Accueil Date de création : 05/01/08 Dernière mise à jour : 26/10/09 13:29 / 52 articles publiés

Monocritiques explosives

Tremors' saga  (Monocritiques explosives) posté le jeudi 24 juillet 2008 17:52

Tremors (Ron Underwood, 1990)

Ron Underwood est un tout petit faiseur. Il a tendance à faire des films d’horreur confortables, ce que les gens ont tendance à trouver paradoxal. Lake Placid, un film de crocodile géant bouffant les gens ayant la mauvaise idée de passer par là, était un film d’horreur sans horreur : un film dont la peur était vraiment très confortable, puisqu’on pouvait prévoir qui allait mourir ou pas. Mais c’était un film chaleureux, et on l’appréciait plus comme une comédie romantique avec un monstre dedans que comme un véritable film d’horreur. Tremors est en quelque sorte le chef d’œuvre d’Underwood : dans une bourgade perdue du Nevada, quelques personnes se font bouffer par ce que les habitants découvrent vite être des vers de terre gigantesques, tout droit sortis de la préhistoire. Les bestioles sont attirées par les vibrations  et le bruit, il est donc fortement déconseillé de marcher ou de parler quand elles sont à proximité. Il en résulte un tas de scènes cocasses où les personnages se perchent sur du dur pour échapper aux bestioles. Tremors est le prototype du film fabriqué à partir d’une idée géniale : pas besoin d’une quantité astronomique d’effets, la peur est surtout obtenue en perchant des gens sur des toits de maison ou des personnages ayant peur de marcher sur le sol ! Ce concept permettant de faire le film à moindre coût n’a pas empêché les scénaristes de nous concocter une histoire aux personnages savoureux, pleins de chaleur et de menus défauts qui les rendent humains. Le script a en plus le grand mérite d’être rempli d’humour. Mais pas un humour plaqué artificiellement sur des scènes horrifiques pour respecter le cahier des charges « douche écossaise » propre à tous les films d’horreur. L’humour fait ici partie intégrante de l’avancée de l’histoire et de l’évolution des personnages. Les acteurs sont tous au diapason, Kevin Bacon en tête, idéal en loser gentil qui cherche à se payer une nouvelle virilité. Tremors est une réussite sur tous les plans, et parvient même à ne jamais accuser la moindre baisse de rythme.

 

Tremors 2 – les dents de la terre (S.S. Wilson, 1996)

Il était permis de craindre le pire de cette suite de l’une des comédies horrifiques les plus réussies des années 90. Finalement, on s’en sort plutôt bien : Kevin Bacon n’a pas rempilé, et on n’a pas forcément gagné au change avec le petit jeune de remplacement, mais le casting reste solide et l’histoire enlevée, parsemée de petits traits d’humour salvateurs. Pas aussi réussi que l’original (de toute façon c’était mission impossible).  Mon seul vrai regret par rapport à ce film, (ATTENTION SPOILERS !!!), c’est que les monstres souterrains finissent par muter en monstres beaucoup plus classiques, terrestres et bipèdes. L’attaque de vers géants venant du sous-sol, ça avait quand même plus de gueule ! Question de budget, probablement.

 

Tremors 3 (Brent Maddock, 2001)

Les habitués de la franchise quittent peu à peu le navire : après Kevin Bacon qui n’était déjà plus dans le 2, Fred Ward s’en est allé voir ailleurs si l’herbe était plus verte. Ça n’empêche pas les responsables de ce film de maintenir un niveau de qualité plutôt élevé. Cette fois on se concentre sur le personnage de Burt, le psychopathe adepte de la NRA et collectionneur de flingues (Michael Gross) : il devient attachant, revanchard vis-à-vis des graboïdes, dont on découvre maintenant une version volante. L’humour, la multiracialité, la chasse au graboïds et les personnages réfugiés sur des toits, toutes les figures imposées de la franchise sont là. L’histoires reste relativement rythmée, et si les effets spéciaux des monstres volants de la fin sont plutôt…  approximatifs, on l’accepte malgré tout volontiers, parce que c’est un Tremors : ça ne se prend pas au sérieux.

 

Tremors 4, la légende commence (S.S. Wilson, 2004)

Ils avaient épuisé tous les personnages un tant soit peu issus du petit chef d’œuvre Tremors, ils ont décidé de donner un coup de sang à leur franchise en lui faisant faire un bond temporel d’une bonne centaine d’années en arrière : Tremors 4 est un bon vieux western, avec des vers de terre géants comme grands méchants. Le film se tient bien, avec sa galerie de personnages issue de toutes les origines (encore, ses gros flingues et une tendance à vouloir lorgner vers le premier film de la franchise). On n’arrive pas aussi facilement à refaire un film aussi réussi, mais T4 se défend bien. Par-dessus tout, cet opus a le grand mérite de réintroduire l’aspect « peur venant du sous-sol », insituable et dangereuse, que les numéro 2 et 3 avaient plutôt délaissé au profit de monstres bipèdes, puis volants, dont les effets angoissants sont bien moindres car maintes fois expérimentés dans d’autres films.

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Chuck évite les balles dans Dent pour dent !  (Monocritiques explosives) posté le mardi 22 juillet 2008 01:43

J’ai l’air de me moquer, mais Dent pour dent (An eye for an eye, Steve Carver, 1981) fait partie du haut du panier des exploits de Chuck Norris. L’histoire est assez classique (un flic démissionne de la police après avoir tué par vengeance les assassins de son coéquipier, et il lui est donné plus tard l’occasion de plonger plus avant dans les méandres de cette affaire, à coups de tatane), mais n’est pas traitée trop par-dessus la jambe, et on se sent un minimum respecté en tant que spectateur. Le titre français est digne des plus grandes punchlines de Chuck-la-savate, mais ça reste le détail le plus comique de tout le film, dont tout second degré est totalement exclu. Les traducteurs et les distributeurs de l’époque n’avaient visiblement pas bien compris la teneur du film (d’ailleurs, ils ont mis 3 ans pour le sortir en France, où quelques privilégiés ont pu le voir en 1984)

Nous en étions encore au tout début de la carrière héroïque de Chuck, puisqu’il n’avait pas encore mis en avant sa pilosité faciale abondante. Il arbore un visage parfaitement glabre, celui-là même que Bruce Lee avait défoncé quelques années auparavant dans la fureur du dragon.

Comme tout bon héros d’action eighties, Chuck se fait d’abord un peu rouler dans la farine, éclate quelques têtes pour faire bonne mesure, emballe la fille, a un chien très malin qui permet deux fois de relancer le scénario en panne de Deus Ex Machina, découvre parce qu’il se fait piéger que c’est le gars qu’il soupçonnait le moins qui fait partie de la machination, et éclate d’autres gueules pour rééquilibrer la balance.

Rien de neuf, c’est sûr. Mais c’est un film d’action, et pour le coup, la baston est plutôt pas mal foutue. Je veux dire que contrairement à un Delta Force 2 ou un Hitman, Chuck met réellement la main à la pâte dans ce métrage. On a donc droit à de vraies bastons pas doublées, où Chuck balance plusieurs mandales dans plusieurs gueules sans coupe, sans ralentis systématiques, et sans doublure cascade. De l’authentique, quoi !

Ça fait du bien, parce que tous les derniers films de Chuck que j’avais vus récemment étaient quand même bien foireux niveau échange de coup.

Le titre de cet article vient d’un moment phare du film, celui où Chuck se retrouve face à face avec le traître qui l’a roulé dans la farine depuis le début. L’autre essaie de se justifier, braque une arme vers Chuck, qui ne se dégonfle pas et continue à dire qu’il va le coffrer, coûte que coûte. L’autre pète un câble et se met à tirer. Mais Chuck le sent venir et se jette à terre. Grâce à une série de roulades, il parvient à éviter toutes les balles de son agresseur.

Il est fortiche, ce Chuck !

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Chuck contre l’Invasion des USA  (Monocritiques explosives) posté le mardi 01 juillet 2008 11:46

Jugez plutôt : un méchant russe défiguré gardant un souvenir traumatisé de sa dernière confrontation avec Chuck, décide d’organiser un débarquement Soviétique aux Etats-Unis et d’envahir le pays. Mais c’est sans compter avec Chuck, qui n’a pas dit son dernier mot…

Un pitch totalement improbable, un méchant caricatural, un héros indestructible et un alignement de scènes d’action toutes plus marrantes les unes que les autres, Invasion USA est sans conteste LE chef-d’œuvre de Chuck Norris. Sans rire : de tous les films avec lui que j’ai pu voir jusqu’à présent, c’est pour le moment le seul que je peux revoir avec plaisir. Ceci dit, je ne les ai pas encore tous vus… il y a peut-être d’autres perles dans sa filmo qu’il me faut encore découvrir.

Invasion USA est en tout cas très représentatif de la vague de héros d’action bodybuildés à la mode dans les années 80. Avec sa chemise grande ouverte, son jean moulant et son holster en cuir marron, Norris s’est créé un personnage-type dont je m’étonne encore qu’il ne l’ait pas repris dans une ou plusieurs suites. Pour le coup, je le regrette, car le film est plutôt bien foutu et ses punchlines sont particulièrement nombreuses et savoureuses. A voir évidemment en VF, pour profiter encore plus de l’immédiateté de ces phrases (d’autant que les traducteurs ont fait de très gros efforts pour rendre les textes spectaculaires).

Chuck n’a aucun point faible dans ce film ; c’est aussi ce qui en fait le charme, comme Schwarzenegger dans Commando (sorti la même année) : l’hypocrisie qui consiste à créer un suspense de courte durée en essayant de nous faire gober que le héros court un quelconque danger régulièrement dans le film, est totalement abandonnée. Le réalisateur se concentre donc sur la manière dont Chuck dessoude les méchants, rendant le film bien plus sincère dans sa démarche, et plus spectaculaire dans ses actions.

Jusqu’à nouvel ordre (peut-être le premier Delta Force ou les Porté Disparu me feront changer d’avis ?), Invasion USA (Joseph Zito, 1985) est le film de Chuck Norris qu’il faut voir. Je vous le recommande fortement.

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Chuck remercie la seconde équipe pour Delta Force 2  (Monocritiques explosives) posté le mercredi 25 juin 2008 17:00

Je rattrape mes carences en Chuck, en ce moment. Tout ce qui passe et qui contient un peu de Chuck dedans, je regarde. C’est un monument du cinéma bourrin, et je connais vraiment trop peu ses déboires ! Impardonnable. Delta force 2 : the colombian connection (Aaron Norris, 1990) fait apparemment partie de ses chefs d’œuvre, ce qui nous donne une indication très précise sur le niveau de médiocrité absolue de sa filmo (et Pourtant, je suis coulant avec les vieilles gloires du cinéma d’action.)

Le plus impressionnant dans ses films, maintenant que j’en ai vu assez pour me faire une idée assez correcte de ce qu’a été sa filmo, c’est de voir à quel point  ils sont représentatifs d’une manière de fabriquer le film d’action dans les années 80.

En premier lieu, toutes les scènes  de baston répondent religieusement au précepte de montage dominant de l’époque : « si tu veux que le coup porté ai l’air plus violent, ralentis le plan qui précède le coup pour augmenter le contraste ». Il n’y a pas une seule exception dans tout le film : à chaque mandale, à chaque coup de feu, on a droit à notre Chuck / tireur / sniper / castagneur / adversaire / méchant / acolyte au ralenti dans le plan d’avant.

L’autre trait dominant des films de Chuck Norris et à fortiori ce DF2, c’est qu’il est extrêmement aisé de faire la différence entre les plans tournés par l’équipe principale et les plans de la seconde équipe de tournage. C’est bien simple : partout où l’action ne contient pas Chuck a l’image, ça a été filmé par la seconde équipe. La scène a été filmée sous plusieurs angles, certains au ralenti, on ne voit pas ou peu le visage des acteurs, et souvent ce sont des plans de types qui sautent sur un trampoline pour donner l’impression qu’ils ont été soufflés par l’explosion du plan d’avant. Et parfois, dans un élan de bravoure cascadesque, ils font un plan AVEC l'explosion derrière, comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessus.

Les plans sur Chuck, c’est le réalisateur qui s’en est chargé. Chuck scrute l’horizon, méfiant, ou traverse le décor d’un air concerné, ou lance un grappin, ou encore prend un méchant à revers en lui mettant un coup de tatane bien placé.

Résultat, les regards personnage / objet regardé, explosion / réaction,  les types dans l’hélicoptère / les types qui tirent sur l’hélico, les champ et les contrechamp sont tous filmés séparément. Le tout monté nous offre de grands moments d’incohérence : les acteurs ne regardent pas souvent au bon endroit, ou ont des réactions étrangement artificielle au regard de l’évènement majeur auquel ils sont en train de participer ou d’assister…

Pour toutes les scènes d’action, le réal n’oublie jamais de faire un gros plan de réaction de Norris. Et c’est incroyable de voir à quel point il joue faux. Pourtant, il n’y a pas grand-chose à faire : réagir à une explosion qu’il a souvent lui-même provoquée, regarder la direction à prendre, ou des trucs dans le genre… mais il est ultra faux : ses réactions me font penser aux acteurs de Star Wars Episode 1 jouant sur fond vert et ne sachant pas quoi fixer du regard. Sauf que Chuck, lui, même s’il n’a pas vraiment l’objet du contrechamp devant lui, est au moins dans les décors ! Même ça, ça ne lui permet pas de jouer correctement.

Alors imaginez une seconde Chuck Norris jouant devant un fond vert… ça doit donner !

Le seul et unique chef d’œuvre de Norris que j’ai vu à ce jour reste donc Invasion USA. Un film mythique, à prendre au quinzième degré, mais vraiment génial. Il faudra que j’en fasse une chronique un de ces jours…

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Il faut le voir pour le croire: Tomb Raider 2  (Monocritiques explosives) posté le vendredi 20 juin 2008 11:47

Ce foutage de gueule ! Décidément, Jan de Bont n’aura fait qu’un seul bon film dans sa vie de réal : Speed 1. Et tout le monde sait pourquoi maintenant : c’est John McTiernan qui avait bossé dessus avant lui, avant de passer la main, pensant que finalement un film avec un bus lancé à toute vitesse, ça risquait de ne pas faire une seule entrée… Depuis, De Bont n’a fait que des daubes : Speed 2, twister, le remake de la maison du diable. Tomb raider premier du nom n’était déjà qu’un alignement de scènes d’actions mal foutues, poseuses et ridicules, filmées avec douze caméras par le tâcheron Simon West. Au montage, il a dû se trouver incapable de faire des choix cohérents, et a donc décidé de mettre TOUS les angles pour chaque scène, rendant le film totalement illisible en plus d’être ridicule.

De Bont fait presque aussi bien : il se dit qu’il va faire de Jolie une James Bond au féminin. Nous avons donc droit aux clichés liés à 007 : les belles bagnoles, les cascades les plus tordues les unes que les autres, les gadgets bizarres, et les 800 décors différents… mais ça ne fonctionne ab-so-lu-ment jamais. Gerard Butler joue les Tomb raider boys (équivalent masculin de la James Bond girl), mais il ne sait pas vraiment où se mettre ni quoi exprimer, alors il fait le con. Angelina Jolie est pour le coup très jolie, toujours filmée sous l’angle le plus avantageux, ce qui donne lieu à un festival de haussements de sourcils, de mouvements de lèvres et de contre-plongées mettant en avant les parties proéminantes de son anatomie… mais tout ça n’a pour effet que de nous réveiller de notre léthargie une fois de temps en temps.

Vous croyiez qu’il était impossible de faire pire que Tomb Raider ? Voyez Tomb Raider 2, le berceau de la vie (2003).

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