L’arme Secrete (The Hitman, Aaron Norris, 91) fut l'un des derniers films de Chuck Norris à sortir au cinéma. Il fut un tel four qu’il condamna presque notre bourrin préféré aux direct-to-video. Mais il faut voir le morceau, quand-même : on se croirait dans une production Golan-Globus du début des années 80, alors que le film est sorti la même année que Terminator 2 ! Cela permet de mesurer la distance entre ce qu’attendait le public d’un film d’action et ce que Norris était capable de délivrer à l’époque !
Le gros mulet ridicule sur la tête, le gros imper sombre sur l’épaule, Chuck nous offre son festival habituel de bastons décomplexées en tout genre… mais commence à mettre un peu d’eau dans son vin. Dès le début du film en effet, alors qu’il est devenu un homme de main mafieux, il rencontre le gamin de sa voisine et entreprend de lui apprendre un ou deux mouvement de karaté, parce qu’on sait jamais, des fois que ça serve… et vous vous en doutez, ça finit par servir. Le voisin d’en face est un gros con, il a un fils aussi con que lui, et forcément vient un moment où les deux gamins s’affrontent. C’est évidemment le petit protégé de Chuck qui gagne, et Chuck se sent obligé aller expliquer au père du perdant qu’il est vraiment très con à coups de tatane…
Sinon, la trame du film est plus ou moins policière, plus ou moins mafieuse… mais on s’en fout, parce qu’on veut de la baston ! Le problème, c'est qu'il n'y ’en a pas beaucoup. Et puis aussi, quand c'est Chuck le héros, on sait aussi qu'à un moment il va se lâcher et nous balancer quelques phrases inoubliables de derrière les fagots. Là encore, L'arme secrète nous livre le minimum syndical. Une seule fois, notre Chuck international repasse les bornes du politiquement incorrect cher à ses années de gloire en lançant quelques punchlines racistes aux propriétaires d’un bar à chicha qu’il vient de dévaster, mais c’est bien là le seul moment du film qui nous sort de notre torpeur. Car on se rend compte à quel point les mœurs ont évolué depuis : même au cinquantième degré, un film qui prendrait les mêmes libertés de nos jours serait au centre d’un énorme scandale…
A part ça, rien à signaler: des bastons au ralenti, des mulets qui virevoltent, et puis... un Chuck qui, bien qu'absolument invicible, commence quand même à vieillir un peu, et lève la jambe avec quelques difficultés. Ceci dit, si vous regardez bien, Norris n'a jamais été un immense leveur de jambe, quand-même...


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