Tremors (Ron Underwood, 1990)
Ron Underwood est un tout petit faiseur. Il a tendance à faire des films d’horreur confortables, ce que les gens ont tendance à trouver paradoxal. Lake Placid, un film de crocodile géant bouffant les gens ayant la mauvaise idée de passer par là, était un film d’horreur sans horreur : un film dont la peur était vraiment très confortable, puisqu’on pouvait prévoir qui allait mourir ou pas. Mais c’était un film chaleureux, et on l’appréciait plus comme une comédie romantique avec un monstre dedans que comme un véritable film d’horreur. Tremors est en quelque sorte le chef d’œuvre d’Underwood : dans une bourgade perdue du Nevada, quelques personnes se font bouffer par ce que les habitants découvrent vite être des vers de terre gigantesques, tout droit sortis de la préhistoire. Les bestioles sont attirées par les vibrations et le bruit, il est donc fortement déconseillé de marcher ou de parler quand elles sont à proximité. Il en résulte un tas de scènes cocasses où les personnages se perchent sur du dur pour échapper aux bestioles. Tremors est le prototype du film fabriqué à partir d’une idée géniale : pas besoin d’une quantité astronomique d’effets, la peur est surtout obtenue en perchant des gens sur des toits de maison ou des personnages ayant peur de marcher sur le sol ! Ce concept permettant de faire le film à moindre coût n’a pas empêché les scénaristes de nous concocter une histoire aux personnages savoureux, pleins de chaleur et de menus défauts qui les rendent humains. Le script a en plus le grand mérite d’être rempli d’humour. Mais pas un humour plaqué artificiellement sur des scènes horrifiques pour respecter le cahier des charges « douche écossaise » propre à tous les films d’horreur. L’humour fait ici partie intégrante de l’avancée de l’histoire et de l’évolution des personnages. Les acteurs sont tous au diapason, Kevin Bacon en tête, idéal en loser gentil qui cherche à se payer une nouvelle virilité. Tremors est une réussite sur tous les plans, et parvient même à ne jamais accuser la moindre baisse de rythme.
Tremors 2 – les dents de la terre (S.S. Wilson, 1996)
Il était permis de craindre le pire de cette suite de l’une des comédies horrifiques les plus réussies des années 90. Finalement, on s’en sort plutôt bien : Kevin Bacon n’a pas rempilé, et on n’a pas forcément gagné au change avec le petit jeune de remplacement, mais le casting reste solide et l’histoire enlevée, parsemée de petits traits d’humour salvateurs. Pas aussi réussi que l’original (de toute façon c’était mission impossible). Mon seul vrai regret par rapport à ce film, (ATTENTION SPOILERS !!!), c’est que les monstres souterrains finissent par muter en monstres beaucoup plus classiques, terrestres et bipèdes. L’attaque de vers géants venant du sous-sol, ça avait quand même plus de gueule ! Question de budget, probablement.
Tremors 3 (Brent Maddock, 2001)
Les habitués de la franchise quittent peu à peu le navire : après Kevin Bacon qui n’était déjà plus dans le 2, Fred Ward s’en est allé voir ailleurs si l’herbe était plus verte. Ça n’empêche pas les responsables de ce film de maintenir un niveau de qualité plutôt élevé. Cette fois on se concentre sur le personnage de Burt, le psychopathe adepte de la NRA et collectionneur de flingues (Michael Gross) : il devient attachant, revanchard vis-à-vis des graboïdes, dont on découvre maintenant une version volante. L’humour, la multiracialité, la chasse au graboïds et les personnages réfugiés sur des toits, toutes les figures imposées de la franchise sont là. L’histoires reste relativement rythmée, et si les effets spéciaux des monstres volants de la fin sont plutôt… approximatifs, on l’accepte malgré tout volontiers, parce que c’est un Tremors : ça ne se prend pas au sérieux.
Tremors 4, la légende commence (S.S. Wilson, 2004)
Ils avaient épuisé tous les personnages un tant soit peu issus du petit chef d’œuvre Tremors, ils ont décidé de donner un coup de sang à leur franchise en lui faisant faire un bond temporel d’une bonne centaine d’années en arrière : Tremors 4 est un bon vieux western, avec des vers de terre géants comme grands méchants. Le film se tient bien, avec sa galerie de personnages issue de toutes les origines (encore, ses gros flingues et une tendance à vouloir lorgner vers le premier film de la franchise). On n’arrive pas aussi facilement à refaire un film aussi réussi, mais T4 se défend bien. Par-dessus tout, cet opus a le grand mérite de réintroduire l’aspect « peur venant du sous-sol », insituable et dangereuse, que les numéro 2 et 3 avaient plutôt délaissé au profit de monstres bipèdes, puis volants, dont les effets angoissants sont bien moindres car maintes fois expérimentés dans d’autres films.




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