages secondaires restés en berne dans la version courte, et développe un peu plus les personnages principaux, qui étaient jusque là réduits à leur portion congrue. Ainsi, bien que plus long de 20 minutes, le film cesse d'être chiant. De même, le propos du film (grosso-modo la rédemption d'une machine de guerre au contact d'une jolie humanitaire, qui lui fait prendre conscience des injustices découlant des affrontements militaires en afrique) qui était atrocement schématique dans la version courte, s'étoffe un peu, bien qu'il reste un poil caricatural on a moins de mal à l'accepter dans le contexte politique international du moment.

Au final, la version longue des larmes du soleil fait partie de ces director's cut qu'il faut réellement chérir, parce qu'elles apporte réellemnent quelque chose de neuf. Pour tout dire, après l'avoir vu, je me suis pris à penser qu'Antoine Fuqua était peut-être réellement un bon réalisateur, et que sa version longue du roi arthur méritait peut-être un visionnage.

...et ben non. Les larmes du soleil restera un one-shot dans la carrière du cinéaste. C'est mieux que rien!

Pour l'anecdote, on peut repérer les scènes ajoutées dans la version longue du film car elles ne sont pas étalonnées tout à fait pareil que les scènes originaires de la version courte. (s'agissant de la version DVD. Je ne sais rien au sujet de la version Blue-Ray)

 

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Largo Winch: une illustration comme une autre de la pauvreté imaginaire du cinéma populaire français  (Monocritiques explosives) posté le mercredi 24 décembre 2008 09:52

Le manque de moyens (surtout en comparaison des budget colossaux des films américains) est un prétexte pratique pour justifier le désintérêt total de la plupart des productions populaires françaises en comparaison avec celles d’Hollywood. Largo Winch (LW), le dernier fleuron des fières productions hexagonales, fait partie des exemples les plus criants de l’échec du poids d’un budget devant l’absence d’idées d’un scénario. 

Comme James Bond, comme XIII (mini-série en passe de devenir culte et en cours de production-diffusion sur canal +), comme beaucoup de films d’actions contemporains, le Largo Winch de Jérôme Salle lorgne avec ostentation vers la saga des Bourne. Normal, c’est la mode en ce moment, c’est ce qui marche le mieux, c’est la hype du moment. Ça a beau m’énerver un peu, étant un grand fan des Bourne, je n’ai rien contre l’idée d’en voir un autre, même s’il n’est pas de sang pur. J’ai par exemple adoré voir Quantum of Solace, même si les similitudes avec the Bourne Ultimatum y étaient tellement criardes que ça en devenait presque honteux. 

Je ne cracherai jamais sur l’idée de voir un nouveau Bourne, c’est sûr. Mais faut pas pousser non plus : Jérôme Salle n’est pas Marc Forster, et il est encore moins Paul Greengrass. C’est le mec qui n’a qu’un pauvre Anthony Zimmer à son actif, autrement dit pas grand-chose d’intéressant filmiquement. Dans la grande tradition des faiseurs-suiveurs, il se contente de reproduire les gimmicks scénaristiques et de mise en scène de ses œuvres de référence, sans être capable d’y introduire une âme. Le résultat est malheureusement abyssalement vide. 

En premier lieu, LW reprend le concept de la recherche d’identité si chère à Bourne. D’aucuns avanceront que c’est une quête que l’on trouve déjà dans la BD et les bouquins, à l’origine du personnage. Mais Van Hamme, l’auteur des deux, n’a jamais caché son obsession pour la saga des Bourne, qui sous-tend l’ensemble de son œuvre (action, secrets, recherche d’identité, jolies pépées, que l’on retrouve dans LW et dans XIII). Alors, même si le pompage de l’idée est indirect, cela reste du pompage. 

En second lieu, Salle a décidé de « faire du Bourne », autrement dit sortir sa caméra à l’épaule et la secouer allègrement pendant que les acteurs se foutent sur la gueule, et de s’arranger au montage après. A priori, si on se contente de regarder superficiellement les épisodes de Bourne, c’est effectivement comme ça que ça fonctionne. Mais en fait, ô surprise : NON ! C’est un peu plus finaud que ça ! Liman, puis Greengrass, ont travaillé dans une seule et même direction : rendre l’action viscérale. Faire en sorte que la caméra ne sache jamais à l’avance ce qui va se dérouler devant elle de manière à devoir chercher son cadre dans des conditions de pur reportage. Développer (et c’est bien là le plus difficile dans ce genre de film) toutes les étapes de la construction des prémisses de l’action avant qu’elle n’éclate, plutôt que de se contenter de placer des ellipses bien pratiques pour s’éviter trop de complications… une démarche qui paraît simple lorsque c’est un roi de la mise en scène comme Greengrass qui est aux commandes, mais qui n’est pas si facile à reproduire lorsqu’on est un simple tâcheron. Pour résumer, Salle n’a retenu qu’une chose de la mise en scène des Bourne : la caméra à l’épaule.  Il filme donc ses combats comme il aurait filmé n’importe quel autre combat, sans chercher à créer la sensation d’inattendu, sans créer d’urgence, sans prendre la peine ni le temps de construire en détail son action. Mais attention : il REMUE LA CAMERA ! Alors on est content. On ne comprend pas la moitié de ce qui se passe quand Largo se bat, c’est illisible, et tout ça sans autre but que « donner la pêche » à des images somme toute très classiques. Excusez si je m’ennuie devant un truc pareil. 

La troisième erreur fondamentale des créateurs de LW sur ce film est le casting. Le casting, le casting, le casting. Oui, Tomer Sisley il est beau, oui, Tomer Sisley il a du charisme, oui, Tomer Sisley il était super bien pendant sa minute et demie de présence à l’écran dans Truands (ça reste d’ailleurs plus ou moins mon unique souvenir de ce très mauvais film). Mais Tomer Sisley, quelqu’un l’a-t-il remarqué, NE SAIT PAS JOUER ! Il ne sait même pas marcher sur une plage sans avoir l’air de se la péter, c’est pathétique ! Regarder ce pauvre simili acteur rouler des mécaniques en essayant de se donner l’air modeste pendant deux heures a vraiment été l’épreuve la plus difficile à supporter au visionnage de Largo Winch. Les créateurs du film se vantent partout d’avoir trouvé un acteur qui ne corresponde pas physiquement au personnage de la BD, mais qui correspond intrinsèquement au personnage, et bla-bla-bla, mais ils ont oublié de vérifier si leur bonhomme était capable de porter un film entier sur ses épaules. Dommage, quand même ! 

Largo Winch, je dois l’avouer, n’est pas une déception, puisque je n’en attendais rien. C’est un héros qui ne m’a jamais intéressé, je trouvais la BD ennuyeuse, la série TV indigente, et je n’ai jamais lu les romans. Je me disais même que de transformer un concept aussi chiant en film d’action pourrait éventuellement ajouter quelques ingrédients intéressants à une recette profondément ennuyeuse. J’avais tort, ça reste profondément chiant. D’autant que suivre pendant deux heures les tribulations d’un personnage qui cherche à retrouver les traces de ses milliards perdus a quelque chose d’indécent dans le contexte économique actuel. (Ceci dit, je trouvais déjà ça indécent dans la BD, bien avant la crise). 

Ne nous faisons pas d’illusions, les financiers n’ont probablement accepté de lâcher le pognon pour LW qu’à cause des grosses similitudes que la note d’intention entretient avec un certain Bourne au succès cinématographique stratosphérique. Le résultat est faux, mal joué, et profondément idiot. Ça me rappelle les multiples tentatives de « faire du Tarantino » qui se sont multipliées dans les années 90, qui se sont toutes soldées par de cuisants échecs : les films n’avaient pas une once de l’âme de l’original, et en plus ils étaient mal foutus. 

C’est le triste sort que partage avec eux ce Largo Winch.

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Hellboy2 - pourvu que ça dure!  (Monocritiques explosives) posté le dimanche 30 novembre 2008 15:16

J'ai beau avoir fait des efforts, Guillermo Del Toro m'a toujours laissé un peu froid. A commencer par Cronos, la bête de festival, la révélation, le premier film d'un génie... dont je n'ai pas un souvenir transcendant. Tout au plus de bonnes idées, et un renouvellement intéressant de la mythologie vampirique. A part ça...

Mimic m'a laissé complètement froid, mais on sait que les producteurs se sont amusés à mettre des bâtons dans les roues de Guillermo, alors ce film compte pour rien. 

Heureusement qu'il fit l'échine du diable, un film de fantôme capable d'harmoniser le fond et la forme de son récit à un tel niveau de perfection qu'il se place très haut dans la liste des chef d'oeuvres du cinéma d'horreur, aux côtés de the Thing et du plus récent The mist. Une perle.

Vint alors Blade 2 : trés intéressant par certains côtés (les reapers, les décors, la lumière, les extentions numériques sur certains plans de combat), il pêchait sérieusement par d'autres (le scénario, surtout). Le film ne délivrait qu'une partie du plaisir promis à cause de long tunnels scénaristiquement mous.  Mais c'était un film de commande, alors ce n'était pas entièrement la faute de Del toro.

Suivit Hellboy, le film le plus désiré par son auteur. Donc le nôtre aussi. Un film dont tous les aspects esthétiques sont poussés à la perfection, mais dont le scénario accumule les tares, les clichés, les personnages caricaturaux et inutiles, et les situations mal amenées.  Ma politique étant de toujours laisser au moins une seconde chance aux films bourrins pour me convaincre, je l'ai revu. Trois fois depuis 2003 (je suis  persévérant pour ce genre de chose). A chaque fois, le même sentiment d'inabouti m'a assailli. Hellboy m'a fait exactement le même effet que les autres films de Del Toro, (à l'exception échine du diable près) : celui d'un pétard mouillé.  

Enfin sortit  le labyrinthe de pan, "son chef-d'oeuvre", à en croire les critiques du monde entier. Rebelote: je le vois, et je trouve ce film d'un ennui et d'une maladresse à faire pâlir le pire tâcheron !  Impossible de me connecter ne serait-ce qu'un instant à cette histoire caricaturale, voulant être un conte sans en avoir le souffle. Alors oui, les monstres sont superbes. Oui, la lumière est belle. Mais les monstres et la lumière, c'est comme les effets spéciaux: ça ne fait pas tout un film! Je n'en revenais pas que les gens puissent reprocher à tout un tas de films bourrins de n'être qu'un assemblage d'effets spéciaux et de bruitages, et ne pas voir que le labyrinthe de pan manquait exactement des mêmes ingrédients que les oeuvres qu'ils critiquent!

Le bilan n'est pas trés reluisant... J'ai fini par avoir l'impression que toutes les critiques positives émises sur Del Toro résultaient d'un effet de mode, qui finirait par se dégonfler comme une baudruche. A part l'échine du diable, aucun de ses films ne semblait mériter une passion particulière...  Pourtant, de par le monde, la réputation du bonhomme allait grandissant. J'étais frustré de rester sur le bord de la route, et de pas être capable d'attraper ce train: Après tout, si le gros Guillermo était effectivement un bon réalisateur, je voulais en être conscient aussi, bordel! Alors j'ai encore revu Hellboy. Lors de ce quatrième visionnage, j'ai commencé à entrevoir ce qui faisait l'intérêt du film, cette imagerie particulière, cet amour immodéré pour les monstres et cet humour particulier qui font la marque de Del Toro. Et surtout, cette manière de filmer, très léchée, chorégraphiée, à des années lumières de ce qui se fait depuis 7 ou 8 ans dans le cinéma à grand spectacle, où l'on a fini par ne pratiquer que la caméra à l'épaule pour donner de l'énergie à l'image. Dans Hellboy, l'énergie vient de la capacité du réalisateur à sublimer son image par les mouvements qu'il lui imprime. Des mouvements tout ce qu'il y a de plus calculés, ce qui leur donne toute leur valeur. Restait que pour accepter ça, il a fallu que j'occulte les personnages secondaires ridicules et les nombreux clichés du scénario.

Et ben! Après toutes ces années d'incompréhension, il ne me restait plus qu'à aller voir Hellboy 2, qui était en passe de sortir. La bande annonce faisait terriblement envie, comme toutes les bandes annonces de tous les films de Del Toro. Mais je craignais tout de même n'avoir qu'une impression mi-figue, mi-raisin en sortant de la salle, comme à chaque fois.

Quelle ne fut pas ma surprise! C'est bien simple: j'ai vu Hellboy2 avec un sourire jusqu'aux oreilles, de la première à la dernière minute! L'impression de voir LE chef d'oeuvre méconnu de l'année! Une capacité inédite à mélanger de manière harmonieuse le développement des personnages et les scènes d'action over-the-top! Une galerie de monstres totalement fascinante! La liste des qualités de ce film est difficile à tenir tellement il contient de belles choses. L'utilisation parcimonieuse des effets spéciaux numériques au profit des effets de plateau donne une authenticité à ces monstres que l'on n'avait pas vue depuis longtemps au cinéma. Le sens du spectacle et de la chorégraphie de Del Toro explose à toutes les séquences, pour culminer dans la grosse baston finale contre la fameuse légion d'or. Et surtout, bien plus que dans tous ses autres films à mon avis, Guillermo fait preuve d'un sens du merveilleux absolument fascinant, qui vous emporte dès la scène d'introduction.

Hellboy 2 a réussi l'exploit de me réconcilier avec le bonhomme: Guillermo Del Toro est un très grand réalisateur, il me l'a prouvé avec cet opus. Il est en ce moment en pleine possession de ses moyens, il ne reste plus qu'à espérer que cela dure longtemps. En tout cas, ça augure du meilleur pour "The hobbit". Espérons que le réalisateur soit dans la même phase que John Carpenter au début des années 80, qui nous alignait deux chef d'oeuvres absolus d'affilée (Escape from new york et The thing). Pour ma part, je rêve d'un troisième Hellboy, surtout s'il développe la sous intrigue de la fin des temps, annoncée au cours d'une savoureuse scène de l'opus 2008.

Mais je ne reverrai pas Le labyrinthe de pan avant un bail. Faut pas pousser, quand même.

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Payne in the ass  (Monocritiques explosives) posté le mardi 25 novembre 2008 12:58

Soyons bien clair: Max Payne n'a jamais fait partie des films bourrins de 2008 que j'attendais comme le messie. De plus, je n'ai jamais joué au jeu vidéo du même nom. Partant de là, la déception ne pouvait pas être bien grande...

Et pourtant! Car en voyant la bande annonce, on pouvait s'attendre tout de même à un film pas trop mal troussé, aux effets spéciaux un peu inspirés de Constantine, mais donnant une ambiance particulière au métrage. Au détour des 30 secondes de la BA, on pouvait sentir pointer quelques fusillades, quelques monstres, de la haine, de la baston, une ambiance bien sombre bien qu'un peu artificielle. De quoi faire une bonne série B, quoi!

Hélas! Je ne peux vous donner qu'un seul conseil: si vous voulez avoir un aperçu agréable de ce qu'aurait pu être Max Payne s'il avait été un bon film, contentez vous de regarder la bande annonce! Car TOUS les bons moments du film sont intégralement coupés-collés dans la bande-annonce. Absolument tous. Le visionnage du film est une vraie torture: imaginez les 30s de la bande annonce étirés sur 1h30, imaginez qu'un plan toutes des 5 minutes est intéressant, et que le vide entre ces plans est comblé avec... rien, et vous aurez un aperçu plutôt réaliste de l'ennui mortel qui s'empare du spectateur devant Max Payne.

Du coup, je renonce à critiquer le jeu falot de Wahlberg, qui a quand même dû se rendre compte à un moment pendant le tournage qu'il n'y avait plus aucun espoir à placer sur ce film, je renonce à rire de la contre-performance ridicule d'Olga Kurylenko (heureusement qu'on ne la voit que 10 minutes!), et j'abandonne à l'idée de devoir dire quelque chose à propos de Mila Kunis, la gamine de 12 ans qui a sûrement triché sur son âge en ajoutant une bonne dizaine d'années à son curriculum...

Max Payne est une bouse, et me laisse froid.

 

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